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Iraq - Pays en crise

Ecoles réparées, espoirs reconstruits

Image de l'UNICEF
© UNICEF/HQ03-0040/Noorani
Une enseignante au travail dans une école maternelle du quartier de Birayati à Erbil, dans la région autonome du nord de l'Iraq.

Il y a deux ans, l'école Al-Karama (« Dignité »), dans le district de Muthana, à 300 km environ au sud de Bagdad, était dans un tel état de délabrement que le directeur, Hussein Kadhim décida qu'il était préférable d'installer les classes dans les cellules lugubres et humides du commissariat voisin.

Après deux décennies de conflit et l'imposition de sanctions économiques en 1991, 70 % des écoles irakiennes ont sérieusement besoin de réparations, voire de rénovations et nombre d'entre elles sont insalubres. Les cours de récréation sont inondées l'hiver et l'eau pénètre dans les classes sans fenêtres, et a fortiori sans chauffage. Les toilettes et les lavabos sont cassés et beaucoup d'élèves n'ont pas accès à l'eau potable.

A l'école primaire Al-Rumaitha, qui se trouve également dans le district de Muthana, la santé des élèves a commencé à se détériorer. « J'ai constaté une augmentation des cas d'oreillons, d'infection respiratoire, de diarrhée et de problèmes gastriques », prévient Faris Kadhair, une agente de santé locale.

En partie à cause de l'état du délabrement des écoles, le taux d'assiduité a chuté, pratiquement un enfant sur quatre ne fréquente pas l'enseignement primaire. Les taux sont encore pires dans l'enseignement secondaire.

Réparations essentielles

Mais les choses se sont améliorées dans le district de Muthana vers la mi-2002, lorsque l'UNICEF a commencé à rénover neuf écoles comptant une population combinée de plus de 2 500 élèves. Grâce à une somme de 122 500 dollars offerte par des donateurs aux Pays-Bas, l'UNICEF a réparé les classes, les bureaux et les installations sanitaires et installé des fontaines publiques et autres équipements essentiels. Le taux d'assiduité a grimpé de 35 %.

Al-Karama fait partie des écoles rénovées, ce qui a permis aux élèves de quitter les cellules du commissariat. Aujourd'hui, ils se penchent sur leurs livres de calcul ou de science dans des classes propres et rénovées.

L'UNICEF a également rénové les classes d'Al-Rumaitha et y a installé de nouvelles toilettes, des fontaines publiques ainsi que d'autres installations nécessaires. Il a également rénové la cour de récréation, ce qui permet à des élèves comme Nabil Arid, 12 ans, de jouer au foot avec ses condisciples.

Le travail continue

Aujourd'hui, l'UNICEF s'est attelé à la rénovation de six écoles primaires dans le district d'Al-Mada'in, à 35 km de Bagdad. Il a une population de 2 200 élèves. Pour un coût de 84 500 dollars, offerts par des donateurs aux Pays-Bas, des rénovations ont été entreprises pour réparer les salles de classe sales et humides, la cour de récréation inondée et les toilettes cassées.

« Je compte les jours qui nous séparent du moment où nous verrons à quoi ressemble notre nouvelle école », dit Ahmed Karim, 9 ans.

Une aide pour garder les filles à l'école

Même si leur rénovation est importante, le délabrement des bâtiments scolaires n'est pas le seul obstacle à la scolarisation. Une petite Irakienne sur trois est retirée de l'école pour aider aux tâches ménagères à la maison ou pour s'occuper de ses jeunes frères et sours.

Rawa Hussein, 10 ans, dit que Rasha, sa meilleure amie, a quitté l'école parce que ses parents ont exigé qu'elle arrête pour s'occuper de ses frères. Rawa redoute de subir le même sort. Sa mère est morte en couches il y a trois mois et elle craint que son père ne l'oblige à quitter l'école pour s'occuper du ménage.

Pour garantir une éducation aux filles, l'UNICEF encourage les enseignants à faire leur possible pour persuader les parents de laisser leurs fillettes à l'école. Il fournit également des fonds pour des projets d'éducation non-formelle pour les adolescents qui ont abandonné l'école, les filles en particulier.

Saja Haydar, qui est en cinquième, fait partie de celles pour qui l'histoire a une fin heureuse. Ses parents l'ont obligée à quitter l'école pour aider aux travaux ménagers, mais après une intervention, auprès des parents, de la directrice de l'école d'été rénovée du district de Muthana, Saja s'est réinscrite.

« J'étais très triste, surtout quand je voyais mes amies qui se rendaient en classe, mes rêves étaient brisés. Mon père m'a dit que j'avais appris à lire et à écrire et que pour moi, c'était suffisant», nous explique Saja. Aujourd'hui, pourtant, Saja est retournée à l'école et elle espère réaliser son rêve de devenir elle-même institutrice.


 

 

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