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| © UNICEF Kenya/2011/Gangale |
| Amina Hassan (un pseudonyme), jeune réfugiée somalienne, se tient face à son abri du bloc N-zéro dans le camp d’Ifo, situé à Dadaab, au Nord-Est du Kenya. |
Les camps de réfugiés d'Ifo, de Hagadera et de Dagahaley à Dadaab, dans le Nord-Est du Kenya, débordent de réfugiés de la sécheresse et du conflit dans la Somalie voisine. Edita Nsubuga de l'UNICEF Kenya nous raconte l'histoire d'une jeune réfugiée rattrapée par la crise qui a affligé la région entière.
Par Edita Nsubuga
DADAAB, Kenya, 12 juillet 2011 – C'est au bloc N-Zéro du camp d'Ifo que je l'ai aperçue pour la première fois. C'est dans ce camp que nombre de nouveaux arrivants s'installent d'abord. Son visage juvénile était masqué par la coiffe qu'elle portait sur la tête.
J'ai tout d'abord cru qu'elle portait juste des couches de vêtements. Mais quand elle s'est avancée hors de la tente et s'est redressée, j'ai compris qu'elle était enceinte, de sept mois pour être exacte. Elle va avoir son premier bébé dans ce camp et elle a à peine 14 ans.
Une longue marche depuis la Somalie
Amina (ce n'est pas son vrai nom) est arrivée 10 jours plus tôt avec sa belle-mère, son oncle et ses jeunes cousins. Il leur a fallu marcher 26 jours depuis leur région situé dans le Sud de la Somalie. Heureusement, ils n'ont pas été attaqués par les bandits, mais ils ont dû faire attention aux hyènes et aux lions.
Amina m'a raconté qu'en chemin , ils devaient comter sur la bonté des étrangers. Quand ils ont été à court de chèvre pour manger, ils ont eu recourt à la mendicité. Même quand les gens n'avaient pas grand chose à donner, ils le partageaient avec un peu de riz et un peu d'eau. Ils s'efforçaient de ne pas laisser Amina et ses parents repartir les mains vides.
Amina n'est jamais allée à l'école. Son oncle a expliqué que ses parents n'y avaient jamais songé parce qu'ils ne pensaient pas que cela avait de l'importance pour une fille. À la place ils ont arrangé son mariage à 12 ans. Son mari est quelque part à Kismaayo en Somalie, à chercher désespérément du travail. Il est probable qu'il brûle des arbres pour faire du charbon de bois. En ces temps difficiles, ce n'est pas facile de trouver du travail.
Satisfaire les besoins essentiels
Malgré sa jeunesse, Amina respire le calme et la force
Malgré son jeune âge, on sent chez Amina la quiétude et la force, et dans son regard une attente que j’ai pu observer sur beaucoup d’autres visages du camp. Je me suis efforcée de ne pas croiser le regard d’Amina, ni de personne d’autre dans le camp. Leurs besoins sont nombreux, mais tout ce qu’ils demandent ce sont quelques services essentiels pour leurs familles : de l’eau saine, des moyens sanitaires, un accès aux soins médicaux et un toit convenable sur leur tête.
Cette jeune fille croit qu'une fois que sa famille sera enregistrée, ils recevront enfin ce qui est le plus précieux aux yeux des nouveaux arrivants, une carte de rations alimentaires. tout alors ira bien, et elle espère qu'ils pourront entamer les débuts d'une nouvelle vie.
Pour l'instant, Amina continue de patienter au Bloc N-Zéro, un endroit difficile à vivre, morne, pénible et poussiéreux. Elle attend dans l'espoir de commencer sa nouvelle vie bientôt.
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