Syrian Crisis

Deux ans après le début du conflit, la République arabe syrienne est sur le point de perdre une génération d’enfants à la violence

«Des millions d'enfants à l'intérieur de la Syrie et dans la région assistent à la disparition de leur passé et de  leur avenir, parmi les décombres et la destruction de ce conflit prolongé. »

- Anthony Lake, Directeur général de l'UNICEF

Télécharger le rapport sur la crise : Les enfants syriens : une génération perdue ?

Par Priyanka Pruthi

NEW YORK, États-Unis d'Amérique, 12 Mars 2013 - Au cours des deux dernières années, le monde a vu exploser la crise en République arabe syrienne. Vingt-quatre mois de chaos et de conflit ont coûté des milliers de vies, dont celles de nombreux enfants.

L'attente d'une solution politique semble sans fin. Elle a déchiré ce pays et est sur le point de le faire perdre une génération à la violence.

© UNICEF VIDEO
La crise dans la République arabe syrienne entre dans sa troisième année et a mené le pays à un stade où il est sur le point de perdre une génération à la guerre. Regarder dans RealPlayer

Une génération perdue?

« Des millions d'enfants à l'intérieur de la Syrie et dans la région assistent à la disparition de leur passé et de  leur avenir, parmi les décombres et la destruction de ce conflit prolongé,  a déclaré le Directeur général de l'UNICEF Anthony Lake. Alors qu’ils perdent leur enfance. . . que leur droit d'être des enfants leur est retiré. . . leur manière de voir leurs voisins est influencée. Ceci peut créer des générations futures empêtrées dans la perpétuation de la violence, ce qui a des implications pour la région. »

Alors que le conflit échappe à tout contrôle, les infrastructures de base et les services publics sont systématiquement détruits. Les centres de santé ont été endommagés, l'eau potable est rare, et le système éducatif est proche de l'effondrement complet. L'UNICEF estime qu'une école sur cinq a été détruite ou est utilisée en tant que refuge. De nombreux enfants ne vont plus à l'école depuis près de deux ans.

La guerre a touché tout le pays et n’a laissé à de nombreux Syriens d'autre choix que de fuir. Chaque jour, les familles sont de plus nombreuses à franchir les frontières pour échapper aux violences qui s'accélèrent. Un million de personnes ont déjà fui leurs maisons pour les pays voisins. Imaginez-vous tous les habitants de Helsinki fuyant en d’un coup.

Les pays voisins, dont l'Egypte, l'Irak, la Jordanie, le Liban et la Turquie, subissent la pression de l'afflux de réfugiés.  

Une crise des enfants

Ted Chaiban, Directeur des programmes d'urgence de l'UNICEF, a voyagé à l'intérieur de la République arabe syrienne le mois dernier. Il dit qu'il est difficile de décrire les scènes et les conversations déchirantes qu'il a eues avec les familles rencontrées. «J'ai rencontré des enfants qui entendaient des bruits de bombes et de tirs à moins d'un kilomètre de chez eux, rapporte-t-il, ils vivaient dans des abris pour personnes déplacées à 12 dans une chambre avec leurs familles et quelques possessions--juste les vêtements qu’ils avaient sur le dos et quelques bâches en plastique sur les fenêtres. »

Image de l'UNICEF
© UNICEF/NYHQ2012-0209/Romenzi
En janvier 2012, un garçon est secouru après avoir reçu une balle dans le pied dans un village ou sévit le conflit.

« Ces enfants ont été témoins de violence contre leurs familles, et ils ont été l'objet de violences eux-mêmes."

Les enfants sont ceux qui payent le plus lourd tribut au conflit. Sur les quatre millions de personnes touchées dans le pays, près de la moitié sont des enfants. Ces enfants sont confrontés à d'énormes dangers chaque jour. Ils sont pris pour cible, tués, mutilés, victimes de violence, torturé - et rendus orphelins

Efforts héroïques

DAu cours de sa visite, M. Chaiban a été frappé par la résistance du peuple syrien. "La première réponse à la crise est venue des familles et des communautés syriennes, explique-t-il. Le courage de ces familles et de ces associations de quartier qui se sont formées pour répondre au conflit m'a vraiment frappé.  De nombreux jeunes de 20 à 22 ans se sont mobilisés pour prendre soin d’eux- même et de leur peuple. »

En dépit des circonstances dangereuses et la situation désespérée, les travailleurs humanitaires ont eux aussi risqué leur vie pour atteindre ceux dans le besoin. Un nouveau rapport publié par l'UNICEF met en lumière les efforts déployés pour aider les enfants syriens à l'intérieur et à l'extérieur du pays dans des domaines tels que la santé, l'eau et l'assainissement, la nutrition et l'éducation.

Dans la République arabe syrienne, l'UNICEF et ses partenaires ont vacciné 1,3 million d'enfants contre la rougeole, quatre millions de personnes ont reçu  de l'eau potable, et plus de 421.700 enfants et femmes ont accès à des services de santé de base.

Les mains liées

Mais le manque d'accès au sein de la République arabe syrienne et le manque de financement sont les principaux obstacles auxquels font face la communauté humanitaire. « La Syrie est un environnement opérationnel très difficile, explique M. Chaiban. Nous avons des contraintes de sécurité très importantes, et de grandes difficultés à négocier l'accès. Nous faisons vraiment de notre mieux—nous traversons les lignes, partout où sont les enfants, les femmes et les gens dans le besoin, mais les ressources ont été difficiles à mobiliser pour cette crise.»

Image de l'UNICEF
© UNICEF/NYHQ2012-0570/Romenzi
Ces personnes tentent de franchir la frontière pour se réfugier en Turquie. La crise des réfugiés grandit chaque jour, mais l'UNICEF prévient que ses efforts d’aide aux Syriens sont menacés par la grave pénurie de financement.

L'UNICEF n'a reçu que 22 pour cent des UDS 68,4 millions nécessaires, un manque qui aura une incidence sur la capacité de l'organisation à effectuer des campagnes de vaccination à grande échelle, à faciliter l'accès à l'eau potable et à  intensifier le soutien psychosocial pour les enfants.

« L'UNICEF, comme tous nos partenaires de l'ONU et en-dehors, a besoin d’un financement d'urgence – ou la possibilité de fournir ces services qui sauvent des vies sera remise en question, rappelle M. Lake. Nous ne pouvons répondre aux besoins croissants que si des ressources suffisantes sont mises à disposition. »

« N’oubliez pas l’enfant syrien »

La communauté internationale a travaillé pendant deux ans pour sauver les enfants syriens d’un avenir irrémédiablement endommagé. Et, tandis que la solution ultime à la crise est certainement politique, le monde peut faire beaucoup pour rendre l’attente de la fin de la guerre moins douloureuse pour les millions qui souffrent et sont sans défense.

« N’oubliez pas l’enfant syrien - N’oubliez pas qu'il s'agit d'un enfant qui, il y a juste 22 mois, allait à l'école, jouait avec ses amis, vivait dans sa maison, rappelle M. Chaiban. C’est  maintenant un enfant qui, sans aucune faute de sa part, est déplacé, a été témoin des conflits et de la violence - et a besoin de votre soutien. »


 

 

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