L'UNICEF dans les situations d'urgence

Le défi humanitaire au Liban

Image de l'UNICEF
© Reuters/Karim
Un jeune garcon libanais retire une couverture des décombres d'un immeuble détruit par le raid de la veille sur les banlieues sud de Beyrouth.

Par Sabine Dolan

NEW YORK, États-Unis, 9 août 2006 – Alors que le conflit au Moyen Orient dure depuis près d’un mois, la population civile libanaise reste confrontée à des défis dramatiques, la fourniture d’une aide d’urgence étant pratiquement impossible.

Au Liban, depuis le début des hostilités entre Israël et le Hezbollah, le 12 juillet, on dénombre à présent 1 020 morts et plus de 3 500 blessés. La plupart des victimes sont des civils, et environ 30 pour cent d’entre elles seraient des enfants.

Du fait des combats continuels et de la destruction presque totale des infrastructures de transport, c’est une tâche écrasante que de fournir une aide humanitaire à près d’un million de personnes déplacées à cause du conflit ou qui se trouvent piégées dans des secteurs isolés.

Accès interdit aux convois

« Depuis environ 48 heures, l’accès au sud du pays a été pratiquement coupé », a dit le chargé de la communication de l’UNICEF, Simon Ingram, lors d’un entretien téléphonique depuis Beyrouth, la capitale libanaise. « Il a été extrêmement difficile de faire passer dans le sud du pays des convois acheminant des approvisionnements de l’UNICEF et des fournitures provenant d’autres organisations ».

Image de l'UNICEF
© IRIN/2006
La fourniture d’une aide d’urgence aux civils de Beyrouth et du sud Liban a été rendue pratiquement impossible par les combats continuels et par la destruction des infrastructures de transport.

En outre, les forces armées israéliennes n’ont pas accordé les autorisations nécessaires, a indiqué M. Ingram.

« L’accès est refusé à environ la moitié de nos convois et ceux qui l’obtiennent des Forces israéliennes ou ceux auxquels un tel accès a été promis par ces mêmes Forces doivent parfois rebrousser chemin car on est revenu sur l’accord donné », a déclaré le Directeur des programmes d’urgence de l’UNICEF, Dan Toole.

M. Toole a ajouté qu’il n’existait pas actuellement d’accès maritime pour pénétrer au Liban.

Livraison de certains approvisionnements

Alors que la situation sur le terrain reste incertaine, en particulier dans le sud Liban, l’UNICEF et ses partenaires sont arrivés à organiser certaines opérations de secours.

Un convoi de 11 camions acheminant de l’aide humanitaire – y compris deux camions de l’UNICEF, chargés de 10 000 litres d’eau potable – est parvenu à quitter Beyrouth ce matin à destination de Saïda. Aujourd’hui également, 2 000 trousses d’hygiène sont passées au Liban depuis la Syrie.

Et en ayant pour objectif d’améliorer les installations d’eau et d’assainissement, l’UNICEF a examiné les bâtiments scolaires utilisés pour servir d’abri à des milliers de familles dans Beyrouth.

Image de l'UNICEF
© AP/Balilty
Dans le port de Tyr, un petit libanais se tient près des cercueils de personnes tuées lors du raid aérien sur Cana.

Le danger des munitions non explosées

Par ailleurs, une pénurie alarmante de carburant entrave les efforts de secours.

« Le pays épuise progressivement ses derniers stocks d’essence, ce qui signifie que non seulement les stocks nécessaires aux convois, mais aussi ceux utilisés pour des structures d’une importance vitale comme les hôpitaux vont très vite disparaître », a  expliqué M. Ingram. 

« Cela implique que probablement d’ici la fin de cette semaine – à moins que la situation ne se débloque – il ne sera plus possible d’effectuer des soins d’urgence, et les salles d’opération, les couveuses et les dispositifs de stockage de vaccins ne fonctionneront plus dans de nombreux hôpitaux d’un bout à l’autre du pays. Cette situation est extrêmement préoccupante », a-t-il ajouté.

Le problème des munitions non explosées est apparu également, du fait que des milliers de bombes sont tombées sur tout le pays depuis le début du conflit.

L’UNICEF s’efforce, avec le Comité directeur de coordination de la lutte antimines, d’informer la population sur le danger des mines et des engins non explosés. L’action sera axée essentiellement sur les familles déplacées qui peuvent rentrer chez elles et sur les familles restées dans les zones de conflit.

Image de l'UNICEF
© Reuters/Bensemra
Á Kiryat Shmona, au nord d’Israël, des habitants se précipitent dans un abri lors d’une attaque de roquettes du Hezbollah. L’UNICEF soutiens également des ateliers psychosociaux organisés en Israël afin d’aider les enfants à surmonter leur traumatisme.

Le soutien psychologique des enfants

Dans la mesure où la mort et les destructions font partie de la vie quotidienne de tant de civils, l’UNICEF a entrepris le suivi psychologique des enfants dans toute la zone de conflit du Moyen Orient.

« Ce que nous savons, c’est que des milliers d’enfants sont profondément angoissés par ce qu’ils ont vu, que cela est vrai en Israël et certainement vrai au Liban »,  a dit M. Toole. « Ce qui est à présent nécessaire, c’est d’arrêter les combats – il  faut arrêter les roquettes tirées sur Israël, il faut arrêter les combats au Liban ». 

Afin d’aider les enfants des villes situées au nord d’Israël, qui ont été chaque jour sous le feu des roquettes du Hezbollah, l’UNICEF apporte son concours aux ateliers psychosociaux, dans le cadre d’un accord spécial financé par un apport du Comité national canadien pour l’UNICEF.

Au Liban, toutefois, il est très difficile d’atteindre des gens dans le besoin, ce qui constitue un énorme problème. « Il nous est impossible de fournir une aide humanitaire, alors qu’il y a une guerre avec des combats en cours et que nous n’avons pas la certitude absolue que nos équipes et nos convois sont protégés », a dit M. Toole. « À présent, nous ne l’avons pas ».


 

 

Vidéo (en anglais)


9 août 2006 :
Le Directeur des programmes d’urgence de l’UNICEF, Dan Toole, parle de la crise en cours au Moyen Orient.
 VIDEO  haut | bas

Obtenez des vidéos de qualité professionnelle chez The Newsmarket

Audio (en anglais)

9 août 2006 : le chargé de la communication de l’UNICEF,  Simon Ingram, décrit le défi auquel l’UNICEF est confronté dans son action humanitaire au Liban.
AUDIO écouter

Recherche