L'UNICEF dans les situations d'urgence

Journée de l’enfant africain 2005: l’occasion de réfléchir

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© UNICEF/HQ04-0946/Noorani
Osama, 12 ans, vit avec sa famille dans le camp pour personnes déplacées de Krindig, dans la partie ouest du Darfour. Le camp a construit des écoles avec l’appui de l’UNICEF. Cet élève veut « devenir président du Soudan et apporter la paix à [mon] pays. »

Par Sabine Dolan

New York, le 15 juin 2005 - Les pays d’Afrique s’apprêtent à célébrer la Journée de l’enfant africain, le 16 juin 2005. Il s’agit d’une fête annuelle qui fournit l’occasion de réfléchir aux progrès réalisés dans le domaine de la santé, de l’éducation, de l’égalité et de la protection pour tous les enfants du continent.

Cette journée est observée chaque année depuis 1991. Elle a été créée pour honorer la mémoire des enfants de Soweto (Afrique du Sud) tués ou blessés par centaines pendant une manifestation en faveur des droits civiques en 1976.

La principale célébration aura lieu à Banjul, capitale de la Gambie. Le thème de cette année (Orphelins et enfants vulnérables) attire l’attention sur les défis auxquels sont confrontés les jeunes qui ont perdu un de leurs parents, voire les deux, ainsi que les enfants qui souffrent d’un handicap. Rien qu’en Gambie, 55 000 enfants ont perdu au moins un de leurs parents. 7 000 d’entre eux sont devenus orphelins à cause du VIH/SIDA.

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© UNICEF/HQ97-1332/Pirozzi
Une fillette de l’ethnie Mumuila porte un panier traditionnel près de la ville de Lubango, dans le sud de l’Angola.

Guerre et VIH/SIDA

Les conflits armés et la crise du VIH/SIDA représentent deux des pires problèmes qui affectent les enfants africains. Le Libéria est de ceux-là. Selon Angela Kearney, représentante de l’UNICEF dans ce pays, la guerre civile a provoqué une détérioration des services publics dont les enfants souffrent encore aujourd’hui.

« Beaucoup d’écoles ont été détruites, beaucoup d’enseignants sont partis. Certaines campagnes de vaccination n’ont pu avoir lieu. Nous sommes aussi très inquiets de la menace que fait planer le VIH/SIDA au Libéria », explique-t-elle.

L’aide humanitaire manque de fonds pour la plupart des crises que l’Afrique endure de façon chronique. Seules deux des dix nations affectées par des crises récurrentes devraient atteindre les objectifs de financement fixés par l’UNICEF. Les cinq pays africains qui ont reçu le moins de fonds en dépit de crises récurrentes sont le Burundi, le Libéria, la Guinée, l’Erythrée et l’Angola.

Les pays ravagés par un conflit civil ou qui s’en relèvent à peine figurent parmi ceux qui ont le plus besoin d’une aide d’urgence. L’Angola en fait partie. « Après 27 années de guerre civile, le taux de mortalité infantile en Angola est l’un des plus élevés au monde, constate le représentant de l’UNICEF Mario Ferrari. Un enfant sur quatre meurt avant l’âge de cinq ans. L’enregistrement des naissances est quasi inexistant, et du coup, des millions d’enfants ne sont pas scolarisés. »

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© UNICEF Darfur/2005
Des enfants dans un camp pour déplacés de l’intérieur au Darfour

Fonds de secours

Selon M. Ferrari, les enfants de ce pays sont confrontés à d’autres problèmes graves, comme la malnutrition ou les mines antipersonnel, sinistre héritage de la guerre civile :

« On peut dire que l’Angola est le pire pays où vivre quand on est un enfant. C’est un défi énorme que de l’aider à se reconstruire peu à peu.  Mais quand on voit le désir et la volonté de ce peuple de recommencer à vivre normalement, on ne peut rester insensible. »

La récolte de fonds en réponse à la crise du Darfour laisse également à désirer. Même s’il fait les gros titres des journaux du monde entier, le Darfour n’a obtenu que 30 pour cent de l’objectif fixé cette année.

Les autres pays pour qui les fonds de secours n’atteignent pas 50 pour cent de l’objectif fixé sont la République centrafricaine, le Congo (Brazzaville), la Côte d'Ivoire, le Malawi, la Tanzanie et l’Ouganda.

Par sa présence en Afrique, l’UNICEF s’efforce d’aider à créer un avenir meilleur pour les enfants de ce continent. L’organisation applaudit la prise de position récente du Groupe des huit pays les plus industrialisés qui a décidé d’annuler la dette de quatorze nations africaines. L’UNICEF exhorte également les membres du G-8 à songer à augmenter leur aide publique aux nations africaines, en particulier celles qui subissent chroniquement des crises humanitaires.


 

 

Vidéo (en anglais)

le 15 juin 2005 :
La correspondante de l’UNICEF à New York Sabine Dolan présente la Journée de l’enfant africain.

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(Real player)

Audio (en anglais)

Le Représentant de l’UNICEF en Angola, Mario Ferrari, parle des défis auxquels sont confrontés les jeunes Angolais.

La Représentante de l’UNICEF au Burundi, Catherine Mbengue, discute la situation du pays et son besoin urgent de fonds.

La Représentante de l’UNICEF au Libéria, Angela Kearney, décrit comment la guerre civile qui dure depuis quinze ans a vulnérabilisé les enfants de ce pays.

Le Représentant de l’UNICEF en Guinée, Marcel Rudasingwa, expose la façon dont les jeunes Guinéens sont victimes de la pauvreté, du VIH et de la guerre.

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