Catastrophe du Raz-de-marée - Pays en crise

Grâce aux micro-entreprises, les femmes affectées par le tsunami se prennent en charge

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Embon Saad et ses petits-enfants, des jumeaux. Elle est la présidente de l’Association économique des femmes de Langkawi (Malaisie).

Par Steve Nettleton

LANGKAWI, Malaisie, décembre  2006 – Pour les hommes qui lancent leur filet au large des côtes de Langkawi, une région ravagée par le tsunami, la vie revient enfin à la normale. Avec l’aide du Gouvernement de Malaisie, les flottilles de bateaux et les ports ont été reconstruits et l’horizon est de nouveau constellé de navires de pêche.

Mais pour bien des femmes de la région, le retour à la normale prend bien plus de temps. Leurs moyens d’existence ont été détruits par le tsunami mais en vertu des stéréotypes de la société on ne considère pas que leurs pertes soient aussi graves que celles des hommes. Alors, elles n’ont reçu aucune indemnité ou presque après la catastrophe.

Des évaluations  psychologiques menées par l’UNICEF et ses partenaires peu après le tsunami ont montré que les femmes sont plus vulnérables que les hommes à cause de leur situation socio-économique moins élevée, de leur manque d’accès aux ressources et de leur incapacité à pourvoir aux besoins de leurs familles, entre autres facteurs.

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© UNICEF 2006/Malaysia/Nettleton
Embon Saad (au centre) et ses collègues de l’Association économique des femmes préparent des mets malaisiens traditionnels qu’elles mettront en vente.

Le rôle des femmes dans l’économie

Embon Saad essaie de changer tout cela. Elle préside l’Association économique des femmes de Langkawi, une organisation qui a pour but d’aider les femmes à monter de petites entreprises.

Le tsunami lui a fait perdre du terrain : comme les femmes qu’elle s’efforce d’aider, elle s’est retrouvée elle aussi obligée de repartir à zéro.

« Le tsunami a été une expérience terrible, dit-elle, cela a eu des répercussions énormes sur la vie de ma famille. Mes revenus ont plongé. J'avais deux boutiques, elles ont toutes les deux été détruites. Ma contribution au revenu de la famille a diminué ».

Grâce à l’aide de l’UNICEF et de l’organisation malaisienne EMPOWER, Embon Saad peut à nouveau aider les femmes à jouer un rôle actif dans l’économie locale.

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Des micro-entreprises comme cette préparation et cette vente de mets donnent aux femmes de Malaisie affectées par le tsunami l’occasion d’améliorer leur situation économique et celle de leur famille.

En 2005, elle et 100 autres femmes ont pu recevoir une formation en économie et marketing. Son association s’en est servie pour améliorer leurs petites entreprises, au sein desquelles elles préparent des mets traditionnels malaisiens à base d’anchois séchés et de cacahuètes.

La formation a aussi servi de catalyseur à la création de micro-entreprises dans l'Etat voisin de Kuala Muda Kedah, dont ont profité une cinquantaine de familles.

L’engagement de la communauté

L’UNICEF a pour but d’aider les femmes non seulement à retrouver leur équilibre mais aussi à s’engager davantage au sein de leurs communautés.

« Nous avons parlé aux femmes de la prise de conscience des questions de disparité entre sexes, explique le Représentant de l’UNICEF en Malaisie Gaye Phillips, des initiatives à prendre, de la façon dont elle peuvent jouer un rôle plus important lors d’éventuelles nouvelles catastrophes, comment elles peuvent exprimer leurs besoins et ne pas se faire bousculer par leurs homologues de sexe masculin ».

En dernière analyse, le but de ces efforts consiste à donner aux femmes de Malaisie les moyens de se prendre en charge de manière à ce que, tout comme les hommes qui se lancent sur la mer, elles puissent elles aussi tracer leur propre route.


 

 

Vidéo (en anglais)

Décembre 2006 :
Le correspondant de l’UNICEF Steve Nettleton présente les efforts menés par les femmes malaisiennes des régions affectées par le tsunami pour gérer de petites entreprises.

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