Pakistan

Alors que la situation de crise persiste au Pakistan, l’eau et l’assainissement demeurent les besoins les plus urgents

Par Alistair Gretarsson

THATTA, Pakistan, 11 octobre 2010 – Cruelle ironie du sort pour cette population habitant dans les tentes de ces vastes camps créés à la suite des inondations qui ont dévasté le pays. Bien que l’eau ait endommagé et détruit près de deux millions d’habitations et affecté la vie de plus de 20 millions de personnes il y a à peine une semaine, c’est justement l’eau qui, aujourd’hui, manque le plus à ces personnes.

VIDÉO (en anglais) : La correspondante de l’UNICEF Anja Baron décrit les efforts de l’UNICEF dans l’approvisionnement en eau salubre et en services d’assainissement dans la zone des inondations au Pakistan..  Regarder dans RealPlayer

 

La situation d’urgence causée par les inondations au Pakistan est loin d’être finie. Même si les eaux se sont retirées de certaines zones et que des milliers de familles ont pu retrouver leur foyer, celles-ci trouvent souvent peu de choses ou rien du tout à leur retour. Entre-temps, l’UNICEF et ses partenaires travaillent à l’approvisionnement de services essentiels, notamment l’eau salubre et l’assainissement, pour ceux qui ne peuvent pas encore rentrer chez eux.

Des familles isolées

Shazia, 22 ans, mère de cinq enfants, est arrivée dans un camp à Thatta, une ville de la province de Sindh, au sud du Pakistan. Elle est venue avec son mari et ses enfants il y a plus d’un mois. Ils font partie des 153 000 personnes de la province de Sindh que l’UNICEF tente aujourd’hui d’approvisionner en eau salubre. Ici à Thatta, la famille reçoit de l’eau propre provenant d’un dispositif de traitement de l’eau soutenu par l’UNICEF.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Pakistan/2010/Zak
Une femme lave des vêtements sous le soleil écrasant de midi, dans le camp de Thatta, dans la province de Sindh au sud du Pakistan.

Assis les uns à côté des autres sur des petits lits de cordes et protégés du soleil uniquement par une fine bâche soutenue par des bâtons, Shazia, son mari Akbar et leurs enfants se mettent à l’abri de la chaleur accablante de midi.

« Les terres où nous habitions avant sont encore recouvertes d’eau qui arrive à la hauteur de mon épaule. Notre maison est tellement endommagée que nous ne pouvons pas y retourner, raconte Shazia. Je ne sais pas quand nous pourrons rentrer chez nous. »

Les familles dont les maisons sont encore inondées ou ayant subi des dégâts irréparables sont souvent les plus pauvres et les plus vulnérables. Celles-ci n’ont d’autre choix que de rester dans les camps, sur le bord de la route ou là où elles ont pu trouver refuge. Afin d’éviter la propagation des maladies, leurs besoins les plus urgents sont de l’eau propre, une bonne hygiène et un assainissement adéquat.

L’eau est essentielle

Les camps qui s’étendent autour de la ville de Thatta sont secs, poussiéreux et jonchés de détritus et de déchets provenant des milliers de personnes qui les habitent aujourd’hui. Dans ce paysage désert et aride, les tentes s’étendent à perte de vue, avec çà et là quelques signes épars de végétation. C’est la fin de l’été, et pourtant il y a encore des mouches partout et la chaleur est suffocante.

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© UNICEF Pakistan/2010/Zak
Femmes et enfants tirent de l'eau potable à Thatta, une ville située dans la province de Sindh qui a été touchée par les inondations. L’eau a été rendue propre par un dispositif de filtrage soutenu par l’UNICEF. Un réservoir d’eau souple se trouve au premier plan.

Des marelles sont dessinées au charbon dans les espaces exigus entre les tentes ; quelques familles entreprenantes vendent des objets artisanaux et des bracelets depuis leurs tentes transformées en magasin de fortune. Dans la plupart des tentes, les familles stockent le peu de choses qu’elles possèdent (en général des couvertures, quelques casseroles et les vêtements qu’elles portent sur elles).

Mais dans chacune des tentes, les objets les plus précieux sont les seaux, les jerrycans ou les bouteilles en plastique qui servent à stocker l’eau dont la vie de chacun dépend.

Depuis le début des inondations, l’UNICEF a distribué ces objets essentiels aux familles à travers le pays. Mais le vrai défi de cette situation d’urgence consiste à trouver l’eau pour les remplir : l’eau doit provenir de quelque part, et elle doit être propre.

Des millions de personnes ont été approvisionnées mais beaucoup sont encore dans le besoin

Ici à Thatta, l’UNICEF et ses partenaires ont créé un dispositif de traitement de l’eau pour nettoyer l’eau provenant du canal local. Les femmes et les filles font la queue devant cette mini-centrale plusieurs fois par jour pour remplir leurs conteneurs. Le dispositif permet d’acheminer l’eau traitée  vers trois grands réservoirs (d’énormes bidons en plastique souple) situés à des endroits stratégiques à travers le camp.

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© UNICEF Pakistan/2010/Zak
L’après-midi, à l’ombre, les enfants jouent aux billes entre les tentes où ils vivent avec leurs familles, dans la province de Sindh, au Pakistan.

Mais les gens qui se trouvent dans le camp sont dispersés sur une étendue très large, et beaucoup attendent encore de l’aide.

« Nous avons besoin de plus de réservoirs, » affirme Aftab Ahmed Tunio, qui travaille avec Muslim Aid, le partenaire non gouvernemental de l’UNICEF qui gère le dispositif de traitement de l’eau. « Ces femmes marchent un ou deux kilomètres, parfois trois ou quatre fois par jour, pour aller chercher de l’eau pour leurs familles. Nous devons faire en sorte que l’eau leur soit plus accessible, » affirme-t-il.

À travers les zones touchées par les inondations au Pakistan, l’UNICEF fournit de l’eau salubre à plus de 2,5 millions de personnes tous les jours. Mais il reste encore beaucoup à faire.

Alors que les eaux des crues se retirent, les fonds s’assèchent. À ce jour, l’UNICEF a reçu moins de la moitié de l’argent nécessaire pour soutenir son travail au cours des 12 prochains mois, et une large portion de cet argent était destinée à améliorer la situation en eau, assainissement et hygiène du pays. Pour éviter une seconde vague de souffrances au Pakistan, une aide d’urgence est nécessaire.


 

 

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