État de Palestine

Un soutien pour aider les enfants affectés par les violences récentes dans l’État de Palestine à faire face aux événements

Image de l'UNICEF
© UNICEF State of Palestine/2012/El Baba
Oudai (le nom a été changé), treize ans, joue avec ses amis lors d’une session de soutien dans un « espace sûr » appuyé par l’UNICEF et géré par le partenaire PCDCR à Beit Lahiya, à Gaza.

Par Catherine Weibel

VILLE DE GAZA, État de Palestine, 26 décembre 2012 – Dans un petit appartement sombre, une dizaine de garçons âgés de 8 à 13 ans sont assis en silence.

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Tous ces garçons vivent à Beit Lahiya, un quartier sévèrement endommagé dans lequel l’UNICEF organise des sessions de soutien psychosocial en groupe. Tout en parlant, les enfants regardent un garçon émacié, assis immobile sur une chaise, un bandage blanc sur le haut de la tête.

« Lorsque la maison de mes voisins a été démolie par une frappe aérienne, j’ai vu une grosse lumière rouge et il y a eu un bruit terrible », raconte l’un des enfants. En pointant du doigt le garçon immobile, il ajoute « Lui, il s’appelle Oudai*. Beaucoup de membres de sa famille ont été tués. »

Agrippant ses mains à ses genoux, Oudai dit tout bas, « Je regardais la télévision avec mon frère à la maison, et notre père était en train de prier. Soudain, il y a eu une grosse lumière rouge. Je n’ai pas entendu de bruit. La maison s’est écroulée sur moi et je me suis retrouvé sous les décombres. »

Oudai, treize ans, et son frère ont été extraits des décombres vivants après que la frappe aérienne israélienne ait détruit la maison familiale. Son père ainsi que deux très jeunes frères ont été tués. Sa mère et sa sœur ont été gravement blessées.  

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© UNICEF State of Palestine/2012/El Baba
Cet enfant, qui a été blessé et traumatisé, a perdu des membres de sa famille lors d’une frappe aérienne israélienne.

Surmonter le traumatisme

La session d’aujourd’hui s’inscrit dans le cadre de l’intervention psychosociale d’urgence à Gaza, menée en partenariat avec le Centre palestinien pour la démocratie et la résolution des conflits (PCDCR) avec l’appui de donateurs comme le Service d’aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO) et le Gouvernement du Japon.

Une évaluation psychosociale rapide menée par l’UNICEF et le PCDCR a révélé une détresse psychosociale grave parmi les enfants vivant dans les 35 zones de Gaza les plus touchées pendant les hostilités. Frank Roni, spécialiste de la protection de l’enfance à l’UNICEF dans l’État de Palestine, avertit que d’autres enfants risquent de développer des symptômes dans les mois à venir.

Les sessions de soutien psychosocial en groupe sont organisées dans des « espaces sûrs » deux fois par semaine afin d’aider à rétablir un sentiment de sécurité chez les enfants dans ces régions très éprouvées. Les enfants qui montrent des signes de traumatisme sont orientés vers des sessions individuelles de soutien psychosocial.

Hatem Naim, qui anime ces sessions, est formé par le PCDCR. Il demande aux enfants de se lever : c’est l’heure de jouer. Alors que les autres garçons sautent avec joie de leurs chaises, Oudai demeure assis, le regard dans le vide, jusqu’à ce qu’Hatem Naim lui tende un ballon. Tout à coup, l’enfant reprend vie. Il sourit et se met à jouer avec ses amis.

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Des sessions de groupe encouragent les enfants à s’exprimer et à commencer à renforcer leur capacité de résilience. Les enfants comme Oudai qui montrent des signes de traumatisme sont orientés vers des sessions individuelles de soutien psychosocial.

« Oudai ne sait pas comment faire face à l’événement traumatique qu’il a vécu. Par moments il est détaché de la réalité, c’est ce qu’on appelle la dissociation », explique Frank Roni.

Après le jeu, Hatem Naim rassemble les garçons devant une chaise vide. Il leur demande de faire comme si leur peur était assise sur cette chaise, et de raconter à tout le monde ce qu’ils ont vécu et comment ils se sentent. 

« Cela aide les enfants à s’exprimer et à poser des questions. Cela les aide à se sentir mieux », explique Hatem Naim. L’animateur aide les enfants à comprendre que ce qui s’est passé fait partie de la vie, afin qu’ils puissent commencer à renforcer leur résilience.

Au lendemain des violences, de nombreux enfants à Gaza ont besoin d’un appui psychosocial. Pour le petit Oudai, qui a été orienté vers un appui psychosocial individuel pour l’aider à accepter sa perte, jouer avec ses amis constitue la première étape d’un long chemin de rétablissement.

* Le nom a été changé afin de préserver l’anonymat de l’enfant


 

 

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