Base de données d'évaluation

Evaluation report

2012 Global : évaluation interorganisations en temps réel de la réponse humanitaire au séisme en Haïti (20 mois après)



Author: Silvia Hidalgo, avec le soutien de Marie Pascale Théodate

Executive summary

Le contexte :

Ce rapport résume la seconde phase de l'évaluation interorganisations en temps réel (IA-RTE) de la réponse humanitaire au séisme en Haïti, vingt mois après la catastrophe. OCHA a conduit l'évaluation, avec l'UNICEF comme membre de son groupe d'encadrement de l'évaluation. Haïti est le pays le plus pauvre de l'hémisphère occidental, avec 72 pour cent de sa population vivant avec moins de deux dollars américains par jour, et une forte incidence de l'inégalité des revenus. Le 12 janvier 2010, un tremblement de tere d'une magnitude de 7,0 sur l'échelle de Richter a frappé le  pays, dévastant la capitale, Port-au-Prince, et différentes zones dans les départements de l'Ouest et du Sud-Est. On estime que 230 000 personnes ont perdu la vie ; 300 000 autres ont été blessées et plus d'un million de personnes se sont retrouvées sans abris. En réponse, la communauté interationale a organisé une aide humanitaire d'urgence massive  et 55 donateurs institutionnels ont promis un montant total de 4,59 milliards de dollars É.-U. en subventions pour 2010 et 2011 pour la reconstruction du pays.

Objet / Objectif :

Compte tenu de l'ampleur de la catastrophe et de la réponse subséquente, le Comité permanent interorganisations (CPI) a lancé une IA-RTE multi-phases pour le pays afin d'évaluer la réponse, informer les décideurs, tirer les leçons et autoriser les corrections à apporter en temps réel. Une première phase séparée IA-RTE a été mise en oeuvre trois mois après la catastrophe et évalué les problèmes de coordination de la réponse immédiate. La phase actuelle a essayé : (a) d'évaluer et tirer les enseignements de l'action en cours, avec une attention toute particulière à la coordination entre les différents acteurs en présence, (b) d'examiner les options pour relier les structures de l'action humanitaire au long terme et/ou aux mécanismes gouvernementaux établis et (c) d'analyser dans quelle mesure les constatations et les recommandations de la première phase ont permis l'évolution de l'action humanitaire en Haïti.

Méthodologie :

L'équipe d'évaluation a mené l'évaluation entre août et octobre 2011. Celle-ci a débuté avec une mission initiale de terrain de trois semaines. Ce travail de terrain a ensuite été suivi de comptes rendus (debriefings) et de rencontres en Haïti et à New York. Un atelier portant sur les constatations préliminaires de l'évaluation s'est tenu à Port-au-Prince préalablement à l'atelier de Procédure d'appel commun (CAP) 2012. Des entretiens individuels ont été conduits avec plus de 250 personnes appartenant aux institutions haïtiennes, aux agences internationales ou même avec des individus ou des groupes des communautés affectées. Un compte rendu pour les membres du CPI a eu lieu à New York et Genève.

Constatations et conclusions :

L'évaluation a conclu que les progès décisifs de l'action humanitaire ont été : l'intégration de mesures de préparation aux catastrophes ; une réponse efficace dans les camps où les populations sont largement débarassées du risque de choléra ; des progrès récents dans le déblaiement des gravats ; la mise en oeuvre d'approches de quartier intégrées ; et des progrès dans l'amélioration de l'approvisionnement en eau et de l'assainissement  sur le long terme. Les principales insuffisances concernent : les solutions durables ; les moyens de subsistance ; le logement ; les moyens de communication ; et la fourniture d'une aide continue pour répondre aux besoins restants. L'évaluation a également identifié de nombreuses zones où la collecte de données, l'analyse des besoins, les consultations et la communication, l'action interorganisations, et l'action menée avec le gouvernement  ont besoin d'être renforcés afin que les progrès obtenus ne soient pas perdus au moment où les agences humanitaires entament leur retrait progressif. La réponse en Haïti a été bien plus coûteuse que dans d'autres urgences récentes (par exemple, le Pakistan, le Sri Lanka) et a de loin dépassé les estimations initiales, avec le report de projets excédant de 2,5 à 3 fois les coûts estimés. La phase de transition est  en vue mais elle nécessite une vision, une stratégie, un plan, et d'un leadership.  Il est nécessaire de définir et de comprendre les nouveaux rôles et de clarifier les responsabilités dans le mouvement vers la transition et le développement.

Recommandations :

les recommandations globales suivantes (accompagnées d'une série de sous recommandations non listées ici) visent à fournir des éclaircissements sur la manière dont les besoins humanitaires continuels et d'urgence peuvent être satisfaits au moment où se met en place cette transition.

1. Un engagement accru avec le nouveau gouvernement et la société haïtienne pour clarifier et comprendre les nouvelles priorités, les objectifs et les stratégies, et mieux adapter la réponse et l'action collective.
2. Réformer et rationaliser la coordination pour favoriser l'intégration, faire avancer les préoccupations humanitaires et lier l'action humanitaire aux autres phases ou "catégories" (récupération, la reconstruction et le développement) et les décideurs dans le cadre d'une réponse globale ;
3. rationaliser et faire évoluer le système des groupes en Haïti ;
4. envisager des financements, leur coût et leur efficacité ; et
5. Soutenir le renforcement des capacités et conserver les capacités dans les zones prioritaires.



Full report in PDF

PDF files require Acrobat Reader.


 

 

Report information

Recherche