L'UNICEF dans les situations d'urgence

L’UNICEF protège la santé et le bien-être général des enfants déplacés par le conflit au Liban

Image de l'UNICEF: Emergencies, Lebanon
© Reuters/ Stapleton
Une femme pleure avec ses enfants à Bent Jbail, au sud du Liban, après avoir évacué le village d’Aitaron suite aux bombardements.

Par Rachel Bonham Carter

NEW YORK, USA, 3 août 2006 – L’UNICEF vient de lancer une campagne de vaccination au Liban destinée à protéger la santé de dizaines de milliers d’enfants chassés de leurs foyers par le conflit actuel.

On estime que 45 pour cent des plus de 900 000 personnes déplacées au Liban depuis le début des combats le 12 juillet dernier entre le Hezbollah et Israël, sont des enfants. Dans le cas de beaucoup d’entre eux, leur donner accès à l’aide humanitaire constitue pour l’UNICEF et ses partenaires un défi majeur.

 «La situation est grave et se détériore plutôt rapidement, affirme le Directeur des programmes d’urgence de l’UNICEF, Dan Toole, qui s’est rendu au Moyen-Orient au début de cette semaine. Les enfants sont coupés de tout, les familles sont coupées de tout. Beaucoup, beaucoup de personnes sont sans assistance, sans vivres, sans eau.»

Dan Toole a aussi réitéré l’appel à la cessation des hostilités, lancé le 30 juillet dernier par la Directrice générale de l’UNICEF Ann M. Veneman. Elle avait alors décrit une  «situation désespérée» au cours de laquelle on estimait que 250 enfants avaient été tués, et qu’un nombre encore bien supérieur se trouvait en grand danger, non seulement à cause de la violence mais aussi à cause des maladies.

«Au Liban, nous avons une population en relative bonne santé, observe-t-il. Mais cela peut rapidement changer, particulièrement quand les gens vivent dans des endroits surpeuplés. Alors la santé est un domaine où il faut intervenir ».

Image de l'UNICEF: Emergencies, Lebanon
© AP/Frayer
Des habitants du village d’Aitaroun, au sud du Liban, se frayent un chemin parmi les décombres alors que, profitant d’une accalmie, ils fuient leur foyer.

Des vaccins aux ballons de volley

Afin que la santé des enfants puisse être maintenue dans ces circonstances difficiles, 18 000 d’entre eux, âgés de neuf mois à quinze ans, doivent subir cette semaine une vaccination contre la rougeole durant une campagne à Beyrouth. Cinquante-cinq mille autres seront concernés par une campagne nationale la semaine prochaine. Des équipes sanitaires distribueront aussi des suppléments de vitamine A pour renforcer le système immunitaire des enfants.

Parallèlement, des besoins urgents en eau potable sont apparus dans la zone de conflit. En tant qu’institution chef de file des Nations Unies pour l’eau et l’assainissement au Liban, l’UNICEF distribue des bidons d’eau ainsi que de l’eau par camions-citernes. Jusqu’à présent, quarante-huit citernes à eau ont été acheminées dans la région de Beyrouth.

L’UNICEF distribue aussi des trousses de loisirs aux enfants afin d’évaluer leurs besoins psychosociaux au milieu des hostilités.

«Une des meilleures choses que nous puissions faire, c’est de leur donner du matériel de loisir, des jeux, des jouets, des ballons de foot, de volley, etc., observe Dan Toole. Quand ils commencent à jouer, nous pouvons voir quels enfants sont perturbés ou ont peur et quels enfants sont susceptibles d’avoir besoin d’une attention accrue ou d’une aide psychologique. Il s’agit de séparer ces enfants des autres et de leur donner le soutien dont ils ont besoin.»

Image de l'UNICEF
© UNICEF /2006/Molinaro
Des caisses de l’UNICEF contenant des vivres et des équipements d’urgence sont chargées à bord d’un convoi de l’ONU en partance pour Tyr, au Liban.

Des convois d’aide périlleux

Selon Dan Toole, le conflit rend difficile et dangereux l’acheminement des convois destinés à l’aide humanitaire et il y a très peu de voies d’accès aux zones sinistrées du sud du Liban.

«Chaque convoi doit être autorisé par les Forces de Défense israéliennes de façon à ce que nous puissions nous rendre dans ces zones en toute sécurité sans être nous-même attaqués, cela prend du temps, explique-t-il. Hier, par exemple, deux de nos convois ont été annulés à la dernière minute et un seul d’entre eux a pu partir vers le sud. Il est donc très difficile de fournir des vivres aux gens qui en ont besoin.»

Dan Toole ajoute que l’UNICEF demande aux pays donateurs un soutien financier.

«Jusqu’à présent, nous avons reçu beaucoup de promesses mais très peu d’argent,  dit-il. Nous ne pouvons pas acheter des vivres et des équipements avec des promesses. Nous avons besoin de cet argent rapidement pour pouvoir  avancer et procurer au sud les équipements, la formation et le personnel nécessaires pour aider les enfants.»


 

 

Vidéo (en anglais)


3 août 2006 :
le Directeur des programmes d’urgence de l’UNICEF, Dan Toole, qui vient juste de rentrer du Moyen-Orient, décrit la crise humanitaire au Liban.
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