Coupe du Monde de la FIFA 2006

Thamamoun Vejakul, 14 ans, trouve dans le football le moyen d’échapper à ses persécuteurs en Thaïlande

Image de l'UNICEF: UNICEF image Thailand Thamanoon and team
© UNICEF Thailand/2006/McBride
Thamamoun (en bas à droite) et ses équipiers posent pour la photo.

Au moment ou la Coupe du Monde de la FIFA 2006 démarre, l'UNICEF et la FIFA font campagne pour assurer un monde en paix pour les enfants. Ceci est le profil d'un des joueurs phare de l'équipe de l'UNICEF.

Par Rob McBride

Khao Lak, Thaïlande – Sous une pluie battante, Thamamoun et ses coéquipiers se mettent en file comme de coutume avant de monter sur le terrain et d’aller serrer la main de leurs adversaires avant le début du match.

« Ils ne sont pas si bons que ça », lance-t-il. Il ne s’attend pas à un match difficile. Cela n’empêche pas l’entraîneur de donner ses dernières instructions d’une voix ferme et tous ont l’intention de se donner à fond.

Comme le reste de l’équipe, Thamamoun, 14 ans, prend le football très au sérieux. Pour ce jeune à l’adolescence troublée, le foot est plus qu’un sport. C’est une façon d’échapper à un mode de vie qui ne le menait nulle part.

Ses ennuis ont commencé à son ancienne école, une pension d’Etat où il était le souffre-douleur d’autres enfants.

Image de l'UNICEF: UNICEF image Thailand Thamanoon and team
© UNICEF Thailand/2006/McBride
Thamamoun brandit le ballon, avec ses équipiers derrière lui.

Un comble de malchance

« Je pensais que ça lui ferait du bien d’aller dans cette école, explique sa mère, Jinda Vejakul. Mais on se moquait de lui et on lui a volé tout ce qu’il possédait, jusqu’à son uniforme. Il ne lui restait que ses sous-vêtements. »

Elle l’a retiré de cet établissement et l’a inscrit à l’école de Baan Bang Muang, tout près de chez lui, à Khao Lak, dans le sud de la Thaïlande.

Peu après, cependant, la mort de son père dans un accident de travail est venue s’ajouter aux problèmes de Thamamoun. A présent, il doit participer aux tâches ménagères tout en faisant de menus travaux pour gagner un peu d’argent pour le ménage. Et comble de malchance, un gang de motards l’a pris pour cible et a voulu le forcer à rejoindre leurs rangs.

C’est alors que Thamamoun a découvert la magie du football.

« J’ai toujours aimé le foot, s’exclame-t-il. Mais je me suis rendu compte que je pouvais m’en servir comme excuse quand cette bande a voulu que je me joigne à elle. Si je leur disais que je jouais au foot, ils me fichaient la paix. »

Image de l'UNICEF: UNICEF image Thailand Thamanoon and team
© UNICEF Thailand/2006/McBride
BUT ! L’un des trois buts que l’équipe de Thamamoun a marqués, remportant ainsi la victoire.

Le foot offre des modèles de vie

Depuis qu’il joue comme milieu de terrain pour l’équipe de l’école, sa vie a changé. « Quand je joue au foot, je suis heureux. Je peux oublier ce qui me trouble ou me stresse. »

Son professeur, Nathanee Limsakul, est du même avis. « Le foot est une activité géniale. Il offre une alternative aux gangs », dit-elle, et elle ajoute qu’elle a remarqué une amélioration chez l’adolescent.

Grâce au foot, Thamamoun a trouvé la force de résister aux membres du gang quand ils se sont attaqués à d’autres adolescents. Récemment, il est intervenu pour les empêcher de tyranniser un garçon plus jeune que lui. « Je sais que je n’aimerais pas ça et que je voudrais que quelqu'un intervienne comme je l’ai fait », explique-t-il.

Mais surtout, le foot offre des modèles de vie autres qu’une bande de motards. « Dans l’équipe, il y a d’autres garçons et les entraîneurs sont des hommes plus âgés, explique Mme Limsakul. Il peut parler avec eux de choses dont il n’aimerait pas parler avec sa mère. »

En cette après-midi pluvieuse, ce n’est pas le moment de discuter, car les garçons de l’école de Baan Bang Muang se sont mis en devoir de démolir leurs adversaires. Au cours d’un match où l’action se déroule entièrement du côté de l’équipe adverse, ils finissent par l’emporter trois buts à zéro, avec le numéro 14 Thamamoun au centre de l’action.

Pour cet adolescent fou de foot,  dont l’équipe favorite est Arsenal, la seule chose qui comptait, c’était de lancer ses attaquants. « C’est super quand je permets aux avants de marquer. Ca me rend vraiment heureux. »


 

 

Vidéo (en anglais)

Reportage du correspondant de l’UNICEF Rob McBride sur Thamamoun Vejakul, un footballeur de 14 ans en Thaïlande.

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