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Afrique de l’Est et australe Somalie

© UNICEF Somalie/2010/Morooka

Village de Hayaayabo, Abdi Ibrahim tient dans ses bras Sahra, sa fille de 16 mois, devant leur maison. Il y a six mois, sa fille de deux ans est morte de la rougeole, mais Sahra a été immunisée récemment pendant les Journées de santé de l'enfant.

Les Journées de la santé de l’enfant fournissent des services indispensables à la survie des enfants somaliens dans les communautés isolées et mal desservies

Par Iman Morooka

7 juin 2010, village de Hayaayabo, district de Boroma, nord-ouest de la Somalie : dans la foule de personnes venues avec leurs enfants sur le site de la campagne des Journées de la santé de l’enfant, Abdi Ibrahim était l’un des rares pères présents au milieu des femmes. Sa femme à lui vend des friandises dans une école des environs pour aider à subvenir aux besoins de la famille. C’est donc lui, Abdi, barbier, qui s’est déplacé de bonne heure avec sa fille de 16 mois, Sahra, afin de s’assurer qu’elle reçoive les vaccins essentiels.

Dans le village de Hayaayabo, situé dans une région vallonnée en périphérie de Boroma, près de la frontière avec l’Éthiopie, il n’existe pas d’établissements de soins primaires. Les conditions de vie à Hayaayabo sont déplorables. Bien que le village ne soit pas très loin de la ville principale, il manque de services de base tels que l’eau salubre et les soins de santé primaires. Le point d’eau le plus proche se trouve à plus de deux kilomètres en dehors du village, et l’établissement de soins le plus proche est à cinq kilomètres.

La campagne des Journées de la santé de l’enfant représente une véritable bouée de sauvetage pour ceux qui ne peuvent pas quitter le village et recevoir des soins préventifs. Cette initiative, menée avec l’appui de l’UNICEF et de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), permet aux enfants et aux femmes de ces régions mal desservies de recevoir des interventions vitales et gratuites. La campagne propose un vaccin contre la rougeole, la polio, la diphtérie, la coqueluche et le tétanos à tous les enfants en Somalie. La campagne examine également l’état nutritionnel de chaque enfant et offre des suppléments de vitamine A, des sels de réhydratation orale ainsi que des comprimés purificateurs d’eau. Les femmes en âge de procréer sont vaccinées contre le tétanos néonatal.
 
Abdi a pris connaissance de ces services grâce aux voitures publicitaires qui circulaient avec des bannières et des mégaphones. « J’étais tellement heureux d’apprendre que l’équipe allait venir dans notre village, a-t-il déclaré. Je les attendais et j’ai été l’un des premiers à me rendre sur le site ».
 
La détermination d’Abdi à assurer une bonne santé à sa petite fille est le résultat d’une expérience tragique endurée par sa famille : il y a six mois, sa fille Nagat, âgée de deux ans, est décédée de la rougeole.
 
« Je n’avais pas fait vacciner Nagat parce que la clinique était loin, et aucune équipe comme celle-ci ne venait au village », raconte Abdi, qui se sent toujours responsable du décès de son enfant. « Ma fille est tombée malade alors que j’étais en voyage. Quand je suis rentré à la maison, elle était déjà malade depuis trois jours. Elle avait de la fièvre et ne mangeait plus, même ses aliments préférés. J’ai essayé de lui faire boire du lait mais elle vomissait tout ». Nagat est décédée huit jours plus tard. Abdi raconte qu’il ne veut plus faire encourir de risques à ces enfants. « Je me rends compte de l’importance de la vaccination et je ne commettrai pas une seconde fois la même erreur », affirme-t-il. « A partir de maintenant, je veillerai à ce que mes enfants soient vaccinés ».
 
La campagne est mise en route tous les six mois afin de faire progresser la couverture vaccinale et de garantir un impact sur la survie de l’enfant. Depuis sa création en décembre 2008 et jusqu’en juin 2010, la campagne nationale des Journées de la santé de l’enfant a atteint 1,5 million d’enfants de moins de cinq ans et 1,3 million de femmes en âge de procréer.

Plusieurs gouvernements (le Danemark, le Japon et la Norvège) et un certain nombre d’organisations, dont SIDA (l’Agence suédoise de coopération internationale au développement), UKAid, le CERF (Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires), l’Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (GAVI), la Fondation des Nations Unies, l’ACDI, l’US Fund for l’UNICEF, les Comités italien et danois pour l’UNICEF, l’UNICEF et l’OMS ont financé et apporté leur soutien aux autorités locales, aux communautés et aux ONG pour mettre en place la campagne depuis ses débuts.

Grâce à cet engagement et à celui des pères et des mères qui viennent avec leurs enfants, l’histoire tragique de Nagat pourra se transformer en une histoire porteuse d’espoir comme celle de Sahra.