Haïti

Des spécialistes parlent de collaboration pour prévenir la violence sexuelle en Haïti

Séisme en Haïti : rapport un an après

Image de l'UNICEF
© UNICEF/NYHQ2010-2628/LeMoyne
Une jeune fille debout dans la cour d'un centre de transit pour enfants sans parents épaulé par l'UNICEF à Ganthier, une ville située près de Port-au-Prince, en Haïti. Elle a été victime de violences sexuelles pendant qu'elle était confiée à une famille d'accueil.

Les enfants d'Haïti vacillent encore sous l'impact durable du séisme du 12 janvier 2010. Un an après, voici une histoire parmi tant d'autres sur le long parcours qui mène des secours à la reconstruction.

Par Tania McBride

NEW YORK, États-Unis, 11 janvier 2011 – Maricia Jean a été violée puis jetée en prison. Son fils a été assassiné mais elle n'a jamais réussi à se rendre à ses obsèques. Elle vivait cachée, craignant pour sa vie et celle des autres membres de sa famille qui avaient survécus. Pourtant, elle est vivante et a décidé d'agir. 

Maricia Jean est la co-fondatrice d'une organisation haïtienne locale appelée FAVILEK (l'acronyme créole pour « Femmes victimes, debout ! »). Basée dans la capitale, Port-au-Prince, l'organisation est composée de plus de 80 femmes demandant justice au nom d'autres femmes et filles qui ont été victimes de violence sexiste, à la fois avant et depuis le tremblement de terre d'Haïti.

Mettre fin à l'impunité

Une manifestation parrainée par la fondation Thomson Reuters – intitulée « La justice consignée : la violence sexuelle contre les femmes en Haïti » - s'est déroulée la nuit dernière à New York et Maricia Jean a été reçue lors d'un débat de spécialistes organisé pour mieux sensibiliser le public au problème et chercher un moyen de mettre fin à l'impunité.  

Image de l'UNICEF
© UNICEF/NYHQ2010-1283/Ramoneda
Une fillette âgée de neuf ans, assise à Port-au-Prince, en Haïti, où elle avait été enlevée d'un camp pour familles déplacées par le tremblement de terre puis violée et violemment battue.

Parmi les autres intervenants figuraient Mendy Marsh, spécialiste à l'UNICEF de la question de la violence sexiste dans les situations d'urgence; Yolette Mengual, Chef de cabinet du ministère haïtien de la Condition féminine et des droits de la femme; Lisa Davis, Directrice de la défense des droits de l'homme à l’association Madre; et Jayne Fleming, avocat pro bono pour le cabinet juridique Reed Smith et militante des droits de l'homme en Haïti.

« Dans toutes les situations d'urgence, nous savons que la violence sexiste est probablement portée à augmenter en raison de l'effondrement des structures sociales et des dispositifs de protection », a expliqué Mendy Marsh. « Il est essentiel que nous disposions d'un éventail de réponses diverses et de solutions concrètes et que les problèmes de violence sexiste soient intégrées d’entrée à l'intervention humanitaire dans tous les secteurs ».  

« Politiques d'action axées sur les rescapées »

Des solutions concrètes pour prévenir ce type de violence, comme par exemple doter les femmes et les filles vulnérables de radios et de lampes à énergie solaire, ont déjà vu le jour dans les camps de déplacés situés dans la partie d'Haïti touchée par le tremblement de terre. C'est aussi le cas d'une coordination directe sur le problème avec les associations de femmes et les organismes de protection de l'enfance.

L'UNICEF a également formé plus de 300 personnes à la prévention de la violence sexiste, dont des agents de police, des assistantes sociales et des juges ainsi que du personnel humanitaire. Cependant, durant le débat, Mendy Marsh a rappelé qu’il fallait en faire plus au niveau local.

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© UNICEF/NYHQ2010-0376/Noorani
Une fillette dort sur le sol à l'extérieur de l'abri de fortune de sa famille dans le camp pour victimes du tremblement de terre du Parc Jean Marie Vincent à Port-au-Prince, en Haïti, ou les conditions de promiscuité et d'insécurité rendent les enfants et les femmes plus vulnérables aux enlèvements et à la violence sexuelle.

 « La communauté locale doit avoir confiance dans les services qui sont offerts aux rescapées de violences sexuelles et sexistes. Les communautés elles-mêmes ont aussi besoin de savoir comment faire face et réagir à la violence. Créer des politiques d'action axées sur les rescapée c’est essentiel. Il faut aussi tenter de s'attaquer aux causes locales à long terme, comme les normes sociales, si nous voulons prévenir la violence sexiste », a-t-elle déclaré.

« Reconnaître les voix des victimes est fondamental », a ajouté Jayne Fleming. « Il ne s'agit pas d'une situation qui est propre à Haïti. Il n'y a pas d’abri, par de voix pour les organisations locales ».  

Pas de solution rapide

Au cours du débat, Yolette Mengual a affirmé que le gouvernement haïtien ne pouvait pas faire tout seul face à ces problèmes. « Bien que le gouvernement ait érigé le viol en crime en 2005, le problème de l'impunité continue d'exister », a-t-elle dit. Elle a observé aussi que le soutien financier et un cadre juridique plus solide étaient indispensables pour que les femmes et les filles haïtiennes connaissent une meilleure sécurité.

Mendy Marsh a affirmé qu’il faudrait du temps pour mettre fin à violence sexiste en Haïti. 

« Nous devons soutenir le ministère de la Femme », a-t-elle dit. « Nous devons veiller à ce que la communauté ait confiance dans les services et informer les gens sur la façon dont ils peuvent accéder à ces services. Les institutions doivent être axées sur les rescapées et des fonds sont nécessaires pour s'attaquer au problème de la violence sexiste ». 


 

 

Séisme en Haïti


Reportage photo : un espoir fragile pour les enfants d'Haïti 
(en anglais)

"Enfants d'Haïti : un an après  des secours à la reconstruction : un long parcours" [PDF]

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