L'UNICEF dans les situations d'urgence

Journée internationale de sensibilisation aux mines : un monde sans mines est à notre portée

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© UNICEF/HQ92-1674/Lemoyne
A jeune garçon blessé par une mine terrestre met sa prothèse, à Phnom Penh, Cambodge. Malgré les progrès dans l’effort d’éradication des mines, les engins explosifs laissés par les guerres représentent toujours une menace dans plus de 80 pays.

Par Rachel Bonham Carter

NEW YORK, Etats-Unis 4 avril 2006 – Les enfants pourraient être protégés bien plus tôt que prévu de la menace des mines terrestres et autres débris explosifs provenant des guerres. Si on s’en réfère au Rapport 2005 sur les mines terrestres (‘Landmine Monitor Report 2005’) entre 15 000 et 20 000 personnes – dont au moins 20 pour cent d’enfants – sont tuées ou mutilées par ces engins chaque année. Mais depuis une dizaine d’années leur nombre diminue.

L’UNICEF est convaincu que le problème peut être complètement éliminé en quelques années si les efforts en cours continuent. Aujourd’hui, pendant la première Journée internationale de sensibilisation aux mines, les pays concernés peuvent rappeler à leurs donateurs que le but n’est pas tout à fait atteint, mais qu’avec un soutien continu, il le sera.

« Le principal message du jour est que la menace représentée par les mines terrestres et autres débris explosifs de guerre ou de munitions non explosées peut être éliminée en quelques années, et non plus en dizaines d’années, » explique Paula Claycombe, une des spécialistes de la question à l’UNICEF. « Ça, c’est la bonne nouvelle. Mais pour y arriver, nous avons encore besoin de soutien financier et d’une aide pour se débarrasser des mines, éduquer les personnes en situation de risque et s’assurer que l’on s’occupe bien des survivants ».

Des actions diverses seront organisées dans 29 pays concernés à travers le monde pour marquer cette journée. A New York, Danny Glover, Ambassadeur itinérant de l’UNICEF, participera, aux côtés d’experts des Nations Unies et de militants antimines, à une table ronde sur les mines.

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© UNICEF/HQ04-0770/Bonn
Les survivants des mines terrestres, tous de moins de 18 ans, défilent en faveur de l’interdiction de ces mines pour souhaiter la bienvenue à l’Ambassadeur Danny Glover, Ambassadeur itinérant de l’UNICEF.

Savoir, c’est sauver

A la fin d’un conflit, les combattants laissent derrière eux des mines terrestres, des armes abandonnées et des munitions non explosées comme des bombes à grappes ou des grenades. Ces munitions sont une menace permanente pour les civils, surtout les enfants attirés par ces objets inconnus.

Enseigner aux enfants à vivre au milieu de cette menace omniprésente et réduire les risques d’être tué ou mutilé par une mine, sont deux des principales actions de l’UNICEF dans ces régions.

Au Sri Lanka, dans le district de Batticloa, Varatharaj Thinesh, 14 ans, s’en est sorti de justesse. Ce qui lui est arrivé montre bien comment le savoir peut sauver des vies. Par inadvertance, il a découvert le bout d’une mine terrestre antipersonnel dont il semble qu’elle ait flotté jusque dans le club des enfants de son village pendant des crues de la mousson. Heureusement, Varatharaj assiste au programme de sensibilisation aux mines, un programme fondé et coordonné par l’UNICEF en collaboration avec la Sarvodaya, une organisation non gouvernementale. Il savait qu’il ne fallait pas y toucher ni paniquer, il a appelé à l’aide, la mine a pu être enlevée sans danger.

« Malgré la mine que j’ai trouvée, je me sens en sécurité dans les alentours du village puisqu’ils ont été nettoyés, » dit Varatharaj. « Mais je ne sais pas ce qu’il y a plus loin. »

Education, plaidoyer et assistance

« Le travail de l’UNICEF sur les mines repose sur trois piliers », constate Paula  Claycombe. « Le premier c’est la sensibilisation au danger des mines dans la trentaine de pays infestés de mines. Nos programmes informent les communautés sur les risques que peut présenter une simple marche dans certaines zones  – par exemple ce qu’on peut et ce qu’on ne peut pas ramasser.

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Grâce à ses prothèses Lay Sokhum, 14 ans, peut pédaler sur un vélo pour se rendre à l’école d’Au Roel, son village à l’ouest du Cambodge. En 2002, Lay a perdu ses jambes en marchant sur une mine terrestre alors qu’il travaillait dans le champ de son père.

« Le deuxième pilier c’est le plaidoyer. Nous luttons pour une ratification universelle du Traité d’interdiction des mines. Nous luttons aussi pour le développement et la mise en place d’une législation au niveau national afin de réduire la menace des mines terrestres.

« Et le troisième pilier, c’est ce que nous appelons l’aide aux victimes – s’assurer que les personnes, les enfants en particulier, blessées par une mine ou autre explosif, reçoivent bien les soins adéquats et le soutien à la fois immédiat et à long terme, pour qu’ils soient en mesure de garder leur place au sein de leur communauté. »

Le Traité d’interdiction des mines, entré en vigueur en 1999, a été ratifié par plus des trois quarts des pays du monde. Il proscrit la production, le stockage et l’utilisation des mines terrestres antipersonnel.

La menace des mines existe encore dans plus de 80 pays. Les plus touchés sont l’Afghanistan, la Bosnie-Herzégovine, le Cambodge, la Colombie et la République populaire démocratique lao.


 

 

Vidéo (en anglais)

4 avril 2006:
L'ambassadeur itinérant de l'UNICEF Danny Glover parle de l'effet dévastateur des mines terrestres sur les enfants.

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Vidéo (en anglais)

4 avril 2006:
Au cours de la première Journée internationale de sensibilisation aux Mines, Rachel Bonham Carter, envoyée spéciale UNICEF fait un rapport sur les progrès accomplis vers l’élimination des mines terrestres.

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