Par Manuel Moreno et Kyle O’Donoghue
DADAAB, Kenya, 17 septembre 2011 – Voici environ six mois, le Kenya a été l'un des premiers pays d'Afrique à introduire le vaccin pneumococcique et les enfants ont désormais accès à celui-ci, qui est vital, grâce à des vaccinations de routine dans les camps de réfugiés de Dadaab, dans le nord-est du pays.
| VIDÉO (en anglais) : le reportage du correspondant de l'UNICEF Kyle O’Donoghue sur les efforts menés pour offrir un vaccin pneumococcique aux enfants somaliens réfugiés dans les camps de Dadaab, au Kenya, et pour prévenir des flambées mortelles de pneumonie. Regarder dans RealPlayer |
Les camps de Dadaab, qui comprennent plus de 430 000 personnes sur trois sites, est devenu au Kenya le troisième centre en terme de population après la capitale, Nairobi, et la ville portuaire de Mombasa. Ce nombre continue à croître de façon spectaculaire, environ 1200 Somaliens en moyenne continuant d'arriver chaque jour à Dadaab.
Avec une telle concentration de population, un niveau insuffisant d'hygiène et la pression qui pèse sur les sanitaires dans les camps, le risque de maladies se propageant rapidement est omniprésent. Le vaccin pneumococcique est fourni dans l'ensemble des trois points d'accueil de réfugiés de Dadaab afin de protéger tous les enfants qui arrivent contre l'une des causes les plus communes de la pneumonie, elle-même une des causes principales de mortalité infantile dans le monde.
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| © UNICEF Kenya/2011/Moreno |
| Hubia Aden, une réfugiée somalienne, tient l'un de ses six enfants alors qu’ils attendent d'être vaccinés contre la maladie au camp de Hagadera, à Dadaab, au nord-est du Kenya. Le vaccin pneumococcique fait partie de l'ensemble normal de vaccins reçus par les nouveaux enfants qui arrivent afin de permettre de prévenir les flambées de maladies dans les camps et d'assurer une protection à long terme contre la pneumonie. |
Protection particulière pour les jeunes enfants
Hubia Aden et ses six enfants sont de nouveaux arrivants à Hagadera, l'un des camps se trouvant autour de Dadaab. Elle a dû marcher pendant 21 jours de Kibiyow, au nord de la Somalie, s'occupant elle-même de tous ses enfants pendant ce périple dur et dangereux.
Le mari de Hubia est resté en Somalie pour s'occuper des trois derniers bestiaux de la famille. Cette décision a été prise en commun mais elle espère qu'il les rejoindra rapidement.
Pendant le processus d'immatriculation, Hubia a reçu une première ration alimentaire pour trois semaines en même temps que diverses fournitures de première nécessité, des vêtements et un lieu d'hébergement. Dans le cadre de ce processus, la famille a subi un examen médical et les enfants ont reçu un mélange de vaccins.
Outre une protection contre la polio, la rougeole et la diphtérie, les enfants de moins d'un an reçoivent le nouveau vaccin pneumococcique. Ainsi le plus jeune enfant de Hubia, Mohammed, 9 mois, a reçu une injection de plus que ses frères et soeurs.
« Cela aidera mes enfants »
Mohammed a été vacciné au poste de vaccination du Comité international de secours, au point d'accueil des réfugiés de Hagadera. Il s'agit d'une salle facile à repérer parmi les autres se trouvant autour à cause du bruit permanent des enfants qui pleurent. Environ 300 enfants y sont vaccinés chaque jour.
« En Somalie, il n'y a pas d'hôpitaux et mes enfants n'ont pas été vaccinés », explique Hubia. « Je sais que c'est important parce que, quand j'étais enfant, j'ai été vaccinée. Cela aidera mes enfants à ne pas tomber malades ».
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| © UNICEF Kenya/2011/Moreno |
| Mohammed, 9 mois, attend sur les genoux de sa mère de recevoir la vaccination pneumococcique effectuée sur tous les nouveaux jeunes enfants réfugiés qui arrivent au camp de Hagadera, à Dadaab, au nord-est du Kenya. Le vaccin a été introduit au Kenya pour la première fois au début 2011 et le programme de vaccination est désormais intégré dans les camps pour les réfugiés venant de Somalie. |
Au niveau mondial, la pneumonie est chaque année responsable de la mort de près d'un million et demi d'enfants de moins de cinq ans, soit plus que le SIDA, la tuberculose et le paludisme réunis. Au Kenya, la pneumonie est à l'origine d'environ 30 000 décès d'enfants de moins de cinq ans sur les 124 000 enregistrés chaque année.
« Le vaccin pneumococcique prévient la pneumonie et la méningite. La pneumonie est l'une des causes de mortalité les plus importantes chez les enfants. Par conséquent, c'est une bonne chose que les réfugiés disposent aussi de ce vaccin », constate Ranganai Matema, Responsable de la santé pour l'UNICEF à Dadaab.
L’Alliance GAVI appuie la mise à disposition du vaccin
Dans le cadre de l'Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination – l'Alliance GAVI – l'UNICEF et l'Organisation mondiale de la Santé ont joué un rôle essentiel pour appuyer la mise à disposition du vaccin pneumococcique par le Gouvernement kenyan au niveau national qui a commencé cette année en février.
Cependant, à Dadaab, l'avenir pour Hubia et ses enfants est incertain comme il l'est pour la plupart des nouveaux arrivants. Ils ne savent pas où ils dormiront la nuit ou si les enfants trouveront de la place dans les écoles du camp qui viennent juste d'ouvrir. Mais Hubia comprend que la vaccination de ses enfants est une première étape importante dans le commencement de leur nouvelle vie au camp.
Au milieu de toutes ces inconnues, il y a au moins une chose de sûre : ils ne devraient pas être victimes de la pneumonie.
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