Mali

L’UNICEF apporte son soutien aux Maliens déplacés par le conflit

Par Alex Duval Smith

Les familles qui ont fui les violences dans le nord du Mali et se sont installées dans la petite ville de Ségou ont reçu des kits de produits ménagers, ce qui les aide beaucoup.

SÉGOU, Mali, 19 avril 2013 – Une aiguille, un peu de paille teintée et une lame de rasoir c’est tout ce dont Aicha Dicko a besoin comme aide pour elle-même, ses deux filles et ses six petits-enfants.

Le reportage du correspondant de l’UNICEF, Alex Duval Smith, montre comment l’UNICEF apporte son aide aux familles du Mali déplacées par le conflit.  Regarder dans RealPlayer

 

À peu près une fois par semaine, quand Aicha Dicko vend l’un de ses paniers sur lesquels on peut lire « Nous voulons la paix au
Mali »,  la famille est assez riche pour mettre un poulet dans la marmite. 

La famille Dicko a fui le Nord du Mali pour s’installer dans la ville malienne de Ségou, au centre du pays. Leur marmite, ainsi que nombre d’autres articles du quotidien, comme le savon et les moustiquaires, ont été fournis par l’UNICEF et distribués par Care International.

Un refuge dans les frontières maliennes

En janvier 2012, éclatait dans le nord du Mali une rébellion conduite par un mouvement séparatiste touareg qui par la suite s’est allié à divers groupes islamiques. Le Gouvernement du Mali a alors demandé à la France une aide militaire immédiate qui s’est déclenchée rapidement.

Les Dicko ont fui en camion, les mains vides, le lendemain du jour où les rebelles ont abattu leur porte à coups de crosses de fusil. Ils sont arrivés à Ségou il y a tout juste un an.

Ils font partie maintenant des 292 648 Maliens qui ont fui les combats dans le Nord, mais ont préféré rester à l’intérieur des frontières maliennes plutôt que de chercher la sécurité dans les camps de réfugiés voisins du Burkina Faso, de Mauritanie et du Niger.

Selon le Gouverneur, les maisons, les cours et les rives de Ségou ont gagné 36 000 âmes au cours de l'année passée.

Des articles ménagers de première nécessité à Ségou

Jusqu’à présent  1 520 kits UNICEF pour l’eau, l’assainissement et l’hygiène ont été  distribués aux familles vulnérables de Ségou.

Bentou, la fille d’Aicha Dicko,  estime que le rôle du kit a été fondamental dans la remise sur pied des neuf membres de la famille. « Le kit contenait trois sortes d’objets », explique-t-elle. « Il y avait des marmites, une louche et trois cuillères. Il y avait une bâche, deux moustiquaires et des couvertures et aussi des fournitures pour l’hygiène comme du savon et des tablettes de purification, très utiles pour filtrer l’eau tirée du puits de forage de Mossa ».

Image de l'UNICEF
© UNICEF Video
L’UNICEF fournit des kits pour l’eau, l’assainissement et l’hygiène aux familles vulnérables qui ont fui le Nord et se sont installées à Ségou. Jusqu’à présent 1 520 kits ont été distribués.

À Pélénkanna, un autre secteur de la ville, une porte en métal grince en s’ouvrant sur une cour remplie de femmes et d’enfants aux vêtements chatoyants. C’est une rencontre d’Annya (liées par le cœur), un groupe de soutien mutuel de femmes déplacées du Nord. « À l’origine nous nous sommes constitués en réseau social pour nous faire des amis », explique sa fondatrice Ramata Touré, qui vendait des vêtements d’occasion à Gao avant de s’enfuir avec ses 15 enfants et petits-enfants à Ségou en mars 2012.

« Nous adorons les kits de l’UNICEF parce qu’ils sont constitués d’articles qui nous sont vraiment utiles et pour lesquels nous devrions dépenser beaucoup d’argent au lieu d’acheter  de la nourriture. Quand on arrive sans rien dans une ville inconnue, on n’a vraiment pas envie d’être accablée par un enfant rendu malade par la diarrhée ou le paludisme ».

Ramata Touré a reçu un kit, mais elle affirme qu’il en faudrait encore plus. Fatimata Maiga, qui n’a rien reçu, raconte qu’elle a emprunté certains articles du kit auprès d’une amie. « Mais nous continuons d’avoir besoin des matelas qui sont dans le kit pour dormir », dit-elle. « J’ai trois enfants et pour le moment nous devons tous nous serrer sur le même matelas ».

Loin de la maison

La France a déclaré se tenir prête à diminuer de moitié le nombre de ses soldats pour les ramener à 2000 hommes en juillet et à passer le relais à une armée malienne entraînée à nouveau et aux forces des Nations Unies de maintien de la paix.

Cette perspective  inquiète les femmes

Suite aux conversations téléphoniques quotidiennes qu’elles ont avec leurs maris, leurs frères restés à leurs domiciles, elles confirment toutes que le Nord est loin d’être sûr, et qu’il est trop tôt pour envisager un retour à la maison.

« Les rebelles violent les femmes, affirme Bintou Dicko.  Ils battent les enfants. Les gens disent que la paix va venir, mais nous ne pouvons pas encore rentrer car maintenant il y a aussi des meurtres commis en représailles. Nous voulons rentrer sur nos terres et nous consacrer à nos cultures ».

Action humanitaire pour les enfants 2013 : Mali (en anglais)


 

 

Photographie : photo de la semaine

Recherche