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Renforcer la résilience, protéger les enfants : l’UNICEF et l’action humanitaire

© UNICEF/NYHQ2010-1797/Ramoneda

Des enfants déplacés par de gigantesques inondations fréquentent une école provisoire dans un camp appuyé par l’UNICEF dans la ville de Sukkur. Les dispositifs d’alerte précoce et d’action rapide sont essentiels pour alléger les souffrances.

Un monde à la complexité et aux risques croissants

En 2010, des catastrophes naturelles d’une ampleur sans précédent ont dévasté la vie de millions d’enfants, de leurs familles et de leurs communautés. Les conflits et l’insécurité ont fait de nombreuses victimes et semé l’abattement dans les populations. Le séisme qui a détruit la capitale haïtienne, les crues qui ont submergé un cinquième du Pakistan, la sécheresse et la famine au Sahel ou bien encore les déplacements de populations et la violence en Afghanistan, en République démocratique du Congo et en Somalie ne constituent que quelques exemples parmi beaucoup d’autres de ces situations douloureuses. Ces crises humanitaires de grande ampleur, et bien d’autres situations d’urgence moins médiatisées, montrent clairement la vulnérabilité persistante aux risques d’origine naturelle et humaine de communautés et de pays tout entiers. Les chapitres consacrés aux pays du document 2011 Action humanitaire de l’UNICEF pour les enfants décrivent l’impact des situations d’urgence humanitaire, pour certaines de courte durée, pour beaucoup prolongées, sur la vie et la dignité des enfants et de leurs familles.

L’ampleur des besoins humanitaires requiert une action ambitieuse menée avec la plus grande célérité et souvent simultanément dans différentes régions du globe. L’action humanitaire doit répondre aux besoins immédiats mais aussi s’attacher davantage à lutter contre les causes sous-jacentes de la vulnérabilité des populations aux conséquences des catastrophes, occasionnelles ou à répétition, d’autant plus que les menaces s’intensifient, se multiplient et interagissent de manière complexe et parfois mal comprise.

Aujourd’hui, les communautés qui vivent déjà au bord du gouffre subissent souvent une multitude de chocs simultanés ou répétés tels que les crises politiques, les épidémies ou la destruction de leurs habitations et de leurs moyens de production par des tempêtes ou des inondations. Sans le temps et les moyens de se relever et dépourvues de filets de sécurité sociaux, de nombreuses communautés se trouvent aspirées dans une spirale de situations d’urgence qui les conduit tout droit à la paupérisation et à la désintégration sociale. Leur grande vulnérabilité expose les pays étudiés dans le rapport 2011 Action humanitaire de l’UNICEF pour les enfants à une escalade des risques. Ainsi, il est significatif de constater que les États fragiles et déchirés par des conflits sont les plus en retard pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et que, de nos jours, la guerre civile récurrente constitue la forme dominante de conflit armé1.

L’éventualité d’une nouvelle crise alimentaire en 2011 n’est qu’une des tendances mondiales interdépendantes dont les conséquences dévastatrices menacent les populations les plus pauvres de la planète. Le changement climatique, avec son cortège de phénomènes météorologiques extrêmes, de lente dégradation des ressources et d’érosion progressive des territoires et des moyens d’existence, est en train de devenir un facteur majeur d’accroissement des risques. La raréfaction de l’eau, la détérioration de la sécurité alimentaire, la destruction de villes et d’infrastructures vitales par des tempêtes et des inondations et les déplacements de populations devraient entraîner des impacts humanitaires à grande échelle. Comme toujours, les enfants en seront les premières victimes2.

Ces tendances vont se traduire par une augmentation du nombre de personnes ayant besoin d’aide humanitaire et de populations à risque et donc nécessiter une capacité de réponse renforcée et plus agile. Il faudra aussi que l’aide internationale adopte de nouveaux outils pour mieux gérer l’imprévisibilité et s’attaquer aux causes sous-jacentes de la vulnérabilité. Il s’agit là d’un but vital des activités de développement, mais l’action humanitaire a un rôle important à jouer pour atténuer les difficultés auxquelles font face les populations et préparer un relèvement et une gestion des risques plus efficaces dans l’avenir. Dans ce contexte global de complexité et de besoins croissants, l’UNICEF, qui répond à plus de 200 situations d’urgence par an, s’engage aux côtés des gouvernements et des communautés pour les aider à se doter d’une résilience propre, tant par l’action humanitaire présentée dans ce rapport que par sa programmation habituelle.

Comprendre la résilience

Ancré dans la science des matériaux et l’écologie, le concept de résilience s’est progressivement imposé dans les travaux de diverses disciplines sociales. À quelques nuances près, la résilience désigne en général l’aptitude à anticiper, à résister et à rebondir face aux pressions et aux chocs extérieurs, qu’ils soient physiques, affectifs, économiques ou liés à une catastrophe ou à un conflit, de manière à éviter une perte d’identité et à conserver des fonctions fondamentales3. Certaines interprétations considèrent avant tout la résilience comme la capacité à changer de cap au lieu de résister au changement4. Dans cette optique, l’adversité devient un catalyseur potentiel de la transformation. Telle que définie ci-dessous, la résilience peut constituer pour la communauté humanitaire un outil utile d’étude et de gestion de contextes de crises de plus en plus complexes.

Au sens élémentaire, la résilience est l’aptitude d’une infrastructure physique cruciale à absorber les chocs5. Ainsi, le développement de technologies d’assainissement adaptées dans des zones régulièrement inondées pourra diminuer le risque de maladies infectieuses après un phénomène météorologique catastrophique6. Mais ce concept dépasse largement la simple notion de fortification structurelle et de matériel. Il fournit une loupe permettant de comprendre comment les systèmes sociaux et leurs diverses composantes (individus, familles, écoles, villes, États et famille d’États constituant le système international) peuvent efficacement se protéger contre le risque et gérer collectivement les menaces.

Les psychologues du développement, par exemple, utilisent la résilience pour déterminer les caractéristiques, les compétences et les situations qui amènent certains enfants à sortir leur épingle du jeu en dépit des privations ou de la violence extrêmes qu’ils subissent. Les théoriciens du développement appliquent la résilience aux communautés, considérées comme détentrices de multiples forces et ressources7, y compris en termes de capital humain, matériel et social8. Que ces forces et ressources s’ancrent dans la tradition ou se développent au fil du temps, il est possible d’y puiser pour limiter et gérer les pertes liées aux crises. À un niveau supérieur de l’organisation sociale, la résilience a également servi à caractériser les États, comme dans l’analyse du renforcement de l’État dans les situations de fragilité et de conflits effectuée par l’Unité des États fragiles de l’Organisation pour la coopération et le développement économique9. Dans ce cas, elle apparaît comme l’opposé de la fragilité engendrée par des contrats sociaux faibles ou non inclusifs, qui implique des défaillances des fonctions fondamentales de l’État, dont l’incapacité à assurer la sécurité et à dispenser des services de base.

La résilience est donc une propriété de différents niveaux interconnectés de l’organisation sociale et politique. Dans les systèmes à résilience élevée, l’exposition au risque et les capacités de réponse sont réparties entre différents groupes10. Les inégalités et la distribution asymétrique des compétences et des ressources peuvent saper la résilience11. Si une catastrophe ou une crise dépasse les capacités d’adaptation, il est possible de faire appel à une aide « extérieure » pour protéger des valeurs essentielles (comme la vie) et des fonctions cruciales (comme l’approvisionnement en eau). Si l’État est incapable d’apporter une réponse « extérieure » adéquate aux communautés victimes d’une catastrophe, reste la solution de se tourner vers la communauté internationale. Dans ce cas, les approches de soutien de la résilience non seulement permettent de choisir le moment de l’action humanitaire et d’en justifier la nécessité, mais fournissent aussi des orientations importantes quant aux modalités d’intervention.

Certaines dimensions de la résilience apportent des indications cruciales sur la manière dont la communauté humanitaire peut repérer les points d’entrée aptes à mieux la soutenir12, à savoir :

Un problème clé demeure : mesurer la résilience. Sa quantification est ardue pour plusieurs raisons, mais principalement parce qu’il est difficile de mesurer quelque chose qui ne se produit pas : la violence armée qui n’éclate pas, l’ouragan qui ne laisse derrière lui que des dégâts mineurs. Pourtant la faiblesse des organes de gouvernement, une mauvaise planification, l’effilochement des liens sociaux, de graves inégalités ou des réponses aux situations d’urgence qui se substituent aux capacités existantes au lieu de les renforcer ont très souvent entraîné l’échec des tentatives de soutien de la résilience. Dans un contexte où avenir rime avec accroissement des risques, la capacité de transformation qu’autorise la résilience prend une importance encore plus considérable.

En dépit du corpus d’ouvrages existant sur la résilience, les contributions de l’action humanitaire en la matière ont été relativement peu explorées. La manière dont l’UNICEF lui-même conçoit son action humanitaire au sein du système humanitaire global continue à évoluer. L’attention prêtée à la résilience peut non seulement favoriser une action humanitaire prévisible, efficace et menée au moment opportun, mais aussi renforcer la relation entre programmation humanitaire et programmation du développement ainsi que les capacités des acteurs nationaux et locaux à gérer une incertitude et un risque grandissants.

Action humanitaire de l’UNICEF et résilience

Inspiré par la Convention relative aux droits de l’enfant, l’UNICEF a renforcé en 2010 sa politique humanitaire de base afin de défendre les droits des enfants et des femmes dans les situations de crise. Il a recadré ses Principaux engagements pour les enfants (Core Commitments for Children - CCC), rebaptisés Principaux engagements pour les enfants dans l’action humanitaire, afin d’indiquer son implication plus large dans ces contextes ainsi que son engagement en faveur de la réforme humanitaire.

La planification préalable aux situations de crise et l’adoption d’une approche de relèvement rapide pendant la réponse, intégrant de bout en bout la réduction du risque de catastrophe, constituent les changements clés apportés aux Principaux engagements. Ces derniers sont également passés d’un centrage sur les activités à la recherche de résultats stratégiques plus larges liant l’action humanitaire à la réalisation des droits des enfants et des femmes dans chaque domaine de programmation de l’UNICEF. Ils reconnaissent également que tenir ces engagements fondamentaux requiert la contribution d’une multitude d’acteurs, groupes sectoriels (clusters) compris.

La nouvelle approche de l’action humanitaire de l’UNICEF constitue ainsi une plate-forme potentielle de soutien de la résilience au niveau national et communautaire. Quelques exemples récents illustrent la forme qu’elle a prise dans des pays touchés par des situations d’urgence.

À Madagascar, l’UNICEF a soutenu un programme de formation et de sensibilisation des chefs de villages, des directeurs d’écoles, des directeurs de centres sanitaires, des organisations communautaires et des maires consacré aux principes et aux pratiques en matière d’eau, assainissement et hygiène (WASH) dans le cadre de la réponse d’urgence. Des accords de coopération sur la planification préalable des situations d’urgence conclus avec les organisations participantes permettront de réagir rapidement et au moment opportun en cas de cyclone ou d’inondation. Ces efforts montrent comment l’engagement de l’UNICEF en faveur de la participation des populations touchées appuie l’action collective et la cohésion.

La nouvelle mouture des Principaux engagements resserre elle aussi le lien entre action humanitaire et développement. Cette intégration plus forte renforce la flexibilité institutionnelle de l’UNICEF, en d’autres termes la capacité d’adaptation de nos programmes à l’évolution des situations. En outre, l’importance accrue accordée à des stratégies explicites telles que la réduction des risques de catastrophe naturelle et le renforcement des capacités locales permet aux communautés de mieux faire face à de multiples chocs à toutes les étapes du cycle prévention-intervention-relèvement. En Éthiopie, l’UNICEF a apporté sa pierre à la réduction du risque de catastrophe avec un programme de santé décentralisé, placé sous la houlette du gouvernement, dispensant des services sanitaires et nutritionnels essentiels, dont l’impact sur les communautés a été considérable : la capacité nationale de traitement de la malnutrition sévère aiguë a grimpé de 135 000 cas par mois en 2009 à 200 000 cas par mois en 2010. Il est désormais possible de repérer plus tôt les enfants concernés et de les soigner plus près de chez eux, ce qui contribue à réduire la vulnérabilité infantile.

De la même manière, tenir les Principaux engagements pour les enfants passe par une meilleure compréhension de la réalité locale. Une présence permanente avant, pendant et après la situation d’urgence, comme le pratique l’UNICEF, permet de surveiller la situation des enfants et des femmes et de concevoir des interventions adaptées facilitant l’apprentissage adaptatif grâce au partage et à l’application de nouvelles approches et de nouvelles technologies. Dans les régions du Myanmar dévastées par un cyclone, l’UNICEF a aidé les autorités locales à bâtir des centres de santé et des écoles conformes aux normes relatives à la construction de locaux résistants aux catastrophes naturelles. Il poursuit sa campagne en faveur de l’adoption généralisée et progressive de ces normes dans l’ensemble du pays.

Grâce à ses partenariats humanitaires avec des gouvernements, des Organisations non gouvernementales (ONG) locales et internationales, des communautés, la société civile et le secteur privé, tant au niveau national que communautaire, l’UNICEF est en mesure d’exploiter plusieurs approches pour améliorer les résultats de l’action humanitaire pour les enfants, ce qui va dans le sens de la diversité. Ainsi, un partenariat public-privé pour la gestion de l’eau à Marka, une ville située près de Mogadiscio meurtrie par le conflit armé somalien, l’a amené à collaborer avec de nombreuses parties prenantes. Exploitant les capacités des acteurs locaux, la mise en œuvre du projet s’est poursuivie même quand le personnel international de l’ONU n’a plus été en mesure d’accéder à la ville.

Notre engagement en faveur de la défense des droits des personnes les plus vulnérables nous impose de donner la priorité à la restauration de l’autosuffisance dans les situations d’urgence. Par exemple, dans le Territoire palestinien occupé, l’UNICEF, avec des ONG et d’autres homologues, a mis en place des services de protection de l’enfance et des services psychosociaux pour renforcer les mécanismes d’adaptation de plus de 70 000 enfants et 36 000 adultes à Gaza. Depuis la crise de 2009, l’UNICEF continue à associer soutien psychosocial et approche fondée sur les communautés intégrée aux réseaux de protection de l’enfance.

Système humanitaire et résilience

Pour remplir son rôle et ses obligations face à la montée des risques, la communauté humanitaire doit elle aussi faire preuve de résilience. La réponse aux catastrophes massives qui se sont abattues sur Haïti et le Pakistan en 2010, ainsi qu’à d’autres situations d’urgence de moindre envergure, a certes montré le dévouement et l’efficacité du système humanitaire, mais aussi révélé des lacunes et des manquements13. Comme nous l’avons vu, les difficultés iront en s’aggravant.

Voilà pourquoi une réflexion est en cours sur la nature des réalignements nécessaires au sein du système humanitaire sans pour autant remettre en cause ses principes fondamentaux et son efficacité opérationnelle. Le Secrétaire général a récemment prôné le passage d’une approche fondée sur les chocs à une approche davantage axée sur les besoins et la vulnérabilité14. Certaines organisations ont élaboré des approches de résilience explicites15 tandis que d’autres ont appelé à un changement profond de paradigme concernant leur réponse à ces pressions croissantes16.

Depuis ses origines, soucieuse de renforcer son efficacité et sa fiabilité, la communauté humanitaire est passée par des phases successives de bilan, d’autoévaluation, de réforme et d’innovation. Au fil des années, elle a régulièrement progressé. Entamé en 2005 suite au tsunami dans l’océan Indien, le processus de réforme humanitaire a conduit à des améliorations importantes qui contribuent à la résilience du système, même si le débat n’a pas été explicitement posé en ces termes. La mise en commun des mécanismes de financement pour renforcer la flexibilité, la création de mécanismes de coordination (groupes sectoriels) qui optimisent l’action collective de divers acteurs humanitaires et l’élaboration d’outils d’évaluation pour mieux comprendre le contexte en constituent quelques exemples. Les évaluations en temps réel récemment mises en place accélèrent l’apprentissage et l’adaptation.

Parallèlement au renforcement de sa capacité de réponse, en particulier grâce à l’approche par groupe sectoriel, la communauté humanitaire s’est également efforcée d’améliorer ses interventions dans les contextes de catastrophes naturelles et de confits armés ainsi que sa compréhension du facteur de risque accru que constituent les interactions entre ces deux fléaux.

La collaboration entre acteurs du développement et acteurs humanitaires dans le cadre de la mise en oeuvre du Cadre d’action de Hyogo (2005) a conduit ces derniers à adopter l’approche de relèvement rapide, qui intègre la réduction du risque de catastrophes à la planification préalable et à la réponse aux situations d’urgence. Cet investissement dans la réduction du risque de catastrophes présente le double avantage d’aider à mieux gérer les causes sous-jacentes de la vulnérabilité et d’améliorer les partenariats ainsi que l’engagement des communautés17.

Les contributions de la communauté humanitaire à la réponse aux besoins engendrés par les contextes postérieurs aux conflits ont été validées dans le Rapport du Secrétaire général sur la consolidation de la paix au lendemain d’un conflit de 2009. Ce document soulignait qu’après les conflits, la communauté humanitaire peut apporter des dividendes de paix cruciaux aux populations épuisées par la guerre et en particulier aux personnes déplacées de retour dans leurs foyers et que l’approche de relèvement rapide est à même de jeter les bases d’initiatives de maintien de la paix ultérieures grâce à l’évaluation des capacités, au développement rapide de systèmes dans des secteurs clés et au renforcement des capacités dans les poches de paix, dans la mesure du possible18.

La communauté humanitaire poursuit ses efforts d’amélioration dans des domaines clés, tels que la prise d’initiatives au niveau global, la planification préalable, le renforcement des capacités nationales et locales, l’engagement auprès des communautés locales, l’évaluation des besoins, le relèvement rapide et la responsabilité à l’égard des populations touchées19. Ces efforts s’inscrivent sur fond de débat élargi sur les conditions propices à l’action humanitaire, y compris les politiques de financement et de ressources humaines, sur la complexité grandissante de l’environnement opérationnel, sur le rôle des acteurs politiques et militaires, sur la diminution de l’accès aux personnes dans le besoin, sur le rétrécissement de l’espace humanitaire et sur les formes les mieux adaptées de participation aux situations d’urgence chroniques et complexes, bénéficiaires de l’essentiel du financement humanitaire.

Un système humanitaire agile doté de capacités de réponse larges et multidimensionnelles sera essentiel pour lutter contre les causes de la vulnérabilité, sauver des vies et réduire les pertes dues aux catastrophes. Le changement climatique fait de cette agilité une urgence. Selon la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) des États-Unis, 2010 et 2005 ont été les deux années les plus chaudes de l’histoire et le théâtre de phénomènes climatiques extrêmes sur tous les continents20. Aujourd’hui, les risques climatiques représentent 70 pour cent de l’ensemble des catastrophes contre 50 pour cent il y a deux décennies21 et les crises qu’ils engendrent pourraient toucher des centaines de millions de personne par an dès 201522. Leur impact dépend aussi de la confluence de facteurs sociaux et économiques tels que l’urbanisation sauvage et la dégradation de l’environnement. Des tendances globales prévoient des conditions météorologiques mondiales plus extrêmes encore dans l’avenir, qui exerceront un impact négatif disproportionné sur les populations les plus pauvres.

L’ampleur gigantesque de ce défi doit inciter à investir dans une gestion des risques climatiques susceptible de bénéficier à des populations entières. La réduction du risque de catastrophes avec pour objectif la résilience des communautés est une stratégie d’adaptation au changement climatique de plus en plus reconnue. Les efforts de renforcement des capacités locales des communautés à risque ou victimes de catastrophes doivent redoubler à mesure que le système humanitaire s’arme pour mieux faire face à un avenir de risque, d’incertitude et de demande accrus.

Perspectives d’avenir

Six ans après le tsunami dans l’océan Indien, une catastrophe qui, par son échelle et par son ampleur, a posé de grosses difficultés dans tous les domaines de l’intervention humanitaire, la communauté humanitaire aborde un nouveau tournant majeur de son évolution. Des discussions sont en cours pour porter un regard neuf sur le mode de fonctionnement actuel. En adoptant la résilience pour principe directeur, la communauté humanitaire apporterait un éclairage utile aux domaines prioritaires qu’elle a besoin d’améliorer, tels que :

Les progrès réalisés dans ces domaines contribueront à établir un système humanitaire à la fois prévisible, opportun et efficace. Ces avancées doivent se fonder sur une reconnaissance accrue des relations entre les programmations humanitaires et pour le développement, ainsi que de l’importance d’accompagner les acteurs locaux et nationaux dans leur gestion des incertitudes et des risques croissants. La communauté humanitaire œuvre ainsi en faveur de la résilience conjointe du système humanitaire et des pays et communautés que nous nous sommes engagés à servir.

Tendances des financements en 2010 et action humanitaire prévue en 2011

L’urgence des besoins des enfants et des femmes vulnérables en 2010 s’est traduite à l’UNICEF par des besoins en matière de financement de l’action humanitaire d’un montant total de 1,7 milliard de dollars des États-Unis (É.-U.) Cette demande s’appuyait sur les besoins humanitaires exposés dans le Rapport sur l’action humanitaire 2010, dans lequel 36 chapitres décrivaient les besoins nationaux, régionaux et internationaux23, ainsi que dans 7 appels éclair et 13 autres appels24. Au 31 octobre 2010, le budget reçu pour l’ensemble des activités humanitaires de l’UNICEF s’élevait à 830,9 millions de dollars, soit 45 pour cent de plus qu’en 2009 (572,4 millions de dollars au 31 octobre 2009), une hausse principalement due à la mobilisation des ressources en réponse au séisme en Haïti et aux inondations au Pakistan.

Le financement humanitaire reçu par l’UNICEF au 31 octobre 2010 marque une forte augmentation en termes absolus par rapport à 2009 (comme on le voit dans le diagramme ci-dessous). Plus de 406 millions de dollars, soit 49 pour cent des fonds, étaient destinés aux interventions en Haïti à la suite du séisme et au Pakistan après les inondations. Les 426,4 millions restants devaient financer les autres opérations d’urgence de l’UNICEF.

Sur le budget de 1,15 milliard de dollars demandé dans le Rapport 2010, 447,9 millions, soit 39 pour cent, avaient été reçus au 31 octobre, ce qui correspond au niveau de financement à la même époque en 200925. Sur l’ensemble des demandes du Rapport, les pays et régions concernés par des procédures d’appel global (CAP) étaient financés à 37 pour cent, contre 43 pour cent en 2009. Les appels éclairs ont en moyenne reçu un financement plus élevé en 2010 qu’en 2009, en particulier du fait de l’appel éclair pour Haïti. Les besoins des appels éclairs étaient financés à 69 pour cent en 2010, contre 47 pour cent l’année précédente. En excluant Haïti des appels éclairs cumulés, cependant, le niveau de financement moyen tombe à 45 pour cent.

L’UNICEF est particulièrement reconnaissant des généreuses contributions apportées par des donateurs des secteurs publics et privés en faveur des enfants et des femmes victimes de crises humanitaires dans le monde entier. La plus grande part du financement humanitaire de l’UNICEF provenait de gouvernements donateurs (40 %), suivis par les comités nationaux de l’UNICEF (34  pour cent). Ont également contribué au financement humanitaire des fonds d’affectation multi-donateurs, des organisations intergouvernementales et des fonds levés par les bureaux de l’UNICEF sur le terrain. À la fin octobre 2010, le Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires (CERF) était cette année encore la principale source de financement des interventions, avec une contribution totale de 87,3 millions de dollars26. Le Fonds des États-Unis pour l’UNICEF constituait la deuxième source de financement, avec 79,5 millions de dollars, dont près de 88 pour cent ont été consacrés aux opérations d’urgence en Haïti. De janvier à octobre 2010, les dix principaux donateurs humanitaires (voir diagramme ci-dessous) représentaient quelque 63 pour cent des contributions reçues par l’UNICEF en vue de ses interventions d’urgence.

 

FIGURE 1.1 : TENDANCES DU FINANCEMENT DES URGENCES (1998-2010)*

Source : UNICEF, Bureau des alliances avec le secteur public et de la mobilisation des fonds publics

Sur un total de 830,9 millions de dollars É.-U. reçus au 31 octobre 2010 en contributions humanitaires, 278,5 millions, soit 33,5 pour cent, provenaient de fonds thématiques, c’est-à-dire non réservés à une activité particulière, ce qui permet à l’UNICEF d’investir ces ressources dans les secteurs qui en ont le plus besoin. Elles étaient en forte hausse par rapport aux 52,7 millions de dollars enregistrés en 2009. Les contributions thématiques réduisent les frais de transaction et simplifient la gestion des budgets au niveau national. L’UNICEF est reconnaissant de la générosité constante des donateurs qui alimentent les fonds thématiques.

L’UNICEF tient en particulier à remercier ses partenaires des comités nationaux, qui ont fourni plus de 90 pour cent du financement thématique reçu entre janvier et octobre. Le Fonds des États-Unis pour l’UNICEF était le principal donateur thématique, avec une contribution de 72 millions de dollars, suivi par le Comité du Royaume-Uni pour l’UNICEF, le Comité allemand pour l’UNICEF, le Comité japonais pour l’UNICEF et le Comité canadien pour l’UNICEF, comme on le voit ci-dessous.

 

FIGURE 1.2 : LES DIX PRINCIPALES SOURCES DE FONDS HUMANITAIRES EN 2010*

Source : UNICEF, Bureau des alliances avec le secteur public et de la mobilisation des fonds publics

Bien que le niveau du financement thématique en 2010 ait été très supérieur à celui de 2009, une analyse des destinataires révèle toutefois que plus de 90 pour cent des fonds versés jusqu’à présent étaient destinés aux interventions au lendemain du séisme en Haïti et des inondations au Pakistan. Seuls 27,6 millions de dollars ont été consacrés aux pays et régions restants. L’UNICEF continue d’exhorter les donateurs à apporter un financement humanitaire flexible qui puisse être utilisé dans tous les pays, et notamment au niveau mondial. Les fonds thématiques mondiaux constituent la deuxième structure de financement de prédilection de l’UNICEF après les ressources ordinaires. Cependant, 0,7 pour cent seulement des fonds humanitaires thématiques reçus en 2010 ont été versés au titre de fonds humanitaires thématiques mondiaux. Les fonds thématiques mondiaux sont pourtant l’option la plus efficace car ils permettent à l’UNICEF de répondre de façon stratégique aux besoins prioritaires des enfants du monde entier. Les fonds humanitaires thématiques mondiaux donnent à l’UNICEF les moyens d’investir efficacement dans de nouvelles initiatives, de respecter ses engagements en matière de réforme humanitaire (en particulier en ce qui concerne ses responsabilités de chef de file des groupes sectoriels), de hiérarchiser les crises humanitaires sous-financées et de renforcer les capacités. Ces actions permettent à l’UNICEF de concentrer ses programmes sur l’obtention de résultats durables favorables aux enfants.

Le niveau de financement reçu détermine la capacité de l’UNICEF à contribuer à l’amélioration des perspectives et de la résilience des enfants et des femmes touchés par des crises parfois multiples.

Au Yémen, avec un niveau de financement s’élevant à 66 pour cent du montant demandé à la fin octobre, l’UNICEF et ses partenaires ont pu : traiter plus de 11 000 enfants contre la dénutrition dans 32 sites de soins ambulatoires, fournir un accès à l’eau potable à plus de 46 000 adultes et enfants déplacés dans les gouvernorats du Nord et à 5000 personnes dans les communautés d’accueil, offrir des possibilités d’éducation à 125 000 enfants dans des gouvernorats en proie à des conflits et apporter un soutien psychosocial à 3500 enfants vulnérables confrontés au double traumatisme des conflits et du déplacement.

En Somalie, où 27 pour cent de la population a besoin d’aide humanitaire, le financement a permis à l’UNICEF de fournir à 1,5 million d’enfants de moins de cinq ans et à 1,3 million de femmes en âge de procréer un ensemble de services médicaux et nutritionnels essentiels. Un accès à l’eau salubre a été offert à 1,2 million de personnes dans des régions en situation d’urgence, et plus de 92 000 enfants victimes de cette situation ont pu être scolarisés.

Le Tadjikistan, qui a subi un tremblement de terre, des inondations et une épidémie de polio en 2010, n’a reçu que 3 pour cent du financement dont il avait besoin en octobre 2010. Malgré l’insuffisance des fonds, l’UNICEF est toutefois parvenu, en collaboration avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le gouvernement du Tadjikistan, à faire face à une épidémie de polio de grande ampleur en lançant une campagne rapide et exhaustive qui a réussi à juguler le virus. En puisant dans d’autres sources de financement, l’UNICEF est également intervenu auprès des victimes des inondations dans le district de Kulob, où près de 2000 personnes ont bénéficié d’une campagne d’hygiène d’urgence. Environ 300 foyers ont ainsi reçu des réservoirs d’eau, des trousses d’hygiène, du savon et des comprimés purificateurs d’eau. Dans 510 écoles des 20 districts les plus fréquemment touchés, plus d’un millier d’enseignants ont reçu une formation sur des mesures simples et efficaces de réduction du risque de catastrophe. Un soutien psychosocial a été apporté à quelque 750 enfants et 560 adultes à la suite du séisme qui a frappé le district de Vanj.

 

FIGURE 1.3 : LES CINQ PRINCIPAUX DONATEURS DES FONDS HUMANITAIRES THÉMATIQUES*

Il aurait été possible de faire bien davantage dans ces pays et dans d’autres pays en proie à des situations de crise présentés dans le Rapport sur l’action humanitaire 2010 avec des niveaux de financement plus importants.

Besoins de financement humanitaire de l’UNICEF pour 2011

En 2011, l’UNICEF a besoin de 1,4 milliards de dollars27 pour soutenir l’action humanitaire auquel il participe dans 32 pays et territoires. Cela représente une hausse de 21 pour cent par rapport à l’appel lancé en février 2010, l’essentiel des fonds étant destiné au Pakistan et à Haïti, qui requièrent respectivement 296 et 157 millions de dollars. Comme on le voit dans la figure 1.4, les besoins financiers en matière d’urgence ont fortement augmenté dans la région Asie-Pacifique, où la demande est la plus forte avec 373 millions de dollars. Sur les fonds destinés à l’Asie, 80 pour cent serviront à aider les enfants et les femmes victimes des inondations et des conflits au Pakistan.

Les besoins de la région Amérique latine et Caraïbes ont été multipliés par huit, principalement des suites des situations d’urgence en Haïti et de l’ajout de l’appel pour le Guatemala. Bien que les situations aussi précaires que celle de la Colombie réclament également une réponse plus vaste, la hausse enregistrée correspond aux efforts de promotion des préparations préalables dans la région et au soutien apporté dans les situations d’urgence de moindre ampleur. Les besoins régionaux de la région Europe centrale et orientale et Communauté d’États indépendants ont également augmenté en 2010 avec l’inclusion de l’appel pour le Kirghizistan et l’accroissement des besoins du Tadjikistan.

En revanche, les besoins de la région Afrique de l’Est et Afrique australe ont nettement diminué, en particulier dans des pays comme le Burundi, l’Érythrée et l’Ouganda. Malgré le maintien de besoins financiers suite au référendum au Soudan, dans l’ensemble, les demandes pour les régions Afrique de l’Ouest et Afrique centrale et Moyen-Orient et Afrique du Nord enregistrent également une baisse.

La capacité de l’UNICEF à fournir une aide humanitaire dépend exclusivement du financement des donateurs. C’est pourquoi l’UNICEF remercie les donateurs pour leur appui important en 2010 et les invite à maintenir ou à accroître leur engagement à soutenir la résilience et à satisfaire les besoins humanitaires des enfants et des femmes en situation d’urgence en 2011.

 

1. Barbara Walter, « Conflict Relapse and the Sustainability of Post-Conflict Peace », contribution au Rapport mondial sur le développement 2011
2. DARA, « Climate Vulnerability Monitor 2010 – the State of the Climate Crisis », disponible sur Internet à l’adresse http://daraint.org/wp-content/uploads/2010/12/CVM_Complete.pdf, consulté le 25 janvier 2011.
3. Almedom, Astier M. et James K. Tumwine, « Resilience to Disasters: A paradigm shift from vulnerability to strength », in : African Health Sciences, vol. 8, hors-série, décembre 2008, p. 1.
4. Pelling, Mark, Adaptation to Climate Change: From resilience to transformation, Routledge, New York, 2011, p. 44.
5. Institute for National Security and Counterterrorism, Projet sur la résilience et la sécurité, compte rendu de l’atelier intitulé « Resilience in Post-Conflict Reconstruction and Natural Disasters », Syracuse University, 9 mars 2009, disponible sur Internet à l’adresse http://insct.syr.edu/uploadedFiles/insct/uploadedfiles/PDFs/INSCT%20Workshop%20Report_Resilience%20and%20Security.pdf, consulté le 25 janvier 2011.
6. OMS, Bureau régional de l’Asie du Sud, Community Resilience in Disasters: How the Primary Health Care approach made a difference in recent emergencies in the WHO South-East Asia Region, 2010, disponible sur Internet à l’adresse www.searo.who.int/LinkFiles/EHA_CRD.pdf, consulté le 25 janvier 2011.
7. Kirmayer, Laurance J. et al., « Community Resilience: Models, metaphors and measures », in : Journal de la santé autochtone, novembre 2009, disponible sur Internet à l’adresse www.naho.ca/jah/english/jah05_01/V5_I1_Community_04.pdf, consulté le 25 janvier 2011.
8. Rapport sur les catastrophes dans le monde 2004. Thème : les capacités locales, Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.
9. « Concepts and Dilemmas of Statebuilding in Fragile States: From fragility to resilience », document de réflexion du CAD/OCDE, mars 2008.
10. Evans, Alex et David Steven, « The Resilience Doctrine », World Politics Review, 7 juillet 2009, disponible sur Internet à l’adresse www.globaldashboard.org/wp-content/uploads/2009/The_Resilience_Doctrine.pdf, consulté le 25 janvier 2011.
11. Steward, Frances, « Horizontal Inequalities as a Cause of Conflict: A review of CRISE findings », contribution au Rapport mondial sur le développement 2011 de la Banque mondiale, août 2010.
12. Cf. par exemple : STEPS Centre, « Reframing Resilience », STEPS Briefing 13, disponible sur Internet à l’adresse www.steps-centre.org/PDFs/STEPSsumResilience.pdf, consulté le 25 janvier 2011.
13. DARA, Haiti One Year On, disponible sur Internet à l’adresse http://daraint.org/haiti-one-year-on, consulté le 12 janvier 2010.
14. Rapport du Secrétaire général sur la coopération internationale en matière d’aide humanitaire à la suite de catastrophes naturelles : de la phase des secours à celle de l’aide au développement, A/65/356, septembre 2010, p. 2.
15. Rapport sur les catastrophes dans le monde 2004. Thème : les capacités locales, Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.
16. Omamo, Steven, Ugo Gentilini et Susannah Sandstrom, « Innovations in Food Assistance: Issues, lessons and implications », in : From Food Aid to Food Assistance, Programme alimentaire mondial, 2010, p.2.
17. Ibid., p. 31.
18. Rapport du Secrétaire général sur la consolidation de la paix au lendemain d’un conflit, A/63/881, juin 2009, p. 10-15.
19. ALNAP, The State of the Humanitarian System, janvier 2010, p. 9-35.
20. National Oceanic and Atmospheric Administration, 2010 Tied for Warmest Year on Record, 12 janvier 2011, disponible sur Internet à l’adresse www.noaanews.noaa.gov/stories2011/20110112_globalstats.html, consulté le 25 janvier 2011.
21. BCAH et EM-DAT, Climate Change: Coping with the humanitarian impact, Présentation PowerPoint de la campagne, diapositive n°12, 2009, disponible sur Internet à l’adresse http://ochaonline.un.org/ochahome/InFocus/ClimateChangeHumanitarianImpact/tabid/5930/language/en-US/Default.aspx, consulté le 25 janvier 2011.
22. Ganeshan, Shamanthy et Wayne Diamond, Forecasting the numbers of people affected annually by natural disasters up to 2015, Oxfam GB, 2009.
23. Dans le Rapport 2010 figuraient 16 pays et régions concernés par des procédures d’appel global (CAP)
24. Parmi les autres appels figurent les « Besoins immédiats » et les appels interorganisations (à l’exclusion des procédures d’appel global et des appels éclairs).
25. Toutes les demandes de financement émanant du Rapport sur l’action humanitaire 2010 se rapportent aux chiffres révisés après l’examen semestriel.
26. Sur cette somme, 45,8 millions de dollars provenaient de la fenêtre Intervention rapide et 41,5 millions de la fenêtre Situations sous-financées.
27. Vingt-huit appels de pays figuraient dans le Rapport sur l’action humanitaire 2010, auxquels le Congo a été ajouté à la suite de l’examen semestriel. Les nouveaux pays inclus en 2011 sont le Burkina Faso, le Cameroun, Djibouti, le Guatemala et le Kirghizistan. Les besoins en financement restants pour la Guinée et la Mauritanie, objets d’appels en 2010, ont été intégrés aux appels de la région Afrique de l’Ouest et Afrique centrale pour 2011. Contrairement à l’année passée, la Guinée, la Mauritanie et le Népal ne font pas l’objet d’appel/de chapitre pour la publication 2011 Action humanitaire de l’UNICEF pour les enfants.