clear1Action humanitaire pour les enfants 2012 UNICEF
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AFRIQUE DE L'OUEST ET CENTRALE Tchad

© UNICEF/NYHQ2010-1172/Gangale

Eta Brahim lave les mains de son bébé sous-alimenté dans un centre nutritionnel de la région de Bar-El-Ghazel, Tchad. Plus de 100 000 enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition. L'insécurité alimentaire affecte aussi 460 000 personnes déplacées.

Enfants et femmes dans la crise

La faim, les déplacements et la maladie sont le lot quotidien de millions de personnes au Tchad. Plus de 100 000 enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition - 1 sur 10 000 en meurt chaque jour1.  En 2011, la sécheresse, les inondations et les nuisibles, sans compter les répercussions de la sécheresse de 2009-2010, ont accru l'insécurité alimentaire pesant sur la population, notamment dans la ceinture sahélienne (1,3 million de personnes). À l'est et au sud du Tchad, près de 350 000 réfugiés soudanais et centrafricains dépendent de l'aide humanitaire. Environ 180 000 ont fui le conflit qui sévit à l'est du Tchad et seulement quelque 56 000 sont retournés dans leur village détruit, sans services sociaux ni de santé. Plus de 111 000 femmes et enfants déplacés dépendent toujours de l'action humanitaire sur les sites de réinstallation2.

Environ 65 pour  des personnes rapatriées et déplacées dans leur propre pays sont des enfants susceptibles d'être victimes de la traite, de l'exploitation économique ou du recrutement par les forces armées. Les femmes sont également exposées à l'exploitation et à la violence. À l'est du Tchad, de nombreuses zones continuent d'être jonchées de mines, de munitions non explosées ou abandonnées. Le manque d'assainissement et de vaccination est responsable d'épidémies - choléra (17 217 cas), rougeole (7647), méningite (5865) et polio (119 cas, tous des enfants de moins de 5 ans) - qui sont susceptibles d'affecter plus de 2,2 millions d'enfants de moins de 5 ans3. Les conflits et la vulnérabilité du système éducatif (manque d'infrastructures, de matériel et d'enseignants qualifiés) dans l'ensemble du pays continuent d'affecter l'accès à une éducation de qualité et d'assombrir l'avenir des enfants les plus marginalisés du Tchad.

Répondre aux besoins urgents en 2012

L'UNICEF, chef de file des groupes sectoriels pour l'éducation, la nutrition et l'eau, l'assainissement et l'hygiène (WASH), collaborera avec le Gouvernement tchadien et des organismes internationaux pour améliorer la vie de 2 millions de personnes vulnérables, dont des nomades marginalisés dans la ceinture sahélienne (440 000 femmes, 660 000 filles et 640 000 garçons). En tant que responsable du sous-groupe sectoriel pour la protection de l'enfance, l'UNICEF continuera de sensibiliser à la violence sexiste 90 000 enfants, femmes, hommes, autorités locales, chefs religieux, membres des clubs de jeunes, de l'appareil judiciaire et de la sécurité.

Le financement humanitaire en action : faits marquants de 2011

Fin octobre 2011, l'UNICEF avait reçu 18 333 375 dollars É.-U., soit 40 pour cent des 45 639 000 dollars É.-U. demandés. Avec ce financement, l'UNICEF a soigné environ 65 000 enfants de moins de 5 ans souffrant de malnutrition, a distribué des compléments nutritionnels à 60 000 enfants, des compléments en vitamine A à 75 000 enfants et des moustiquaires imprégnées d'insecticide à leurs familles et a vacciné 90 pour  des nourrissons et des femmes enceintes dans les camps de réfugiés et de réinstallation. Plus de 1000 instituteurs ont été formés pour enseigner aux enfants de réfugiés, de personnes déplacées dans leur propre pays et vivant dans des communautés d'accueil ; des latrines séparées pour les filles et les garçons ont été installées dans 120 écoles primaires. Environ 30 000 jeunes ont reçu des informations sur le VIH/SIDA, près de 6000 femmes enceintes ont effectué le test de dépistage du VIH et près de la moitié de celles qui ont été déclarées séropositives ont suivi un traitement. Des victimes de violence sexiste ont reçu une aide dans les centres d'écoute et les clubs de jeunes ; un soutien psychosocial a été fourni à près de 8000 enfants dans 32 espaces adaptés à leurs besoins. Dans l'est du Tchad, l'UNICEF a aidé 15 000 enfants à obtenir des certificats de naissance, a sensibilisé environ 11 000 personnes aux risques liés aux mines et aux munitions non explosées, a réuni  avec leur famille 165 enfants recrutés par l'armée à N'Djamena et, dans 13 pour  des cas, leur a fourni un logement indépendant et les a aidés à réintégrer le marché du travail. 

Besoins de financement pour 2012

L'UNICEF demande 46 424 000 dollars É.-U. pour poursuivre ses activités humanitaires au Tchad. Cette demande est conforme aux conditions de la Procédure d'appel global (CAP) de 2012. Un manque de financement anéantirait les progrès réalisés en matière d'accès aux services essentiels de base sur les sites où se trouvent les réfugiés et les personnes déplacées dans leur propre pays, sans compter l'impact négatif sur les taux de morbidité et de mortalité des enfants de moins de 5 ans qui, d'après les estimations, sont au nombre de 2,2 millions.

Pour toute information supplémentaire sur l'action humanitaire prévue en 2012, veuillez consulter le site www.unicef.org/french/hac2012.

1 Fonds des Nations Unies pour l'enfance, « Preliminary Report Survey: Nutrition and mortality in 11 regions of Chad - From 16 August to 15 September 2011 », p. 14.    
2 Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, « Estimates of Displaced Persons as of 31 August 2011 », HCR Tchad, Gore, 2011.
3 Gouvernement du Tchad, « Service de surveillance épidémiologique intégrée : réunion hebdomadaire du comité technique national pour la lutte contre les épidémies - 45ème semaine », Ministère tchadien de la santé publique, N'Djamena, 16 novembre 2011. Estimation de la population du bureau de l'UNICEF au Tchad basée sur une prévision de croissance démographique annuelle de 3,6 pour cent en 2011.