L'UNICEF dans les situations d'urgence

Des jeunes au Moyen Orient parlent des conséquences du conflit

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Zohar, un jeune palestinien, assis chez lui en compagnie de ses frères et soeurs dans la ville de Beit Hanoun, dans le nord de Gaza.

Par Blue Chevigny

NEW YORK, États-Unis, 14 août 2006 – Yasmin, 13 ans, vit dans la Bande de Gaza. Elle dit que sa vie était belle auparavant, sans les peurs qu’elle ressent qui sont maintenant quotidiennes. « Je ne peux pas aller nager, je ne peux aller nulle part, je ne peux pas consulter Internet en raison du manque d’électricité », dit-elle. « Je ne peux même pas prendre un bain en raison de la pénurie d’eau ».

Shuki, 14 ans, habite Kiryat Shmona dans le nord d’Israël. « On se baladait librement », dit-il. « C’était une ville calme ». Son père et sa mère l’ont envoyé chez des parents à Jérusalem, où la violence est moins à craindre. Il remarque néanmoins que : « Le moindre bruit vous fait sursauter, même si vous vous savez à l’abri ».

Les jeunes au Moyen Orient ressentent les effets de la violence quotidienne qu’il y a autour d’eux. Mazen, un étudiant à l’université de 20 ans, qui a servi comme bénévole dans un foyer pour personnes déplacées à Beyrouth, au Liban, se préoccupe des effets à long terme sur les enfants.

« On le voit dans leurs dessins », raconte-t-il. « Les enfants dessinent des fusils et des bombes qui tombent du ciel, et des corps ensanglantés. Ce sont des enfants qui dessinaient d’habitude des choses normales, telles que des fleurs et des maisons ».

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Un garçon, sur une colline, regarde la fumée qui monte de Beyrouth, la capitale du Liban.

«Ils ne seront jamais les mêmes»

Alors que le cessez-le-feu, qui prend effet aujourd’hui au Liban, offre un espoir aux enfants de ce pays, des semaines de violence ont perturbé la vie des jeunes d’un bout à l’autre du Moyen Orient. Dans certains cas, des jeunes ont perdu leur liberté de mouvement, leur logement et des membres de leur famille.

Mona, 16 ans, habite en Syrie. Dans sa ville, il y avait un afflux de réfugiés venus du Liban après le début des combats. « Un bon nombre d’écoles étaient pleines de libanais », dit-elle. « Et toute les résidences d’étudiants, qui se vident l’été, ont été également occupées par les libanais ».

Elle a des parents au Liban et elle avait coutume d’aller y passer des vacances. « Pour nous, le Liban était plein de vie », dit-elle pleine de regrets. « Maintenant, c’est fini. Ces enfants vont grandir dans la violence et ils ne seront plus jamais les mêmes ».

À Gaza, Basem, 16 ans, raconte qu’il s’est réveillé en sueur l’autre nuit. « Je dormais et je me suis réveillé, mon coeur battait rapidement. C’était à cause des avions F-16 qui avaient bombardé le terrain de football palestinien à côté de chez moi. »

Du temps pour guérir

Dans leurs témoignages, tous ces enfants et ces jeunes se préoccupent de l’avenir de leur pays. « Beaucoup de professeurs sont partis », dit Mazen. « Je vois que les esprits les plus brillants du Liban partent au loin. Qui va rebâtir le pays ? Qui va assurer l’éducation de nos enfants ? ”

Mazen se préoccupe également de la perte de sensibilité qui vient en vivant de telles épreuves de guerre. « Plus de gens meurent, moins la mort d’un individu a d’effet », observe-t-il. « Le plus important est de continuer à ressentir de la sympathie pour ceux qui perdent leur vie ».

Shir, 16 ans, habite à Haïfa, dans le nord d’Israël. Elle fait des projets d’avenir mais elle se demande s’ils sont réalisables. « Je veux pouvoir voyager en Syrie, en Égypte, en Jordanie, au Liban », dit-elle. « Je veux être en mesure de voir ces pays, de rencontrer ces populations. Ma grand-mère est née en Syrie, près de la frontière et je veux voir le lieu où elle est née. Mais à présent c’est impossible, car nous sommes ennemis ».

Le résultat, c’est que les jeunes de Gaza, d’Israël et du Liban ont peur. À cause de cette peur qui change leur vie, il leur est difficile d’imaginer pour eux-mêmes un avenir positif. Plus tôt seront résolus les conflits qui les entourent, plus tôt s’amorcera leur guérison.


 

 

Audio (en anglais)

14 août 2006 :
La correspondante de Radio UNICEF, Blue Chevigny, décrit les perspectives des jeunes touchés par le conflit à Gaza, en Israël et au Liban.
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