L'UNICEF dans les situations d'urgence

Des crues subites et des coulées de boue submergent plusieurs villes d’Indonésie, 400 000 personnes déplacées

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© AP Photo
Après les inondations, des maisons sont submergées dans la province d’Aceh (Indonésie).

Par Anwulika Okafor

NEW YORK, Etats-Unis, 27 décembre 2006 – Les eaux des crues ont commencé de baisser au centre, au nord et à l’est des régions d’Aceh et de Sumatra (Indonésie) mais elles laissent dans leur sillage une nouvelle crise humanitaire.

Les pluies torrentielles ont grossi les rivières qui ont débordé et inondé la région, provoquant des glissements de terrain. Cent neuf personnes ont péri au cours de la catastrophe et  400 000 personnes ont dû chercher refuge ailleurs. 

En se retirant, l’eau des crues a fait apparaître des habitations gravement endommagées et des maisons recouvertes de boue. L’UNICEF et ses partenaires sont intervenus et offrent aux rescapés des abris temporaires, des vivres, des trousses d’hygiène et autres équipements indispensables.

Dans le district de Langsa, trois camps ont été installés pour accueillir plus de 3 500 personnes déplacées. Comme la plupart des zones inondées restent impossibles d’accès et que les systèmes de communication sont hors service, les agences humanitaires survolent la région pour repérer les familles de rescapés et parachuter des équipements de survie.

L’UNICEF se sert également de gros camions pour acheminer les fournitures dans les zones touchées.

Les habitants pris par surprise

« La situation est désespérée, affirme Susan Ngongi, spécialiste des urgences à l’UNICEF, c’est très difficile d’atteindre les personnes qui ont le plus besoin d’aide. Beaucoup de villages ont disparu sous les eaux, il faut donc avoir recours à des hélicoptères ou des bateaux ».

En certaines zones, le niveau des eaux est monté de deux mètres, bloquant toutes les opérations des gouvernements locaux, inondant les habitations et emportant les ponts. Les habitants, surpris par ces pluies torrentielles, ont dû avancer dans de l’eau qui leur arrivait aux épaules ou monter dans une barque pour rejoindre la terre ferme.

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© AP/Bakkara
Une femme indonésienne lave des vêtements alors que sa fille joue dans l’eau des crues dans le district d’Aceh Tamiang (Indonésie).

Certains rescapés attendaient sur le toit de leur habitation qu’on leur vienne en secours. Quelque 200 personnes seraient toujours portées disparues.

Le danger d’épidémie

Au district Aceh Tamiang à Sumatra – sans électricité ni eau et souffrant d’une pénurie de carburant – 8 des 10 centres de santé ont été endommagés par les crues, ce qui exacerbe le risque d’épidémie. A Aceh Utara, on a déjà signalé des cas de diarrhée chez des nourrissons qui vivent dans des camps provisoires.

« En ce moment, le danger numéro 1, c’est la maladie, explique Mme Ngongi, nous savons que les cas de diarrhée et les infections respiratoires aigues étaient déjà plutôt fréquents dans cette région. Les crues facilitent évidemment la propagation des maladies ».

L’UNICEF travaille avec les autorités locales et nationales pour lutter contre les flambées d’épidémie dans les zones ravagées, un travail que le personnel de la province d’Aceh connaît bien. La région avait en effet été dévastée par le tsunami de 2004, mais les inondations de cette semaine frappent une zone qui avait été épargnée par cette catastrophe.

L’UNICEF a également dépêché du personnel chargé de la protection des enfants dans les zones affectées pour évaluer les besoins des enfants, en particulier ceux qui ont été abandonnés, les orphelins ou ceux qui risquent d’être victimes de violence, ainsi que des jeunes rescapés qui ont besoin d’un appui psychosocial.


 

 

Vidéo (en anglais)

27 décembre 2006 : Susan Ngongi, spécialiste des urgences à l’UNICEF, parle des dernières urgences en Indonésie et des secours en route vers les régions ravagées par les crues.
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