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Éducation de base et l'égalité des sexes

Comment fonctionne la stratégie d'accélération

L'accélération de l'action en faveur de l'éducation des filles devrait nous aider à atteindre l'objectif de l'égalité des sexes à l'école primaire et secondaire d'ici à 2005, un défi qui est au centre des Objectifs de développement pour le Millénaire et de « l'éducation pour tous ».

En collaboration avec les gouvernements, la société civile et le secteur privé, l'UNICEF donne un élan supplémentaire à la scolarisation des filles. À long terme, ces mesures devraient avoir des effets positifs sur l'émancipation des femmes, la lutte contre la pauvreté, tout en favorisant une croissance économique équilibrée. Comme l'éducation des filles a des répercussions positives dans tous ces secteurs, l'UNICEF lui a accordé une priorité élevée dans son plan stratégique à moyen terme pour 2002-2005. Il ne reste pas beaucoup de temps d'ici à 2005. Mais l'UNICEF s'engage à obtenir des résultats concrets.

La stratégie d'accélération est une démarche axée sur les droits, conformément à la Convention relative aux droits de l'enfant et à la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes. Elle s'adresse aux 125 millions d'enfants (dont 53 % de filles) qui n'ont pas accès à une éducation de base de qualité.

Le fait d'accélérer l'action en faveur de l'éducation des filles ne constitue pas un changement d'orientation. Les programmes actuels, y compris ceux mis en ouvre en collaboration avec l'UNESCO, l'USAID et la Banque mondiale seront développés et renforcés tout comme les partenariats, afin d'accélérer les progrès en faveur des filles.

Une stratégie en cinq volets

1. Une action centrée sur 25 pays qui présentent les plus grands défis mais aussi réalistement les meilleures chances d'obtenir des résultats tangibles d'ici à 2005. Les pays ont été choisis compte tenu des critères suivants :

  • Un taux de scolarisation net des filles inférieur à 70 %.
  • Un écart entre les garçons et les filles d'au moins 10 % au niveau du primaire.
  • Plus d'un million de filles non scolarisées.
  • Un pays participant à l'initiative « Fast Track » en faveur de l'éducation pour tous.
  • Des pays dans lesquels la scolarisation et l'égalité entre les sexes sont menacées par le VIH/SIDA, un conflit civil, des catastrophes naturelles ou d'autres situations d'urgence.

Les 25 pays sont les suivants : Afghanistan, Bangladesh, Bénin, Bolivie, Bhoutan, Burkina Faso, Djibouti, Érythrée, Éthiopie, Guinée, Inde, Malawi, Mali, Népal, Nigéria, Pakistan, Papouasie-Nouvelle-Guinée, République centrafricaine, République démocratique du Congo, Soudan, Tanzanie, Tchad, Turquie, Yémen et Zambie.

2. Une démarche volontariste et une action intensive en concentrant notre expertise, nos connaissances et nos autres ressources sur la scolarisation des filles laissées pour compte. Aucun progrès ne sera accompli dans le secteur de l'éducation des filles juste en poursuivant notre petit bonhomme de chemin. Il faut adopter une attitude déterminée, partir à la rechercher des filles non scolarisées, les inscrire à l'école, de toute urgence s'il le faut, et non plus nous contenter d'adopter des mesures et d'attendre que les taux de scolarisation augmentent. Il faut aussi accorder davantage d'attention à la qualité de l'éducation pour éviter les déboires par la suite.

Une collaboration et une coordination plus étroites seront nécessaires entre les organismes partenaires pour appliquer l'expérience que nous avons emmagasinée aux différentes communautés. En termes concrets, il faudra peut-être créer un système de classes alternées dans certaines écoles, faire la classe « sous tente » dans les situations d'urgence et avoir recours à des incitations pour améliorer la scolarisation, la fréquentation scolaire et la qualité de l'éducation.

3. L'« accompagnement » des pays sur la voie du progrès en leur fournissant un appui multisectoriel à long terme. Ce concept est nouveau et il s'appuie sur la notion selon laquelle les pays ont souvent besoin d'une aide autre que financière. Il s'agit de participer aux prises de décisions au jour le jour, sans importuner les gouvernements en cherchant à nous imposer, mais en respectant la vision que le pays a de son propre développement.
L'UNICEF est en position unique pour jouer ce rôle grâce à son palmarès, sa structure décentralisée et son expérience dans plus de 150 pays.

L'UNICEF perfectionne son approche multisectorielle depuis plusieurs décennies. Il constate que la méthode la plus efficace consiste à mettre en ouvre des actions intégrées dans des domaines connexes. Par exemple, les interventions dans les secteurs de la santé et de la nutrition améliorent non seulement les chances de survie et de développement des enfants mais elles contribuent aussi à de meilleurs résultats scolaires. De même, les repas scolaires améliorent la nutrition, tout en incitant les parents à envoyer leurs enfants à l'école.

4. Le renforcement de la sensibilisation aux niveaux national et international pour stimuler la demande de transparence et de prise de responsabilités au niveau local. L'UNICEF plaidera également pour que la détermination politique se traduise en actions concrètes de façon à ce que les dirigeants nationaux soient obligés respecter leurs engagements en faveur de l'éducation des filles et s'assurer qu'ils se reflètent dans les plans et budgets nationaux. Au niveau international, l'UNICEF s'assurera que l'éducation des filles a la priorité qu'elle mérite, notamment dans le cadre de l'initiative « Fast Track » dirigée par la Banque mondiale.

5. Le renforcement des partenariats en faveur de la planification, de la coordination et des prestations de services. Cette mesure a pour but d'éviter la fragmentation des initiatives de planification et de mise en ouvre d'activités liées à l'éducation des filles. Par ailleurs, la coordination s'impose pour éviter le gaspillage et le dédoublement des efforts. Au niveau international, l'UNICEF utilisera sa participation à des partenariats pour mieux coordonner les efforts et traduire ces alliances en actions concrètes au niveau national. C'est dans le secteur des prestations de services que les partenariats sont surtout nécessaires.


 

 

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