Afrique de l’Ouest et centrale
© UNICEF/NYHQ2010-1160/Gangale
Des femmes amènent leurs enfants pour des examens nutritionnels à Nokou, au Tchad. Les sécheresses, de lourdes pressions sur des ressources naturelles et des techniques agricoles périmées ont paralysé la production alimentaire dans la région du Sahel.
ENFANTS ET FEMMES DANS LA CRISE
En Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, les populations sont confrontées à une pauvreté chronique, une insécurité alimentaire récurrente et des régimes alimentaires inadéquats, ce qui a engendré une génération d’enfants souffrant de dénutrition. La sécheresse cyclique, la surexploitation de ressources naturelles limitées et des pratiques agricoles désuètes entravent la production alimentaire dans la région du Sahel. En 2010, près de 10 millions de personnes ont dû faire face à une grave crise alimentaire et 859 000 enfants de moins de cinq ans ont eu besoin d’un traitement contre la malnutrition aiguë sévère1. Les dangers naturels ou créés par l’homme multiplient ces besoins et compromettent les infrastructures et l’accès aux services de base, facilitant la propagation des maladies : au cours de l’année 2010, le choléra, la méningite, la rougeole et la polio se sont déclarées dans au moins 20 pays de la région. Le taux de mortalité parmi les nourrissons et les enfants de moins de cinq ans en Afrique de l’Ouest et centrale est l’un des plus élevés du monde2. Plus d’une dizaine de pays de la région occupent le bas du classement annuel selon l’Indice de développement humain3.
RÉPONDRE AUX BESOINS URGENTS ET RENFORCER LA RÉSILIENCE EN 2011
Le Bureau régional de l’UNICEF en Afrique de l’Ouest et centrale continuera à apporter un soutien technique, de coordination et de planification pour aider les bureaux de pays à assister des millions de personnes vulnérables à travers la région. Le bureau régional distribuera également des fonds aux équipes nationales dans plusieurs pays pour les aider à surmonter les situations d’urgence prolongées, y compris celles d’un moindre degré d’urgence qui demandent néanmoins une réponse coordonnée et des ressources adéquates.
- Pour améliorer la prévention des catastrophes, un fonds d’urgence régional sera mis en place et utilisé pour accroître la capacité de déploiement rapide et maintenir les centres d’approvisionnement régionaux à Douala, au Cameroun et l’Entrepôt de fournitures humanitaires des Nations Unies à Accra.
- Le bureau régional assurera un suivi des conditions nutritionnelles en apportant, dans chacun des pays concernés, un soutien sous forme de méthodes, de formations ou d’analyses pour la réalisation d’au moins une enquête nutritionnelle, en se basant sur la méthodologie SMART (spécifique, mesurable, réalisable, pertinent et limité dans le temps).
- Un soutien technique renforcera l’assistance apportée aux gouvernements qui tentent d’enrayer les épidémies de méningite, de choléra et de rougeole. Pour s’assurer de disposer d’un stock suffisant de vaccins, l’UNICEF va cartographier les zones les plus exposées au choléra, en se concentrant sur la zone du centre (Cameroun, Niger, Nigéria et Tchad) et la zone côtière (Bénin, Guinée, Guinée-Bissau et Togo).
- L’UNICEF développera un traitement des eaux à domicile et des stratégies de stockage. L’équipe régionale renforcera la préparation au niveau national et local par la promotion de l’hygiène, notamment les bonnes pratiques pour le lavage des mains et les stratégies de traitement des eaux dans les zones exposées au choléra.
- En prévision d’une éventuelle crise humanitaire à la suite du référendum dans le Sud-Soudan, les bureaux de pays en République centrafricaine, République démocratique du Congo et au Tchad sont en train de mettre à jour leurs plans de préparation multirisques basés sur les chiffres de planification de l’UNHCR. Le bureau régional cherche un financement pour prépositionner ses fournitures d’urgence et déployer des ressources pendant les premières phases d’une éventuelle intervention d’urgence.
- Le Bureau régional en Afrique de l’Ouest et centrale acheminera des fonds et déploiera des ressources pour soutenir les bureaux de pays dans leur coordination des interventions d’urgence, en se concentrant sur les situations d’urgence soudaines, notamment dans les pays sans accès à des ressources, par le biais d’un appel de l’Action humanitaire pour les enfants séparé.
LE FINANCEMENT HUMANITAIRE EN ACTION : FAITS MARQUANTS DE 2010En 2010, l’UNICEF a estimé que les fonds nécessaires pour son action humanitaire en Afrique de l’Ouest et centrale s’élevaient à 40 025 300 dollars É.-U. En octobre 2010, un total de 4 911 757 dollars É.-U. avait été reçu, soit 12 pour cent du montant demandé. Cependant, l’UNICEF a développé des centres d’approvisionnement régionaux à Douala et Accra pour assurer la livraison rapide d’aliments thérapeutiques prêts à l’emploi lors de la crise nutritionnelle au Sahel. Plus d’un million de dollars ont été recueillis grâce à la Procédure d’appel global (CAP), ce qui a permis de vacciner 1 178 000 personnes contre la méningite et d’augmenter les stocks de vaccins au Tchad et au Burkina Faso. Des fonds d’urgence régionaux ont été déployés au cours de la première phase d’intervention lors des inondations au Burkina Faso et au Bénin, et au cours de la période de préparation avant les élections en Guinée et en République centrafricaine. Les équipes régionales ont dispensé deux types de formation : des formations sur la façon de minimiser l’interruption des classes pendant les urgences destinées aux gouvernements, aux ONG partenaires et au personnel des bureaux de pays (Bénin, Gambie, Ghana, Mauritanie, Sénégal, Sierra Léone et Togo) ; et des formations sur la protection des enfants déplacés et séparés de leurs familles destinées aux forces de police et aux partenaires gouvernementaux (Côte d’Ivoire, Ghana, Sénégal, Sierra Léone, Tchad et Togo). |
BESOINS DE FINANCEMENT POUR 20114
Le Bureau régional de l’Afrique de l’Ouest et centrale demande 18 044 000 dollars É.-U. pour apporter un soutien, une coordination, une planification et tout autre type d’assistance technique afin d’améliorer la réponse humanitaire de l’UNICEF dans la région. Cela inclut 9 751 000 dollars É.-U. pour aider les pays qui n’ont pas fait l’objet d’une présentation dans cette publication de l’Action Humanitaire pour les enfants.
Pour toute information supplémentaire sur les réalisations en 2010 et l’action humanitaire prévue en Afrique de l'Ouest et centrale en 2011, veuillez consulter le site internet www.unicef.org/french/hac2011 et le site du Bureau régional à www.unicef.org/wcaro
1 ReliefWeb, « Sahel : aperçu de la crise alimentaire », OCHA, Genève, 19 avril 2010, p. 1.
2 Fonds des Nations Unies pour l’enfance, et al., « Niveaux et tendances de la mortalité infantile : rapport 2010 ¬ Estimations publiées par le groupe interinstitutions des Nations Unies pour l’estimation relative à la mortalité infantile », UNICEF, New York, 2010, p. 16.
3 Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), « Indicateurs internationaux de développement humain », PNUD, New York, 2010, <http://hdr.undp.org/en/statistics>, accès le 2 décembre 2010.
4 Les Plans d’action d’urgence humanitaire pour le Libéria et la Côte d’Ivoire et les pays voisins (Burkina Faso, Ghana, Guinée et Mali) ont été déployés le 14 janvier 2011 suite aux conséquences humanitaires de la crise politique en Côte d’Ivoire. Les fonds demandés par l’UNICEF dans ce cadre de ces plans (5 715 593 dollars É.-U. et 5 696 627 dollars É.-U. respectivement) s’ajoutent aux demandes faites pour ces pays dans le cadre de l’Action humanitaire pour les enfants. Ces besoins humanitaires seront vraisemblablement examinés lors des évaluations interinstitutions et en fonction de l’évolution d’une situation volatile.
BESOINS D’URGENCE DE L’UNICEF POUR 2011 (en dollars É.-U.)
Total 18 044 000


