Soudan

L'UNICEF accélère ses opérations en faveur de la survie de l'enfant alors que le Sud-Soudan se tourne vers la reconstruction

Image de l'UNICEF
© UNICEF Sud-Soudan/2010/Swangin
Un jeune enfant est pesé à l'hôpital principal de l'État de Bhar El Ghazal, au nord du Sud-Soudan.

Le référendum au Sud-Soudan sur l'indépendance se poursuit durant la semaine alors que sa population se tourne vers la reconstruction après des années de conflits. Voici un reportage sur le sujet.

Par Bismarck Swangin

JUBA, Sud-Soudan, 12 janvier 2011 – C'est presque l'aube à l'extérieur de l'hôpital pour enfants El Shabbah de Juba, où un groupe de femmes attendent patiemment qu'on les laisse entrer. Aussitôt après le lever du soleil, leur patience est récompensée alors que l'hôpital se met en branle comme une machine bien huilée. 

En une succession rapide, le courant électrique est branché dans toutes les salles et tous les bureaux, la pharmacie de l'hôpital ouvre ses portes et les médecins commencent à prendre les enfants en consultation.   

Mais, selon le responsable de l'établissement, le Dr Justin Tongun Bruno, les choses n'ont pas toujours aussi bien fonctionné. « Il y a seulement cinq ans, tout cet endroit a été mis à sac », dit-il. « Ici, il n'y avait rien ».

« Les choses vont beaucoup mieux »

Juba, qui était une ville de garnison pour les troupes des Forces armées du Soudan du nord, a été profondément marquée par plus de deux décennies de guerre civile entre le nord et le sud. Ses infrastructures médicales ont été réduites à un strict minimum.

Le Dr Tongun et son équipe sont arrivés aussitôt après l'accord de paix qui, en 2005, a mis un terme à la guerre. Ils ont entamé la tâche difficile de reconstruction de l'hôpital. Au bout de cinq ans, grâce au dur travail du personnel, aidé par différentes organisations pour le développement, dont l'UNICEF, la situation a de toute évidence changé.

«Il y a toujours beaucoup de chose qui ont besoin d'être améliorées », constate le Dr Tongun. « Parfois l'électricité s'arrête et le nombre de lits est limité mais, dans l'ensemble, les choses vont beaucoup mieux ».

Au milieu de la matinée, une jeune mère du nom d'Elizabeth Muria est en train d'attendre dans un des bureaux de consultation médicale avec son fils de trois ans dans les bras, Tindi John. C'est déjà sa troisième visite à l'hôpital pour une série d'examens et de soins post-natals.

Tindi est le premier bébé d'Elizabeth Muria et elle est trop jeune pour se souvenir d'un autre type de prise en charge médicale fonctionnant dans la partie de Juba où elle habite. « Je suis très satisfaite », dit-elle avec enthousiasme. 

Le rôle essentiel de l'UNICEF

Il n'y a peut-être pas de logos ou d'affiches de l'UNICEF en vue mais le travail de l'agence a été essentiel pour le développement de l'hôpital et des divers dispensaires dans toute la région. L'examen de Tindi est l'une des premières étapes d'une indispensable « Initiative accélérée pour la survie de l'enfant » établie par l'UNICEF et les responsables de la santé du Sud-Soudan.

« Le but est très clair », dit le Dr Romanus Mkerenga, Responsable sur place du Programme de santé et de nutrition de l'UNICEF. « Pour l'instant, les indicateurs concernant la santé dans l'ensemble de la région sont très mauvais. Mais nous allons faire tout ce que nous pouvons ».

L'UNICEF travaille avec des partenaires, des ONG et l'état, pour mettre en oeuvre des programmes  de « relance » destinés à faire se déplacer ces indicateurs de santé dans la bonne direction – tout, de la mortalité infantile à la vaccination. La plupart des indicateurs ont déjà commencé à s'améliorer à l'hôpital El Shabbah qui offre une gamme de prestations, dont la vaccination contre la polio et la rougeole, des comprimés vermifuges, des compléments en vitamine A et l'encouragement de l'allaitement au sein.    

Prise en charge étendue

Parallèlement, des projets sont en place pour utiliser la même approche accélérée pour la distribution de moustiquaires imprégnées d'insecticide et combattre le paludisme dans le Sud-Soudan. Ce travail a commencé dans certains secteurs mais le financement est l’un des problèmes. 

« Nous avons pour but de donner au moins deux à trois moustiquaires par foyer et c'est donc un programme important », dit le Dr Mkerenga, de l'UNICEF.

L'UNICEF a également collaboré avec le ministère de la Santé du Sud-Soudan en l'aidant à établir une nouvelle politique de santé et en faisant venir des consultants et des experts pour développer des secteurs de prise en charge bien spécifiques. « De nombreuses façons », observe le Dr  Mkerenga, « l'UNICEF est un soutien essentiel pour les soins de santé au Sud-Soudan ».


 

 

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