L'UNICEF dans les situations d'urgence

L’éducation en situation d’urgence a été l’objet aux Nations Unies d’un débat thématique à haut niveau

Image de l'UNICEF
© UNICEF/NYHQ2009-0209/Markisz
Au siège des Nations Unies, la Directrice générale adjointe de l’UNICEF, Hilde F. Johnson (au centre) préside un groupe qui recherche les moyens de faire de l’éducation une priorité dans les situations d’urgence et de « post crise ». À gauche, le Sous-Directeur général pour l’éducation de l’UNESCO, Nicholas Burnett

Par Amy Bennett

NEW YORK, États-Unis, 18 mars 2009 – Un débat thématique sur l’éducation en situation d’urgence, auquel ont participé des représentants des États Membres, des milieux universitaires et de la société civile, ainsi que des experts, des enseignants et des élèves, s’est déroulé aujourd’hui à l’Assemblée générale des Nations Unies.

L’UNICEF s’est joint à ce débat afin de réclamer des résultats au profit des enfants, victimes des situations d’urgence qui les privent de leur droit à l’éducation.

L’Envoyée spéciale de l’UNESCO pour l’éducation de base et l’enseignement supérieur, Son Altesse Sheikha Mozah Bint Nasser Al Missned, a prononcé un discours introductif à cette occasion. Puis des groupes se sont réunis autour des trois thèmes du débat : « Droits et promesses », « Aspects pratiques et possibilités » et « Responsabilité partagée ».

Les groupes sont tous partis du principe qui figure dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme et qui stipule que toute personne a droit à l’éducation, partout – même durant les guerres ou les catastrophes naturelles. La Convention sur les droits de l’enfant précise également que l’éducation est un droit.

Retrouver un sentiment de stabilité

Pourtant, en dépit de ces garanties, l’éducation est souvent la première sacrifiée en situation d’urgence. Environ 75 millions d’enfants ne vont pas à l’école primaire dans le monde –  dont plus de la moitié vivent dans un pays affecté par un conflit.

« L’Afghanistan est durement touché par le conflit», a rappelé un militant afghan pour la jeunesse, Maiwand Rahyab. « L’éducation peut jouer un rôle réellement crucial dans le retour à la normalité et à la paix … L’éducation est susceptible de créer le contexte qui peut permettre aux enfants de surmonter les traumatismes liés aux conflits. »

En effet, il est prouvé que le fait de ramener rapidement les enfants en classe, durant ou après une crise, constitue une façon de les protéger. Les écoles sont en mesure de leur offrir des espaces de sécurité pour s’instruire aussi bien que pour se rétablir.

« Ce que nous recherchons avec ce débat et la campagne internationale, c’est de faire de l’éducation un élément important de la préparation et de la programmation des situations d’urgence », a dit la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour les enfants et les conflits armés, Radhika Coomaraswamy. « Les écoles et l’éducation ne constituent pas simplement de l’enseignement, mais peuvent devenir des espaces où les enfants sont en sécurité. »

Les enfants non scolarisés courent un risque

Certains orateurs ont observé que, lors d’un conflit, les enfants qui ne vont pas à l’école ou dans d’autres lieux sûrs risquent davantage d’être enlevés et enrôlés dans des groupes armés. En outre, les enfants non scolarisés risquent plus que les autres d’être soumis à l’exploitation sexuelle, à la traite et au travail des enfants.

« En Haïti, les espaces sûrs sont difficiles à trouver car les écoles sont anciennes et que nous devons les reconstruire, alors que le gouvernement n’a pas les moyens de le faire », a souligné Wildenes Etienne, un expert en éducation qui travaille actuellement pour Les services du Secours catholique  et dirige en Haïti un programme de retour à l’école en situation d’urgence, qui bénéficie de l’appui de l’UNICEF.

« Lorsque nous sommes dans une situation d’urgence, beaucoup d’enfants n’ont plus la possibilité d’être éduqués », a-t-il ajouté.

L’éducation en tant qu’« infrastructure »

À plus long terme, l’éducation peut contribuer directement à la stabilité sociale, économique et politique des sociétés.

Comme l’ont expliqué plusieurs des participants au débat, les écoles peuvent réduire le risque d’un conflit violent en améliorant la cohésion sociale et en favorisant le règlement des conflits et la consolidation de la paix.

« L’éducation, dans un sens, n’est pas seulement un droit, on peut voir en elle une infrastructure – une infrastructure sociale de base », a déclaré la Directrice générale adjointe de l’UNICEF, Hilde F. Johnson. « C’est un moyen permettant de bâtir des nations et de les rebâtir. C’est une question d’une importance fondamentale pour tous les pays. »

Investir dans l'éducation des enfants

Le débat thématique d’aujourd’hui entendait aborder l’obligation collective de s’assurer que l’éducation pour tous soit respectée, en particulier dans les contextes les plus difficiles.

Entre autres recommandations, les participants ont appelé à faire maintenant de gros investissements pour recréer des systèmes éducatifs dans les pays en situation d’urgence et d’après crise. En outre, ils ont insisté pour qu’on ait recours à des approches novatrices afin de mettre en place des systèmes meilleurs que ceux qui étaient en place avant la crise. On a plaidé en faveur d’une aide aux enfants et aux communautés affectés, donnant un moyen à ces sociétés de cicatriser leurs plaies et de se développer face à des défis considérables.

Maiwand, le militant pour la jeunesse afghan, a résumé l’urgence de ces questions dans sa réponse à une question sur le message qu’il voulait faire passer aux participants à ce débat. « L’éducation est un droit fondamental pour chaque enfant dans le monde », a-t-il dit. « Il faut soutenir l’éducation des enfants qui se trouvent dans des situations d’urgence maintenant. Ils ne peuvent pas attendre. Ils ne peuvent pas remettre cela à plus tard. »

 


 

 

Vidéo (en anglais)


18 mars 2009 :
La Directrice générale adjointe de l’UNICEF, Hilde F. Johnson, indique l’importance du droit des enfants à une éducation, même en pleine situation d’urgence.
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18 mars 2009 :
La Représentante spéciale des Nations Unies pour les enfants et les conflits armés, Radhika Coomaraswamy, explique l’importance de l’éducation pour tous, y compris pour les enfants en situation d’urgence.
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18 mars 2009 :
Le militant pour la jeunesse Maiwand Rahyab parle de l’éducation vue comme un moyen de retrouver une situation normale dans l’Afghanistan de l’après-conflit.
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