Soudan

Au Darfour, en plein chaos, le Représentant de l’UNICEF au Soudan perçoit des possibilités encourageantes

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Le Représentant de l’UNICEF au Soudan, Ted Chaiban, s’entretient avec des habitants de la région de Jabal Mara, sous contrôle rebelle, au sud du Darfour.

Par Amy Bennett

NEW YORK, Etats-Unis, 14 mars 2007 – Le Représentant de l’UNICEF au Soudan, Ted Chaiban, est récemment revenu du Darfour, une des régions du pays où il a observé directement la réalité de la vie dans les camps pour les enfants et les familles déplacées qui ne peuvent pas regagner leurs foyers à cause du conflit.

M. Chaiban affirme qu’il a vu des camps emplis à leur capacité maximum, entre 50 000 et 100 000 personnes. La difficulté est aujourd’hui de trouver d’autres endroits pour davantage de personnes déplacées ayant besoin d’abri, de nourriture et d’eau ainsi que des soins médicaux de base, a-t-il dit. 

«La solution, c’est la relance du processus de paix, observe M. Chaiban. L’ONU et l’Union africaine ont uni leurs forces et se trouvent de nouveau ensemble aux côtés des partis afin de trouver une solution politique. Il est absolument essentiel que cette relance se fasse maintenant parce que  nous ne pouvons tout simplement plus absorber davantage de personnes déplacées.»

Défis pour le personnel humanitaire

«Au Darfour, la situation est très difficile pour le personnel humanitaire, poursuit M. Chaiban. Je pense que nous devrions être très fiers d’avoir gardé le cap, d’avoir maintenu les taux de dénutrition et mortalité à un niveau bas, d’avoir réussi à vacciner autant d’enfants et d’avoir pu scolariser les enfants dans les camps.»

L’aide humanitaire a été interrompue récemment dans certains camps pour des questions de sécurité. M. Chaiban a souligné que la population, dans les camps, vit dans la peur, particulièrement la nuit, et passe les journées à des activités élémentaires de survie : collecte de l’eau, de la nourriture et maintien de l’unité des familles.

Mais au fur et à mesure que la stabilité s’installa dans les camps, leurs occupants ne veulent pas que l’on diminue leur autonomie; ils veulent être capables d’améliorer leurs vies et celles de leurs enfants. Et ceci, également, constitue un défi.

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Des enfants au Darfour rassemblés pour saluer des responsables de l’UNICEF effectuant une visite dans leur camp.

Continuer l’éducation des enfants

L’idée d’une scolarisation des enfants dans les camps peut paraître un luxe dans une situation où la nourriture, l’eau et le logement sont des denrées rares. Mais, pour les jeunes déplacés du Darfour, l’UNICEF tente de faire de cette tragédie l’occasion d’améliorer les choses.

« Il y a plus d’enfants que jamais aujourd’hui à l’école, et même davantage que durant la période précédant le conflit », affirme M. Chaiban.

Grâce aux efforts de l’UNICEF et de ses partenaires, beaucoup de ces enfants sont en train d’achever le CM2, leur dernière année d’enseignement primaire. Ils se rendent dans des écoles rudimentaires faites d’une structure en acier recouverte de chaume. Mais ce sont des écoles qui fonctionnent. Beaucoup d’enfants sont aujourd’hui impatients de passer leurs examens pour entrer dans l’enseignement secondaire.

Une occasion unique pour le Sud du Soudan

Alors que le Darfour fait les gros titres de l’actualité et que le conflit et la situation dans les camps demeurent les questions prioritaires, on observe des développements positifs au sud du Soudan qui, selon M. Chaiban, ne sauraient être sous-estimés. Ceux-ci ont fait suite à l’accord de paix de janvier 2005 entre le nord et le sud du Soudan qui a officiellement mis fin à ce qui a été, avec une durée de plus de deux décennies, la plus longue guerre civile d’Afrique.

«L’une des plus belles choses que j’ai vues, dit-il, est une famille déplacée revenant de son exode au nord du Soudan. Quand ces gens sont arrivés, ils avaient leurs possessions sur leur dos et tout se déroulait comme une réunion de famille. C’est très beau à voir. Et c’est une chose rendue possible par le processus de paix. Et nous participons à tout cela.»  

«Nous disposons d’une occasion qui ne produit qu’une fois au cours d’une génération pour une population qui a subi un conflit pendant vingt ans, a vécu le sous-développement pendant cinquante ans et qui dit ‘Vraiment,  trop c’est trop. Il faut aller de l’avant pour construire un avenir meilleur’ ».


 

 

Vidéo (en anglais)

13 mars 2007:
Le Représentant de l’UNICEF au Soudan, Ted Chaiban, parle de sa récente visite dans les camps pour personnes déplacées au Darfour. Reportage de la correspondante de l’UNICEF, Amy Bennett.
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