Iraq - Pays en crise

Vue d'ensemble

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© UNICEF
Cette carte ne reflète pas une position de l’UNICEF sur le statut légal des pays et territoires représentés ou sur la délimitation de leurs frontières.

Les enfants représentent presque la moitié de la population iraquienne, qui compte maintenant près de 25 millions d’habitants. Mais la plupart de leurs droits ne sont toujours pas respectés. Garantir les droits des enfants permet d’assurer le bien-être non seulement de la génération actuelle, mais aussi des générations à venir.

  • Parmi les enfants de 6 à 12 ans, près d’un sur quatre (31,2 % des filles et 17,5 % des garçons) ne vont plus à l’école.
    Les filles et les femmes en particulier subissent de grandes inégalités en matière d’enseignement. Le taux d’alphabétisme a considérablement diminué chez les femmes, et les filles sont maintenant deux fois plus nombreuses que les garçons à ne pas aller à l’école.
  • Le taux de malnutrition aiguë chez les enfants a été réduit : d’un sommet de 11 % en 1996, il est passé à 4 % cette année. Cependant, près d’un million d’enfants de moins de cinq ans souffrent encore de malnutrition chronique.
    Aujourd’hui, la mortalité infantile (107 décès pour 1 000 naissances vivantes) est plus de deux fois supérieure à son niveau de la fin des années 1980. Le taux de mortalité des moins de cinq ans (131 décès pour 1 000 naissances vivantes) est deux fois et demie supérieur à son niveau d’il y a dix ans.
  • Les maladies pouvant être évitées, comme la diarrhée et les infections respiratoires, sont à l’origine de 70 % des décès d’enfants.
  • La qualité de l’eau s’est gravement détériorée pendant les années 1990. Malgré les travaux de réparation entrepris, les enfants et les femmes restent quotidiennement exposés aux risques sanitaires liés à l’eau. L’approvisionnement en eau potable est un problème national et les cas de diarrhée ont augmenté, passant d’une moyenne de 3,8 épisodes par enfant et par an en 1990 à près de 15 épisodes en 1996. Pendant la même période, le nombre de cas de fièvre typhoïde est passé de 2 240 à plus de 27 000.
  • Le nombre d’enfants travaillant dans les rues est en augmentation, ainsi que le nombre d’orphelins ayant besoin de l’aide de l’État. L’incapacité des institutions à répondre aux besoins de ces enfants ne fait qu’aggraver la situation.
    La mortalité maternelle a fortement augmenté, ce qui indique que les femmes ne bénéficient pas des soins obstétriques nécessaires en cas de complications lors de la grossesse et de l’accouchement. 
  • Pas moins de 23,7 % des enfants ne vont pas à l’école primaire, ce qui représente une augmentation considérable par rapport à 1989 : à cette époque, seulement 8 % des enfants en âge d’être scolarisés n’allaient pas à l’école. Les filles sont deux fois plus nombreuses que les garçons à ne pas être scolarisées.

Il est important de distinguer les différentes causes de cette situation. Il y a des causes directes, comme par exemple les maladies et la malnutrition ; des causes indirectes, comme l’état des services sociaux tels que l’approvisionnement en eau et l’assainissement, les établissements de santé et d’enseignement, ainsi que la sécurité alimentaire des ménages ; et des causes profondes, qui renvoient à des questions telles que la maîtrise et la répartition des ressources nationales, les mécanismes institutionnels et l’organisation sociale (y compris la condition de la femme).

Les causes profondes liées aux sanctions ne peuvent être envisagées que dans le cadre d’un règlement politique international de la situation actuelle. Cependant, les pouvoirs publics nationaux peuvent remédier à d’autres causes profondes ayant trait à la répartition des ressources et aux capacités institutionnelles. Tant que l’on ne remédiera pas aux causes profondes des violations du droit des enfants à la vie, à la survie et à l’éducation, on peut tout au plus espérer des interventions qu’elles empêchent la situation de se détériorer et la rendent moins insupportable.

Les interventions menées à ce jour ont tenté de remédier aux causes directes et indirectes, mais non aux causes profondes.

L’UNICEF estime que la défense des droits des enfants, ainsi que des femmes, en Iraq est une priorité absolue. Des activités de mobilisation axées sur les droits de l’homme pourraient favoriser une prise de conscience visant à :

  • Obtenir des ressources nécessaires à la remise en état durable et viable du secteur des services de base.
  • Appuyer la réorientation des efforts humanitaires vers une planification à long terme du développement global.
  • Faciliter l’analyse des politiques qui nuisent à l’efficacité des interventions, comme l’inclusion de substituts du lait maternel au sein de la ration alimentaire universelle.
  • Les autres interventions de l’UNICEF restent importantes pour atténuer les difficultés et fournir d’importantes données et expériences, mais la mobilisation et la recherche restent cruciales dans une situation comme celle de l’Iraq.

 


 

 

Appels humanitaires

Les derniers appels humanitaires pour les pays en situations d'urgence sont disponibles sur nos pages Pays en crise (en anglais).
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