L'UNICEF dans les situations d'urgence

« J’aimerais que la guerre se termine » - les enfants de Gaza payent un lourd tribut psychologique

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© UNICEF/NYHQ2008-1405/El Baba
Un enfant en train de pleurer, la tête entre les mains, lors des obsèques de deux amis à Beit Hanoun, une localité des environs de Gaza.

Par Chris Niles

NEW YORK, Etats-Unis, 12 janvier 2009 – Les enfants de Gaza ont trois heures par jour durant lesquelles il est sûr, en théorie au moins, de sortir. La trêve humanitaire n’est pas toujours respectée mais elle apporte un peu de soulagement à ceux qui ont besoin de trouver de la nourriture et de l’eau ou cherchent à récupérer leurs biens personnels dans leurs anciennes maisons.

A Sheikh Radwan, des enfants escaladent les décombres, à la recherche de repères familiers, essayant de trouver une logique à ce qui est arrivé à leur communauté au cours des deux dernières semaines.

« J’étais dans la maison de mon grand-père,» affirme Ehab, 12 ans. « J’ai entendu le bombardement et je me suis enfui. J’ai vu la maison en train d’être pilonnée par les tirs, les fenêtres se sont brisées ainsi que la porte. Tout a disparu, il n’y a plus de maison. »

Le conflit s’intensifie

Partout dans Gaza, ce sont des histoires similaires alors que les combats redoublent d’intensité avec l’offensive terrestre. Selon le Ministère de la santé, au moins 854 Palestiniens ont été tués et plus de 3 681 blessés.

L’UNICEF estime que, sur le territoire, 400 000 personnes n’ont pas d’eau courante. L’Organisation mondiale de la Santé met en garde contre un effondrement prochain du système de santé.

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Bâtiments détruits par le conflit à Sheikh Radwan, à Gaza, où les enfants vivent une troisième semaine de combats.

« Nous n’avons pas d’électricité et pas de gaz. Regardez les branchements électriques : aucun ne fonctionne, » déclare une femme qui raconte comment sa maison a été détruite. « Il n’ y a pas d’eau... Où allons-nous manger ? Il n’y a pas de blé et pas de pain, il n’y a rien. »

« Des espaces sécurisés doivent être créés »

Pour aussi terrifiants que soient les risques quotidiens, ce qui, pour les enfants, aggrave la situation est qu’il n’y a pas d’échappatoire. Il n’y pas d’abris anti-aériens et les frontières sont fermées. L’UNICEF fait état d’un phénomène nouveau : des enfants tellement traumatisés qu’ils sont incapables de parler.

« En ce moment, il n’y a à Gaza aucun endroit sûr pour les enfants et leurs familles, » affirme la Représentante de l’UNICEF dans le Territoire palestinien occupé, Patricia McPhillips. « Il faut que les hostilités cessent pour que nous puissions acheminer par camions l’eau, les médicaments et l’aide urgente indispensable aux enfants. Et tant que les combats n’auront pas cessé, il faut créer des espaces sécurisés à Gaza pour que nous puissions y distribuer nos fournitures pré-positionnées. »

Mais malgré tout ce dont ils ont pu être témoins au cours des deux semaines précédentes, les enfants de Gaza continuent à espérer que l’avenir sera meilleur.

« J’aimerais vivre comme tous les enfants du monde, » affirme un garçon du nom de Mahmoud ; « j’aimerais que la guerre se termine et que nous puissions retourner à l’école. »

 


 

 

Vidéo (en anglais)

11 janvier 2009 :
le reportage de la correspondante de l’UNICEF Chris Niles sur l’impact psychologique du conflit sur les enfants.
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