Coupe du Monde de la FIFA 2006

Les membres de l’équipe angolaise de Coupe du Monde soutiennent la campagne de vaccination des enfants

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© UNICEF Angola video 2006
Le buteur angolais Pedro Mantorras (à gauche) et le capitaine de l’équipe, Fabrice Akwa, font la promotion de la prochaine campagne de vaccination dans des messages d’intérêt public diffusés à la télévision nationale.

Par Brigitte Stark-Merklein

LUANDA, Angola, 21 juin 2006 – La passion du football a atteint ici des sommets avec la Coupe du Monde 2006 de la FIFA et les joueurs vedettes de l’équipe d’Angola sont devenus des modèles de réussite pour toute la population, lui inspirant un sentiment de succès apprécié à sa juste valeur après les années de guerre qui ont ravagé le pays.

Mais un début réussi en Coupe du Monde n’est qu’un des nombreux objectifs que le pays s’est fixés.

Début juillet, le gouvernement lancera une campagne intensive pour libérer l’Angola des maladies mortelles dont sont victimes les enfants. Des joueurs vedettes comme Akwa, Mantorras, Lebo Lebo et Jamba ont déjà commencé à apparaître à la télévision pour encourager la population à participer à cette campagne de vaccination.

Carton rouge pour la rougeole

Ces spots télévisés utilisent le terrain de football comme métaphore, montrant les buteurs vedettes battant la polio, des filets de but servant de moustiquaire et la rougeole recevant un carton rouge pour faute grave.

Ces messages télévisés parrainés par la Fédération angolaise de football sont « un exemple parfait de la manière dont le sport, en particulier le football, peuvent être utilisés comme bases de mobilisation sociale, » déclare Jose Paulo de Araujo, le responsable chargé de la communications pour les programmes de l’UNICEF en Angola. « Ces joueurs sont des modèles pour les hommes et les femmes de tous les âges et ont la capacité de convaincre les parents de faire vacciner leurs enfants. »

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© UNICEF Angola/2006/Stark-Merklein
Lucrécia Sakwila et son fils atteint de paludisme à l’hôpital de Luena, province de Moxico, Angola.

Baptisée « Viva a Vida com Saúde » (Vivez une vie saine), cette campagne nationale sera menée entre le 5 et le 26 juillet et permettra de vacciner plus de 3,6 millions d’enfants de moins de cinq ans contre la rougeole et la polio.

Les enfants recevront des suppléments de vitamine A et des vermifuges afin d’améliorer leur état nutritionnel et de renforcer leur résistance à la maladie. On distribuera également 800 000 moustiquaires pour protéger contre le paludisme, la maladie qui tue le plus d’enfants en Angola.

Le retour de la polio

Bien que l’Angola n’ait pas rapporté de cas de polio depuis novembre 2005, l’urgence de la campagne est soulignée par la réapparition soudaine début juin de cette maladie dans des pays voisins : la Namibie et la République démocratique du Congo. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, le virus concerné pourrait provenir d’Angola.

Cette campagne de vaccination fait partie d’un plan stratégique du gouvernement visant à atteindre deux des Objectifs de développement du Millénaire : la réduction de la mortalité maternelle et celle des taux de mortalité des moins de cinq ans.

Ces taux sont aujourd’hui en Angola parmi les plus élevés du monde : le risque de décès maternel sur la vie entière est de 1 sur 7, comparé à 1 sur 29 800 en Suède; le taux de mortalité infantile pour les moins de cinq ans s’établit à 260 pour 1000.

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Des agents de mobilisation sociale discutent de la logistique de la campagne de vaccination pour la province de Moxico.

Une campagne complexe

Loin du bruit qui entoure le déroulement de la Coupe du Monde 2006 de la FIFA, des équipes d’agents de mobilisation sociale et de travailleurs de la santé se sont récemment réunies dans chacune des 164 municipalités des 18 provinces de l’Angola pour discuter de la logistique de la campagne à mener.

À Luena, l’une des capitales provinciales, des planificateurs enfermés jusqu’à une heure avancée de la nuit dans la salle de réunion étouffante d’une bâtiment administratif ont passé des heures à taper des chiffres sur des calculatrices. Ils calculaient le nombre d’agents de mobilisation et de vaccinateurs requis, les distances à parcourir, les quantités de seringues, de doses de vaccin, de boules de coton hydrophile et finalement, bien sûr, le nombre d’enfants à vacciner.

« J’ai participé à toutes les campagnes de vaccination que le pays a connues au cours des dernières années, mais aucune n’était aussi complexe, » déclare Vitorina Soi Mariano qui travaille à la Direction provinciale de la santé. « Par exemple, on ne peut pas se contenter de distribuer les moustiquaires, explique-t-elle, on doit également expliquer aux gens comment s’en servir correctement. »

Footballeurs et champions de la vaccination

Une visite à l’hôpital de Luena illustre l’urgence d’une action de prévention du paludisme. « Pendant la saison des pluies, de septembre à mars, nous admettons environ 30 cas de paludisme par jour, » raconte Martins Matchica, le chef du Service des urgences. « À peu près 80 pour cent d’entre eux concernent des enfants de moins de cinq ans. »

Ismaël Gabriel, âgé de quatre mois, a eu de la chance. Sa mère de 19 ans, Lucrécia Sakwila, l’a amené au Service des urgences aussitôt qu’il a commencé à avoir de la fièvre, de la diarrhée et à vomir, les symptômes typiques du paludisme. Il est à l’hôpital de Luena depuis une semaine et commence finalement à se rétablir. Sa mère dit qu’il n’a jamais dormi sous une moustiquaire.

« Ce sont des gens comme Madame Sakwila que nous voulons toucher, dit M. Araujo d’UNICEF Angola, et nous ne pouvons pas avoir de meilleurs champions de cette cause que les vedettes du football. »


 

 

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