Pakistan

Les agents humanitaires s’efforcent de contrer les flambées épidémiques dans la zone d’inondation au Pakistan

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© UNICEF/NYHQ2010-1569/Zaidi
Un enfant dort sur un lit entouré par l'eau des crues devant sa maison du village de Khwas Koorona, situé dans la Province de Khyber-Pakhtunkhwa au Nord-Ouest du Pakistan. De 2,5 à 3,5 millions des habitants de la province ont été affectés par ces inondations catastrophiques.

NEW YORK, USA, 4 août 2010 – Alors que les efforts de secours d’urgence s’intensifient dans les provinces du nord-ouest du Pakistan qui ont été inondées par les pluies torrentielles cette semaine, une décrue s’opère petit à petit, et certaines des régions sinistrées sont enfin devenues accessibles. Le gouvernement pakistanais et ses partenaires humanitaires – y compris l’UNICEF – peuvent désormais évaluer l’ampleur de la crise qui a affectée plus de 3 millions de personnes, dont la moitié sont des enfants.

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Parallèlement, les prévisions météorologiques parlent de lourdes pluies la semaine prochaine. Le gouvernement a émis des alertes d’inondations dans de nombreuses régions du pays.

Le Dr. Mohammed Rafiq, spécialiste des programmes de l’UNICEF au Pakistan, est rentré aujourd’hui d’une visite auprès des communautés touchées à Peshawar, la capitale de la province nord-ouest de Khyber Pakhtunkhwa. « Personne ne se souvient avoir vécu une catastrophe de cette envergure, » déclare le Dr. Rafiq lors d’un entretien téléphonique avec UNICEF Radio.

La province de Khyber Pakhtunkhwa est la zone la plus touchée par les inondations : 2,5 millions de personnes ont été affectées rien que dans cette seule région.

Préoccupations concernant les maladies transmises par l’eau

Le Dr. Rafiq souligne que le prix de la nourriture avait déjà commencé à augmenter à la suite des inondations, car celles-ci ont ravagé de vastes terres agricoles. En réponse à la catastrophe, l’UNICEF au Pakistan a déjà distribué des biscuits à haute teneur énergétique à des milliers d’enfants.

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Un garçon porte une citerne remplie d’eau, dans un village touché par les inondations, dans la province de Khyber-Pakhtunkhwa, au Pakistan. Afin d’éviter les flambées épidémiques, l’UNICEF fournit des trousses d’hygiène, de l’eau potable, des seaux en plastique et d’autres services en eau et assainissement.

En plus des problèmes de nutrition, l’UNICEF et ses partenaires s’efforcent de contrer l’apparition de maladies telles que le choléra, la gale, la diarrhée et autres maladies qui se propagent facilement au sein de populations qui vivent dans des conditions insalubres et sans sources d’eau potable.

Les maladies transmises par l’eau sont particulièrement dangereuses et peuvent entraîner la mort chez les jeunes enfants.

Trousses d’hygiène et citernes d’eau

La communication dans la zone d’inondation a posé des défis pour les agents humanitaires, d’après le Dr. Rafiq. Il n’y a pas de réseau pour les téléphones portables dans les zones sinistrées, c’est pourquoi il a dû contacter les communautés locales à l’aide d’une radio deux fois par jour pour informer les victimes sur les méthodes pour se protéger eux-mêmes ainsi que leurs enfants contre les maladies.

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Dans le village de Jala Bela, dans le district de Peshawar, situé dans la province de Khyber Pakhtunkhwa, des enfants font la queue devant un camion-citerne fourni par l’UNICEF pour se ravitailler en eau potable. La province de Khyber Pakhtunkhwa a été la plus touchée par les récentes inondations au Pakistan.

« Je leur dis que s’ils ont une bassine d’eau sur le troisième étage de leur maison ou plus haut, ils devraient la considérer comme la chose la plus précieuse au monde et ne boire que l’eau provenant de celle-ci, » explique le Dr. Rafiq. « Si les gens n’ont pas de bassine, ils peuvent récolter de l’eau de pluie. S’ils n’ont pas d’autre choix que de boire l’eau de crue, ils doivent utiliser des tablettes de purification de l’eau. »

Pour atténuer l’ampleur des problèmes liés à l’eau et l’assainissement, l’UNICEF a fourni des trousses d’hygiène et des citernes d’eau dans les zones inondées. Il a aussi réparé plus de 70 puits qui desservent quelques 800 000 personnes et il a participé à la mise en place en urgence de 24 camps médicalisés équipés pour desservir environ un million de personnes.

Des communautés isolées

Un autre défi majeur consiste à fournir des informations vitales sur la santé et d’autres messages aux personnes dans les zones où les routes et les voies de communication auraient été bloquées.

« Nous nous concentrons principalement sur les lieux que nous n’avons pas encore réussi à atteindre, » a déclaré le Dr. Rafiq. Les routes ont été détruites et les ponts ont été emportés par les eaux, ce qui rend notre travail encore plus difficile. Nous n’avons pas encore remarqué l’émergence de maladies, mais j’espère vraiment qu’il ne reste personne dans les zones que nous n’avons pas encore atteintes. »

Même dans les zones déjà pourvues d’une aide d’urgence, beaucoup d’enfants souffrent des conséquences de cette expérience traumatisante.

« Ils ont été tirés du lit par leurs parents en plein milieu de la nuit et ont dû s’enfuir pour trouver un abri sûr, tandis que l’eau s’engouffrait dans leurs maisons, » a expliqué le Dr. Rafiq. La seule alerte qu’ils ont reçue provenait des mosquées locales qui leur disaient de fuir. Ils ont couru sans chaussures et sans affaires. »

Conséquences sur le long terme

Environ 1,4 millions d’enfants ont été touchés par les inondations au Pakistan. Une fois que les eaux auront reculé et que les gens auront trouvé un abri sûr, cela pourrait prendre du temps avant que les écoles redeviennent opérationnelles.

Malgré les efforts de l’UNICEF et de ses partenaires pour réparer les écoles le plus vite possible et ainsi aider les enfants à se remettre de la crise, beaucoup d’élèves pourraient être amenés à interrompre leurs études.

« Nous allons ressentir les effets de la catastrophe pendant de nombreuses années, » a dit le Dr. Rafiq.


 

 

Audio (en anglais)

4 août 2010 : Le Dr. Mohammed Rafiq, spécialiste des programmes de l’UNICEF au Pakistan, parle de sa dernière visite dans le district de Peshawar touché par les inondations.
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