L'UNICEF dans les situations d'urgence

Alors que l’aide humanitaire des Nations Unies est suspendue, une adolescente de Gaza décrit la vie à l’heure du conflit

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© REUTERS/Mustafa
A Khan Younis, au sud de Gaza, des garçons palestiniens observent une maison détruite à la suite d’un bombardement aérien.

Alors que les combats dans la bande de Gaza entrent aujourd’hui dans leur treizième journée, l’aide humanitaire des Nations Unies à l’intérieur du territoire a été suspendue pour une période indéfinie, en raison des dangers encourus par les agents humanitaires. L’Office de secours et de travaux de l’ONU à Gaza (UNWRA) a annoncé la suspension des opérations humanitaires en raison de « l’augmentation des actions hostiles contre ses locaux et son personnel. »

Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), il y a à Gaza un besoin vital de carburant, de nourriture et de médicaments. Au cours du bref cessez-le-feu hier, l’UNICEF a réussi à distribuer des trousses familiales de traitement de l’eau et des trousses sanitaires. Mais il faut encore plus d’aide.

Les combats ont été particulièrement difficiles pour les enfants de Gaza. L’UNICEF collabore avec des partenaires s’occupant de la protection de l’enfance afin de réaliser et de diffuser des messages à la radio et à la télévision conçus pour aider les parents à assurer la sécurité de leurs enfants et à mieux identifier et gérer les symptômes de stress.

Over 14,000 people – including an estimated 7,840 children – were staying in 23 emergency shelters in Gaza as of Tuesday morning. Schools remained closed throughout the territory.

Comme l’a déclaré à Radio UNICEF une jeune résidente de Gaza, Yasmin, 16 ans, lors d’une interview par téléphone : « Il n’y a pas d’école où aller pour apprendre ou suivre des cours parce que les rues ne sont pas sûres. »

Ecoles et mosquées touchées par les bombardements

Une école sous la responsabilité de l’UNWRA dans la ville de Gaza – dans laquelle des centaines de personnes se sont réfugiées - a été bombardée lundi, ce qui a provoqué des morts et des blessés. Lundi également, une roquette lancée de Gaza a touché une école maternelle au sud d’Israël, endommageant l’établissement. Il n’y a pas eu de morts.

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© REUTERS/Salem
Au siège de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies à Gaza (UNWRA), le 7 janvier 2009, une femme palestienne attend de recevoir des vivres avant la suspension de l’aide de l’ONU.

La propre maison de Yasmin, à Gaza, a été endommagée par les bombardements aériens au début des opérations militaires. 

« Il y avait une mosquée. Ils l’ont bombardée. Elle était en face de ma fenêtre, dans ma chambre, » dit-elle. « J’avais tellement peur parce que toute la fenêtre s’est brisée et est tombée sur mon lit. J’étais en train de dormir. J’étais en plein rêve. J’ai commencé à pleurer. Puis j’ai sauté de mon lit, je suis sortie de la pièce et je suis allée dans la chambre de mes parents. J’ai dormi toute la nuit avec eux. »

Un embargo de dix-huit mois imposé à Gaza fait qu’il est difficile de se procurer du verre sur le territoire, relève Yasmin. « Nous avons mis des feuilles d’aluminium [dans l’encadrement de la fenêtre] juste pour nous protéger contre l’hiver, » affirme-t-elle.

Instaurer la paix sera « très difficile »

Les principales opérations militaires se sont depuis déplacées au nord de chez elle et Yasmin est retournée dormir dans sa chambre. Elle ne peut toujours pas quitter sa maison. 

« Je ne peux même pas aller sur le pas de la porte, » dit-elle. « C’est très dangereux. » Elle parle à ses amis et amies au téléphone ou par courriel quand il y a de l’électricité.

« Il est très difficile de penser à la paix, » dit Yasmin, « car ni le Hamas ni Israël ne veulent la paix. Mais peut-être que s’ils peuvent se parler l’un à l’autre, ils pourront échanger des points de vue. Peut-être. C’est très difficile.»

Si elle avait la possibilité de parler aux responsables des deux parties, Yasmin leur dirait de cesser les combats.

« Nous voulons vivre, affirme-t-elle, nous sommes des êtres humains et nous voulons vivre. »



 

 

Vidéo (en anglais)

6 janvier 2009 :
de sa maison de la ville de Gaza, Yasmin, 16 ans, parle sur Radio UNICEF.
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