UNISSONS-NOUS POUR LES ENFANTS

Libéria - Pays en crise

Fournir une nutrition essentielle

Longue et traumatisante, la guerre au Libéria a gravement nui aux soins apportés aux enfants. Les grossesses d'adolescentes sont plus nombreuses et les connaissances des parents sont limitées. L'alimentation des nourrissons est loin d'être optimale. Moins de 20 % des enfants sont nourris exclusivement au sein jusqu'à l'âge de six mois, et les aliments complémentaires sont introduits trop tôt ou trop tard. L'espacement entre les repas constitue également un problème important.

La malnutrition avancée est de plus en plus fréquente. L'examen récent de plus de 500 enfants a révélé de graves problèmes de nutrition, 16 % d'entre eux étant émaciés et près de 7 % souffrant de malnutrition grave. Un centre d'alimentation ouvert à Buchanan, la capitale du comté de Grand Bassa, a admis en l'espace de cinq jours 117 enfants pour une alimentation thérapeutique et 111 enfants pour une alimentation complémentaire.

Des quantités importantes de riz ont été importées avant même que n'éclatent les troubles les plus récents, et l'approvisionnement alimentaire est maintenant encore plus instable. La principale région productrice d'aliments, la région montagneuse du Nord, est contrôlée par les rebelles depuis trois ans. Même l'activité maraîchère et la production de légumes ont diminué parce que les communautés sont constamment déplacées.

En outre, le taux de chômage est élevé. Même les fonctionnaires n'ont pas été payés depuis près de deux ans. Le pouvoir d'achat des Libériens est donc très bas.

La plupart des centres de santé ont été pillés et les services de santé ont quasiment cessé de fonctionner depuis juillet 2003. La demande de soins de santé a parallèlement augmenté, le manque d'eau salubre et d'installations sanitaires et le paludisme ambiant contribuant à accroître la malnutrition.

Un programme de nutrition d'urgence

Étant donné la situation du Libéria, il est nécessaire de toute urgence de développer les programmes d'alimentation et l'apport supplémentaire de micronutriments.

Les objectifs de l'UNICEF consistent à contribuer à :

  • Déparasiter 750 000 élèves et administrer aux adolescentes des suppléments de fer et de folate
  • Fournir une alimentation supplémentaire à 10 000 enfants atteints de malnutrition modérée
  • Fournir une alimentation thérapeutique à 1 000 enfants atteints de malnutrition grave
  • Apporter un appui aux activités d'éducation à la santé et à la nutrition menées dans les centres d'alimentation supplémentaire et auprès de la population
  • Faciliter la coordination des interventions d'urgence dans le secteur de la nutrition
  • Faire en sorte que 10 000 enfants atteints de malnutrition aient accès aux programmes d'alimentation

Coordonner les efforts

L'UNICEF dirige un groupe de travail chargé de définir des protocoles d'alimentation et d'évaluation et de suivre les résultats des organisations non gouvernementales (ONG). Ce groupe de coordination aidera des ONG sélectionnées à établir des programmes d'alimentation dans les régions ayant auparavant été contrôlées par les rebelles, en veillant à ce que leurs méthodes de détection et leurs protocoles d'alimentation soient conformes aux normes internationales. L'UNICEF aidera également les ONG à établir un système de suivi et de présentation des soins dispensés dans les centres d'alimentation et dispensaires.

En coopérant avec des groupes d'action communautaire dans les régions où les taux de malnutrition sont élevés, l'UNICEF contribuera à promouvoir des pratiques optimales de soins et d'alimentation des nourrissons et des jeunes enfants.


 

 

Enquête sur la nutrition

Une enquête nationale sur la nutrition réalisée en 1999-2000 fait état de problèmes à long terme chez les enfants libériens. Les carences en fer et en vitamine A contribuent pour beaucoup à la malnutrition.

Retards de développement (moins de cinq ans) : 39%

Insuffisance pondérale (modérée-grave) : 26%

Émaciation : 6%

Carence en fer (de 6 à 23 mois) : 87%

Anémie : 86%

Carence en vitamine A : 53%

Carence en fer (femmes enceintes) : 62%

Chômage (officiel) : 85%

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