L'UNICEF dans les situations d'urgence

En Israël et au Liban, deux adolescentes racontent comment elles ont vécu la guerre

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© UNICEF/HQ06-1164/Debbas
Un enfant, debout à l’extérieur d’un bâtiment détruit par les bombardements dans le village d’Aïta al-Shaab, au sud du Liban, deux jours après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah.

Par Blue Chevigny

NEW YORK, ETATS-UNIS, 19 septembre 2006 – Deux adolescentes, l’une d’Israël, l’autre du Liban, ont récemment eu l’occasion de se parler au téléphone et de s’entretenir de leurs expériences pendant la guerre entre Israël et le Hezbollah. 

Joy, 15 ans, vit à Beyrouth, la capitale du Liban. Omer, 15 ans également, habite Haïfa, en Israël.

Les deux jeunes filles ne s’étaient jamais rencontrées auparavant mais avaient toutes les deux envie de parler à une autre personne se trouvant de l’autre côté de la frontière. UNICEF Radio a repris leur conversation dans une émission en deux parties. (Cliquez sur le lien audio à droite pour écouter la seconde partie).

Vivre la guerre

Joy et Omer ont vraiment été surprises quand la guerre a éclaté l’été dernier au Liban et au nord d’Israël.

« Je savais qu’il y avait de la tension entre les deux pays, explique Joy. Mais je ne m’attendais pas à ce qu’Israël réagisse si durement. J’étais tranquillement chez moi quand quelqu’un m’a appelée pour me dire ce qui était en train de se passer car je ne regardais par les informations. J’ai pensé : « Mon Dieu, la guerre que mes parents ont subie, cela m’arrive à moi aussi. »

Joy raconte que son frère est parti au Canada pendant la guerre pour aller à l’université. Mais elle, elle ne voulait pas partir. « Le Liban, c’est ma vie », dit-elle.

Omer est d’accord. Elle non plus n’aurait pas voulu quitter sa maison d’Haïfa malgré les invitations de parents vivant dans des  parties d’Israël moins touchées par le conflit.

« Nous avons plus ou moins subi la guerre, dit-elle. J’avais envie de rester chez moi. Cela me paraissait étrange de penser qu’on était en guerre, parce que ce que nous connaissons comme la vie habituelle, avec des explosions de bus et dans les restaurants de temps en temps, n’est déjà pas normal. Mais cela fait partie de notre vie quotidienne.»

La violence remise en question

Joy a été consternée par la violence infligée au sud du Liban. Elle critique également le fait que des civils ont été tués au nord d’Israël. Le dialogue s’engage.

Joy : « Les civils sont innocents, ils n’avaient rien à voir avec la guerre. Ils étaient là au mauvais moment, tout simplement. »

Omer : « En Israël, les gens étaient capables de faire la différence entre le Hezbollah et les Libanais. J’en voulais vraiment au Gouvernement israélien et à l’armée. »

Joy : « Au début, qu’est-ce que tu pensais ? Que tout allait s’arranger ? Ou qu’Israël les aurait et les anéantirait » ?

Omer : « Je ne crois pas que la solution soit de les tuer. Parce que si ce n’est pas le Hezbollah, il y aura d’autres extrémistes qui voudront atteindre leurs buts par la violence. Pour le long terme, nous devons faire quelque chose de plus fort que cela. »

Joy : « Que veux-tu dire par plus fort ? »

Omer : « Je ne sais pas, je veux dire, changer le concept selon lequel il faut utiliser la violence pour obtenir ce qu’on veut, qu’il s’agisse de territoires ou d’autre chose. En quelque sorte, ce ne devrait pas être en tuant plus ».

Joy : « Tout le monde veut cela mais je ne pense pas que ce soit possible. Je suis sûre qu’il y aura toujours cette haine à cause du passé. »

Un rôle de futurs dirigeants

Omer affirme qu’elle est toujours optimiste et qu’elle croit qu’il y aura un jour la paix. Joy  admet que ce serait une chose excellente. Mais elle dit aussi qu’elle ne pense pas que toutes les deux, en tant que représentantes de la jeune génération, puissent faire quelque chose pour contribuer à son établissement.

« Je ne sais pas, dit Omer. Nous sommes ceux qui vont remplacer les idiots qui sont aujourd’hui aux commandes, alors… »

« Exactement ! s’exclame Joy. Mais les jeunes qui veulent être au parlement ou faire des choses du même genre, ils admireront probablement ces gens et se comporteront de la même façon ou même pire. »

« J’espère que non, » dit Omer.

« J’espère vraiment, vraiment que non, bien sûr, réplique Joy. J’aimerais voir Israël. J’ai entendu dire que c’était un beau pays. »

«Oui, dit Omer. J’aimerais voir le Liban. »


 

 

Audio (en anglais)

13 septembre 2006:
Pour Radio UNICEF, deux adolescentes - Omer en Israel et Joy au Liban, toutes les deux agées de 15 ans - parlent de la vie pendant la guerre et trouvent des points communs dans leurs expériences. 1ere partie.
AUDIO écouter

19 septembre 2006:
Omer et Joy partagent leurs réactions à la guerre et leur espoir pour un futur en paix. 2e partie.
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