Afrique australe - Pays en crise

Zimbabwe

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Cette carte ne reflète pas une position de l’UNICEF sur le statut légal des pays et territoires représentés ou sur la délimitation de leurs frontières.

Le Zimbabwe est le pays le plus durement touché de la région, et des centaines de milliers d'enfants ont particulièrement besoin d'aide à cause de la crise humanitaire provoquée par l'aggravation des pénuries alimentaires. Plus de six millions de Zimbabwéens, soit la moitié de la population, sont en danger.

  • 600 000 enfants ont besoin d'actions nutritionnelles ciblées et la malnutrition chronique est très répandue.
  • Les services sanitaires sont de plus en plus difficiles d'accès et les quantités de médicaments de première nécessité sont insuffisantes.
  • 1 700 000 personnes, dont 408 000 femmes et 935 000 enfants, n'ont pas accès à des installations d'approvisionnement en eau potable ou d'assainissement.
  • Sept districts ont connu des épidémies de choléra, en grande partie par manque d'eau salubre et d'installations permettant l'évacuation salubre des excréments et à cause d'une mauvaise hygiène. Ces épidémies risquent de gagner d'autres régions.
  • 150 000 enfants ont désespérément besoin d'être mis à l'abri de la violence, de la maltraitance et de l'exploitation.
  • 600 000 enfants sont orphelins du VIH/SIDA et quelque 2,2 millions de personnes (soit 30 pour cent de la population adulte) vivent avec le VIH/SIDA.

Il y a de nombreuses raisons à cela, toutes complexes et interdépendantes. Elles découlent essentiellement de choix politiques et de conditions économiques, ainsi que de phénomènes naturels comme la sécheresse et la pandémie de VIH/SIDA. Tous ces facteurs s'additionnent, l'aggravation de la crise alimentaire ayant un effet multiplicateur sur les problèmes préexistants.

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Sous la surveillance de Mavis, 13 ans, (à gauche), capitaine de l'équipe chargée du bon fonctionnement de la pompe de l'école, des enfants remontent une pompe à main après en avoir inspecté le joint à l'école primaire de Mukombani, dans le district de Gor

Des problèmes de nature politique, comme l'instabilité macroéconomique, ont eu une grande influence sur la crise. Parmi les causes fondamentales de la situation actuelle figure la politique gouvernementale de contrôle des prix et des changes, le programme de redistribution rapide des terres, qui a sérieusement endommagé l'un des secteurs économiques les plus productifs (à savoir l'agriculture) et reste l'une des causes principales du déclin économique, et le monopole de l'organisme de droit public pour le marché des céréales qui décide de l'importation et du prix des céréales et de la farine de maïs.

Dans le passé, les gens qui avaient de l'argent pouvaient simplement se rendre au marché pour acheter de la farine de maïs ou d'autres produits quand ils tombaient à court de réserves, mais ce n'est plus possible à présent. Une politique hostile au secteur privé a provoqué une pénurie de farine de maïs, dont l'offre est inférieure à la demande, en même temps que le prix des autres denrées alimentaires comme le riz a grimpé.

Cette année, les traditionnels mécanismes d'adaptation des Zimbabwéens se sont révélés insuffisants et ils comptent de plus en plus sur des stratégies de survie dangereuses et nuisibles comme le braconnage, la prostitution et le vol, qui à moyen terme auront des conséquences graves sur la population, les ressources naturelles et l'environnement. Il est d'ailleurs évident que ces mesures désespérées ne suffiront pas à garantir la survie des Zimbabwéens concernés.

Les capacités du gouvernement à gérer la crise se sont révélées insuffisantes face à la sécheresse dont les effets se sont ajoutés aux difficultés économiques générales, aux tensions avec les bailleurs de fonds et à la prévalence du VIH/SIDA.

Actions à entreprendre pour atténuer les effets de la crise actuelle

  • L'UNICEF cible près de 620 000 enfants et 100 000 femmes pour une assistance alimentaire dans les 19 districts les plus gravement touchés.
  • L'UNICEF et ses partenaires essaient de répondre aux besoins immédiats d'environ 450 000 personnes vulnérables dans les sept provinces les plus touchées en construisant ou en remettant en état des puits et trous de sonde creusés manuellement et en fournissant une assistance technique et une formation à la gestion des installations d'eau et d'assainissement aux collectivités et autorités locales.
  • En collaboration avec le gouvernement, les agences de l'ONU et des organisations non gouvernementales (ONG), l'UNICEF va accroître ses campagnes de mobilisation sociale afin de promouvoir une meilleure hygiène pour contrôler ou prévenir les épidémies de choléra et autres maladies diarrhéiques. De plus, des programmes de formation seront offerts au personnel sanitaire pour la détection rapide, le traitement et le recensement des cas de choléra.
  • En collaboration avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le gouvernement, l'UNICEF appuie des initiatives visant à contrôler ou prévenir la propagation de maladies évitables par la vaccination comme la rougeole, la polio et le tétanos du nouveau-né. Ils lancent des campagnes de vaccination accélérées pour les enfants de 6 mois à 6 ans dans les zones touchées, tout en offrant une formation supplémentaire à la planification et à la gestion des programmes de vaccination au personnel de santé.
  • La malaria est une cause majeure de décès au Zimbabwe. On estime à trois millions le nombre de personnes qui souffre d'au moins une crise de paludisme par an. En collaboration avec ses partenaires, l'UNICEF distribuera des moustiquaires traitées à l'insecticide et apprendra au personnel de santé et aux collectivités à s'en servir. L'UNICEF continuera également à fournir des médicaments antipaludiques aux centres de santé.
  • L'UNICEF, qui assume la présidence actuelle du Groupe thématique de l'ONU sur le VIH/SIDA, procédera à des évaluations périodiques, au repérage et à la surveillance des enfants et des familles vivant avec le VIH/SIDA. Les informations récoltées serviront à améliorer les initiatives de tous les organismes de mise en œuvre travaillant en partenariat dans la région, ce qui profitera à 600 000 enfants et à leurs familles.
  • L'UNICEF continuera à aider le ministère de l'Education, des Sports et de la Culture, les parents et les collectivités locales afin de garantir que les 58 000 enfants en âge scolaire dans les populations touchées ne souffrent d'aucune interruption dans leur éducation. La qualité de leur éducation bénéficiera de la fourniture aux centres d'apprentissage de matériel didactique et pédagogique approprié, en particulier les coffrets pédagogiques. Les centres pédagogiques recevront des conseils et une supervision professionnels.

Afin de couvrir les besoins énumérés dans l'Appel, l'ONU et ses partenaires réclament 285 112 870 dollars

ORGANISATIONS FAISANT APPEL

BESOINS (US$)

ORGANISATION DES NATIONS UNIES POUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE (FAO)

16,110,000

PROGRAMME DES NATIONS UNIES POUR LE DEVELOPPEMENT

3,768,330

FONDS DES NATIONS UNIES POUR L'ENFANCE

7,794,200

FONDS DES NATIONS UNIES POUR LA POPULATION

5,000,000

PROGRAMME ALIMENTAIRE MONDIAL

236,534,915

ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE

10,156,395

ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE/FONDS DES NATIONS UNIES POUR L'ENFANCE

2,968,000

INTER-COUNTRY PEOPLE'S AID

2,063,030

WORLD VISION ZIMBABWE

107,000

ORGANISATION POUR LE SOUTIEN ET LA PREVENTION DU SIDA AU ZIMBABWE

611,000

TOTAL GENERAL

285,112,870


 

 

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