Sénégal

Au Sénégal, le Directeur général de l'UNICEF s'exprime sur l'urgence de l'éducation pour tous

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Dans le quartier HLM de Dakar, la capitale sénégalaise, le Directeur général de l'UNICEF Anthony Lake soulève du sol un garçon tout sourire portant un t-shirt de l'UNICEF tandis que d'autres enfants observent la scène.

DAKAR, Sénégal, 18 mai 2010 –, Anta, 11 ans, rêve de devenir pédiatre. Elle va à l’école d’un quartier pauvre de Dakar et, en dépit des blocs de béton qui l’entourent, ou des murs des classes souillés par les eaux de crue, elle sait qu’elle a de la chance.

Car beaucoup de ses amies ne sont pas aussi privilégiées, a dit Anta à Anthony Lake, lorsque le Directeur général de l'UNICEF a visité son école hier. M. Lake se trouve cette semaine au Sénégal pour une conférence mondiale sur l'éducation des filles et l'égalité des sexes.

Combler les écarts entre les sexes

Ici, dans le quartier HLM, un quartier pauvre de la capitale du Sénégal, Dakar, de nombreux enfants sont obligés d'abandonner l'école pour travailler. Les filles sont les victimes, d'une manière disproportionnée, de ces difficultés économiques.

Anta a raconté à M. Lake l'histoire de son amie Aissatou, 15 ans, qui a dû quitter l'école après le décès de ses parents. Incapable de subvenir à ses besoins en étant à l'école, Aissatou est partie vivre avec sa grand-mère qui avait besoin d'aide pour les tâches domestiques.

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Anta, 11 ans, une élève d'un quartier pauvre de Dakar, au Sénégal, a parlé au Directeur général de l'UNICEF d'une fille qu'elle connaît qui a dû abandonner l'école pour faire le ménage chez sa grand-mère après le décès de ses parents.

« A présent, elle doit travailler chaque jour pour nettoyer la maison et faire la cuisine, » dit Anta en parlant de son amie. « Alors, elle ne peut plus venir à l'école. »

M. Lake a rencontré Anta et ses camarades de classe dans le cadre d'une visite d'écoles de Dakar où il participe à la conférence « Éducation pour l'égalité des sexes : engagement pour l'équité » organisée par l'Initiative des Nations Unies pour l'éducation des filles (UNGEI).

La conférence, d'une durée de trois jours, rassemble plus de 200 experts mondiaux avec, pour but, d'ouvrir la voie à plus de possibilités en faveur d'un enseignement de qualité et de mettre un terme à l'inégalité des sexes dans le monde entier. L'évènement marque aussi le 10ème anniversaire de l'UNGEI dont le coup d'envoi avait été donné par l'ex-Secrétaire général de l'ONU Kofi Annan lors du Forum mondial sur l'éducation de Dakar en 2000.

Les filles sont plus défavorisées

Au Sénégal, le cas d'Aissatou n'est pas inhabituel. Bien qu'environ 72 pour cent des filles et des garçons en âge d'être scolarisés dans le primaire soient inscrits dans les classes du primaire, la proportion de filles qui abandonnent l’école est bien plus élevée alors qu'elles atteignent l'adolescence. Seulement 18 pour cent des filles en âge d'être scolarisées dans le secondaire sont scolarisées dans des établissements d'enseignement secondaire par rapport aux 23 pour cent de garçons du même groupe d'âge. 

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Le Directeur général de l'UNICEF Anthony Lake rencontre plusieurs garçons d'une « daara » (école coranique) voisine qui prennent aussi des cours au complexe scolaire HLM 4 de Dakar, au Sénégal.

« Je vois beaucoup de filles qui viennent à l'école mais leurs familles les en retirent avant qu'elle n'aient passé leurs examens, » dit Penda Diop qui fait la classe aux 12-13 ans dans l'école d'Anta. « Dans notre culture, les filles sont souvent retirées de l'école quand leurs familles rencontrent des difficultés financières. Il est plus important pour les garçons que pour les filles de rester à l'école. »

M. Lake a également rendu visite à une école religieuse islamique, ou « daara ». Environ 50 000 enfants sénégalais font leurs études dans des écoles coraniques comme celles-ci.

Situé entre une voie rapide et un canal d'écoulement des eaux empli de détritus, le quartier HLM abrite 14 daaras dans des constructions en tôle et en bois. Les écoles dispensent un enseignement coranique aux jeunes élèves – appelés « talibés » - mais servent aussi à combler les lacunes là où l'enseignement officiel est absent. Le système peut cependant exposer les enfants à de mauvais traitements. Dans certaines daaras, les enseignants, appelés « marabouts », envoient les enfants mendier dans les rues, un spectacle habituel dans les rues de Dakar.  

Outre sa rencontre avec des enfants des écoles, M. Lake s'est entretenu avec le personnel d'une ONG appuyée par l'UNICEF, Samu Social, qui gère un refuge pour ex-enfants talibés. 

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Executive Director Anthony Lake accompanies several children during a visit to the HLM neighbourhood in Dakar, the capital.

« Une cascade d’effets positifs »

Depuis le Forum mondial sur l'éducation de Dakar en 2000, beaucoup de choses ont changé pour grand nombre d'enfants de la planète, a déclaré M. Lake lors de l'ouverture de la conférence de l'UNGEI. « Mais si les progrès se poursuivent au rythme actuel, » a-t-il souligné, « il y aura toujours environ 56 millions d'enfants en âge d'être scolarisés dans le primaire qui n'iront pas à l'école en 2015.  Plus de la moitié d'entre eux seront des filles et un grand pourcentage proviendra des minorités. »

« Cela est moralement indéfendable, » a dit M. Lake. « Nous savons que faire faire des études aux filles entraîne une cascade de répercussions positives. Une fille qui a été à l'école donne la possibilité de bâtir une société plus équitable dans laquelle les femmes risquent moins de se marier trop tôt ou d'être victimes de violences et ont davantage de chances de subvenir aux besoins de leur famille. »

A la suite de sa visite dans le quartier HLM de Dakar, M. Lake a aussi noté que les filles et les garçons qu'il a rencontrés faisaient preuve d'une résistance remarquable face à des conditions difficiles. « Partout où je vais, j'admire ces enfants qui sourient en toutes circonstances, » a-t-il dit.


 

 

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Site de l'Initiative des Nations unies pour l'éducation des filles
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