L'UNICEF dans les situations d'urgence

De graves inondations ravagent l’Afrique de l’Est

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Sur les rives du lac Tana, dans la région d’Amhara, au nord de l’Ethiopie, un enfant enroulé dans une couverture en lambeaux se protège du froid dans le camp de Worke Meda pour personnes déplacées par les inondations.

Par Sabine Dolan

NEW YORK, ETATS-UNIS, 14 novembre 2006 – Des centaines de milliers d’habitants d’Afrique de l’Est ont abandonné leurs foyers et de nombreuses personnes ont péri à la suite des violentes inondations qui s’y sont produites au cours des dernières semaines. La Somalie en particulier a été gravement touchée ainsi que l’Ethiopie et le Kenya, ses voisins.
Dans le centre et le nord de la Somalie, les deux principaux cours d’eau du pays, les fleuves Jubba et Shabelle, ont débordé, provoquant de nouvelles inondations. Le fleuve Shabelle traverse à la fois l’Ethiopie et le Kenya où il a fait également des ravages.

«A l’heure actuelle, nous essayons d’apporter une aide humanitaire aux populations touchées mais nous nous heurtons à des problèmes opérationnels », explique Susan Ngongi, la responsable de la planification des urgences pour l’UNICEF qui relève que de nombreux ponts et routes ont été emportés par les eaux.

La Somalie, ajoute Susan Ngongi, présente des difficultés supplémentaires : « Les zones les plus touchées sont déjà les plus vulnérables du pays et, récemment, s’y sont déroulés de nombreux conflits. Elles ne sont donc pas très sûres. Nous avons donc une situation dans laquelle nous essayons de réagir avec très peu de moyens en personnel sur le terrain à cause des problèmes de sécurité. »

Les conditions sanitaires se détériorent

Dans toute la zone touchée par les inondations, des milliers de familles d’exploitants agricoles pauvres se retrouvent aujourd’hui à dormir à la belle étoile dans le froid, exposées au paludisme et à diverses autres maladies. La situation suscite de sérieuses préoccupations parmi le personnel humanitaire, qui craint que le bilan ne s’alourdisse considérablement.

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Des champs inondés entourent ce qui reste du village d’Abiabo près des rives du lac Tana, dans la région septentrionale d’Amhara, en Ethiopie. Les inondations ont contraint plus de 2 000 personnes de cette localité à fuir vers des terrains plus élevés.

Dans la partie nord-est du Kenya, par exemple, le camp pour personnes déplacées de Daadab,  où la population est très élevée, est pratiquement isolé à cause des inondations et les conditions sanitaires se détériorent.

« Le principal souci de l’UNICEF concernant la santé est la propagation des maladies hydriques. Parmi celles-ci, les plus importantes sont le choléra, la dysenterie et la diarrhée aqueuse », relève Susan Ngongi.

A cause des inondations, de nombreuses personnes ont été déplacées, les latrines ou les ressources en eau salubre ont été détruites et les maladies hydriques se propagent facilement. L’UNICEF et ses partenaires mettent tout en œuvre pour fournir en eau salubre les populations affectées dans ces régions.

Atteindre les zones isolées

A Daadab, où les inondations ont détruit les latrines provisoires du camp, l’UNICEF distribue des comprimés de purification de l’eau, des paquets pour la réhydratation orale afin de traiter la déshydratation diarrhéique, ainsi que des nécessaires pour les soins d’urgence. Parallèlement, le Programme alimentaire mondial a fait parvenir au camp des vivres d’urgence par voie aérienne.

Des opérations similaires sont en cours à travers l’Ethiopie, le Kenya et la Somalie. «Dans ces trois pays, affirme Susan Ngongi, l’UNICEF et ses partenaires s’efforcent de  distribuer des biens non alimentaires, particulièrement de l’eau et des équipements sanitaires mais aussi des aliments prêts à la consommation tels que des biscuits hautement énergétiques pour les enfants. En Ethiopie, l’UNICEF offre également sont soutien aux cliniques mobiles dans les zones les plus touchées. »

Néanmoins, le travail d’assistance envers les enfants et les familles dans les parties éloignées et ravagées par les inondations reste un défi logistique majeur. Hélicoptères et bateaux sont parfois les seuls moyens de transport possibles pour atteindre ces endroits. Et, comme Susan Ngongi le fait observer, «leur coût est substantiel.»


 

 

Vidéo (en anglais)

14 novembre 2006:
Susan Ngongi, la responsable de la planification des urgences pour l’UNICEF, parle des derniers développements de la situation et des opérations de secours en Afrique de l’Est, touchée par des inondations.

 VIDEO  haut | bas

Audio (en anglais)

15 novembre 2006 :
Christian Balslev-Olesen, Représentante de l'UNICEF en Somalie, parle sur l'impact des inondations dans la région.

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