L'UNICEF dans les situations d'urgence

La vie dans la région du Pakistan dévastée par le séisme, un an après

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© UNICEF/HQ05-1469/Pirozzi
Un couple et ses enfants assis devant leur tente dans un des camps pour les victimes du séisme prés de l’hôpital de Mansehra.

By Sabine Dolan

NEW YORK, Etats-Unis, 6 octobre 2006 – L’année qui vient de s’écouler a été extrêmement difficile pour les enfants qui vivent dans les régions dévastées par le tremblement de terre, dans le nord du Pakistan.

Le séisme, d’une ampleur de 7,6, s’est produit le 8 octobre 2005, juste au moment où les enfants commençaient leur journée scolaire. Les jeunes, qui constituent plus de la moitié de la population vivant dans la région du séisme, ont été particulièrement éprouvés : sur les quelque 75 000 personnes tuées, 18 000 étaient des enfants.

L’UNICEF et ses partenaires sont intervenus sur place avec des secours d’urgence peu de temps après la catastrophe. Grâce aux fournitures essentielles entreposées par précaution au Pakistan, on a pu distribuer aux rescapés des couvertures, des biscuits à haute teneur énergétique, et du matériel de santé. Depuis, l’UNICEF aide ce qui ont désespérément besoin d’assistance et il restera dans les régions dévastées aussi longtemps qu’il le faudra, en veillant en particulier à répondre aux besoins des enfants.

« L’UNICEF est un organisme qui milite pour les enfants, et lors des programmes de reconstruction, on n’entend pas beaucoup la voix des enfants », constate Zeba Bukhari, un des responsables de la planification et de la coordination,  « je pense que nous avons réussi à améliorer les choses ».

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© UNICEF/HQ06-0311/Pirozzi
Des enfants prennent leurs leçons dans une école à l’air libre dans un de camps pour les victimes du séisme, dans le district de Muzaffarabad au Pakistan.

Eau, assainissement et santé

L’une des grandes priorités aura été de permettre à des millions de personnes affectées par le séisme d’avoir accès à de l’eau salubre. Quelques jours à peine après la catastrophe, l’UNICEF avait en partie réparé les canalisations d’eau à Muzaffarabad et dans d’autres villes en ruines, permettant à plus de 400 000 personnes d’avoir accès à de l’eau salubre. Il a également aidé à la réparation de près de 200 systèmes d’eau en régions rurales et construit 35 000 latrines, pour quelque 700 000 personnes.

Mais les problèmes persistants d’accès à de l’eau salubre, exacerbés par les moussons récentes, expliquent qu’il y ait de plus en plus de cas de maladies d’origine hydrique, et notamment de diarrhée et de choléra. 

Outre les dégâts infligés au système d’approvisionnement en eau, le séisme a dévasté les installations sanitaires de la région. Avec l’aide du gouvernement et de partenaires internationaux et locaux, l’UNICEF a financé la reconstruction de plus de 150 dispensaires et centre de santé. Il a également épaulé les campagnes de vaccination et aidé à la formation de milliers d’agents sanitaires pour les communautés.

Education et protection de l’enfant

L’éducation est une autre des grandes priorités de l’UNICEF et de ses partenaires dans le nord du Pakistan. L’objectif dans ce cas n’est pas seulement de ramener sur les bancs de l’école tous les enfants scolarisés mais aussi d’y amener tous ceux qui n’y sont jamais allés, les filles en particulier. Cela n’a pas été facile.

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Une fille avec des blessures sur son visage, attend à être guéri dans un des camp pour les rescapés du séisme.

Le tremblement de terre a démoli plus de 7 500 écoles et tué, grièvement blessé ou déplacé environ 2 000 enseignants. Pour commencer à remettre sur pied le système éducatif, l’UNICEF va achever la construction de 1 235 écoles permanentes – toutes capables de résister aux tremblements de terre et toutes adaptées aux enfants – d’ici à la fin de 2007.

En attendant, l’UNICEF a donné 2 500 tentes spécialement équipées pour servir de classe, pour favoriser un sentiment de retour à la normale chez les enfants et les aider à achever leur éducation.

Il faut également se pencher sur les répercussions psychologiques de la catastrophe. Des dizaines de milliers d’enfants ont perdu un parent, ou les deux, dans le tremblement de terre. Un nombre encore plus élevé d’entre eux ont été séparés de leurs familles. Pour aider les enfants que la catastrophe a particulièrement fragilisés, l’UNICEF et ses partenaires ont créé une centaine d’ « espaces adaptés aux enfants » qui offrent à quelque 11 000 jeunes la possibilité de jouer, de recevoir des soins psychologiques, des conseils et des soins.

Privilégier la reconstruction

Au total, 3,5 millions de personnes ont été obligées de fuir leurs foyers suite au tremblement de terre d’il y a un an. Aujourd’hui, plus de 30 000 d’entre elles vivent toujours dans des camps disséminés dans toute la région de la frontière du Nord-Ouest et du Cachemire sous administration pakistanaise. Les gens reprennent lentement le fil de leur vie et l’on remarque que des fondations de maison commencent à apparaître à côté de maisons en ruines. Mais le traumatisme est toujours là.

« J’ai peur des tremblements de terre maintenant, dit Nazia Azeem, une orpheline de 10 ans qui vit avec son oncle et sa tante,  je ne vais pas à l’intérieur des bâtiments ».

Une grande partie des communautés isolées dans les montagnes n’avaient jamais disposé de services sanitaires, éducatifs et sociaux adéquats avant le tremblement de terre. L’UNICEF est résolu à modifier cette situation en reconstruisant en mieux. Depuis mars, en coopération avec le gouvernement, l’UNICEF a changé l’orientation de ses opérations de secours, passant de l’acheminement de l’aide d’urgence à la tâche plus complexe de reconstruction.

« Nous espérons que la qualité des écoles, la qualité des hôpitaux, la qualité des routes et la qualité de la vie auront beaucoup progressé, une fois que nous aurons mis en œuvre tous ces programmes », affirme le Lieutenant-Général Nadeem Ahmed, Vice-Président de l’Autorité responsable du redressement et de la reconstruction suite au tremblement de terre.

Un an après, beaucoup de progrès ont été accomplis mais il reste beaucoup à faire pour aider les rescapés – et les enfants en particulier – à reprendre le cours de leur vie.


 

 

Vidéo (en anglais)

5 octobre 2006:
Un an après le tremblement de terre catastrophique dans le nord du Pakistan, la correspondante de l’UNICEF  Sabine Dolan fait le point sur le travail de l’UNICEF dans la région et la situation des rescapés.

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