Mozambique

Mozambique : après le passage du cyclone Favio, une ville côtière se relève lentement de la catastrophe

Image de l'UNICEF
© UNICEF/2007/Delvigne-Jean
Pesée d’enfants dans le cadre d’une consultation de routine au principal hôpital de Vilanculos, un jour après le passage du cyclone Favio. L’hôpital et la ville ont été gravement endommagés par le cyclone.

Par Sarah Crowe

VILANCULOS, Mozambique, 28 février 2007 – A peine 48 heures après le passage dévastateur du cyclone Flavio, les habitants de Vilanculos, une ville tranquille sur la côte du Mozambique,  se relèvent de la catastrophe, refaisant les toits, réparant les lignes électriques endommagées, coupant les arbres tombés, charriant de la tôle ondulée et balayant les débris.

Fait exceptionnel, très peu de personnes ont été tuées ou blessées dans cette zone. Trois bébés sont même nés durant les toutes premières heures du passage du cyclone.
Mais les dégâts sont énormes. Le marché principal s’est écroulé en un tas de morceaux de poutres, de briques et de cadres en acier déchiquetés. On pouvait voir des plaques d’acier massif enroulées comme du papier autour de réverbères.

Le cyclone a endommagé environ 130 000 maisons et provoqué le déplacement de près de 160 000 personnes - la moitié étant des enfants - la plupart d’entre eux vivant maintenant dans des camps provisoires.

Prévenir les épidémies

Aussitôt que le cyclone s’est affaibli, l’UNICEF a dressé des tentes en guise de nouvelles salles provisoires pour l’hôpital principal. L’UNICEF a également commencé à collaborer avec les autorités locales dans le but d’utiliser des tentes comme écoles provisoires et s’assurer que des enseignants supplémentaires soient disponibles pour pourvoir ces installations en personnel.

L’absence d’eau douce à la suite du cyclone pose le danger de maladies hydriques comme la diarrhée ou le choléra. Afin de se prémunir contre ces menaces, le personnel de l’UNICEF a installé des citernes dans des endroits stratégiques de la ville et collaboré avec les communautés pour construire des latrines. De plus, ils ont envoyé du chlore pour la purification de l’eau, des bidons pour la transporter, des dépliants expliquant comment éviter le choléra, des aliments complémentaires, des nécessaires de secours et des moustiquaires imprégnées d’insecticide contre le paludisme.

Image de l'UNICEF
© UNICEF/2007/ Delvigne-Jean
A Vilanculos, Sandra Alberto, la directrice d’une école, et son fils de cinq ans sont assis devant leur maison, qui a été gravement endommagée par le cyclone qui a ravagé les côtes du Mozambique.

L’armée du Mozambique a été déployée pour apporter son aide dans la reconstruction des maisons, des écoles, des hôpitaux et des infrastructures.

«Le Gouvernement du Mozambique utilise l’armée d’une façon très utile en terme de gestion des catastrophes naturelles, a déclaré Antero Pina, Responsable de l’eau et de l’assainissement à l’UNICEF. Ils ont monté les tentes, installé les citernes d’eau, mis en place les latrines. Nous sommes très heureux de cette collaboration.»

La perte de précieux moments de scolarisation

Environ 220 écoles ont été rasées par le cyclone. Les autorités locales ont estimé que la réparation des établissements endommagés prendra jusqu’à cinq semaines et qu’il faudra pour cela de la tôle de zinc, des poutres en bois et des clous. L’UNICEF collabore avec les responsables locaux en vue de fournir de tels matériaux de construction.

Les enfants, qui ne vont actuellement pas à l’école, ne peuvent rien faire d’autre que contempler les ruines de leurs anciennes salles de classe. Les responsables de l’enseignement sont préoccupés par le fait qu’ils perdent de précieux moments de scolarisation.

Tout en marchant dans les décombres de son bureau, Sandra Alberto, qui est directrice d’école, se souvient de la nuit où le cyclone a frappé, quand elle et ses enfants couraient à la recherche d’un abri dans l’obscurité du petit matin.

«Il y avait des plaques de zinc qui volaient de tous les côtés. Nous devions courir pour trouver un abri absolument n’importe où mais il était impossible d’être à l’extérieur, raconte Sandra Alberto. J’au dû attraper les enfants et les tenir parce que les vents étaient si violents que j’avais peur qu’ils soient emportés.»

Se préparer pour la suite

Le cyclone Flavio a frappé la côte est du Mozambique seulement deux semaines après les inondations qui ont détruit les maisons de 160 000 personnes plus au nord dans la vallée du Zambèze.

«Il est très rare qu’un pays soit frappé par deux catastrophes de grande ampleur et quasi simultanément, observe Leila Pakkala,  la Représentante de l’UNICEF au Mozambique. Le Mozambique a réagi très rapidement aux inondations mais tous nos problèmes  d’eau et d’assainissement, d’abris, de santé et d’éducation sont maintenant exacerbés par ce cyclone très violent.» 

Deux autres cyclones se sont formés dans l’Océan indien : le cyclone tropical Gamede et le cyclone tropical 16S. Tous deux gagnent de la vitesse et se dirigent vers Madagascar. L’UNICEF surveille leur progression.

Avec Val Wang à New York.


 

 

Vidéo (en anglais)

27 février 2007 :
Le reportage de la correspondante de l’UNICEF Sarah Crowe au Mozambique sur les conséquences du cyclone Favio. 
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Audio (en anglais)

28 février 2007:
Antero Pina, Responsable des programmes d’eau et d’assainissement à l’UNICEF, évoque les efforts déployés pour aider les familles de Vilanculos, une ville du Mozambique ravagée par le cyclone.
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