Haïti – Pays en crise

Guérir les blessures : l’UNICEF Haïti progresse en matière d’initiative psychosociale

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© Reuters
Les enfants de Haïti dans leur très grande majorité ont été affectés par la violence. L’UNICEF a élaboré des initiatives psychosociales afin de venir en aide aux enfants qui souffrent de stress à la suite d’un traumatisme

Par Sabine Dolan

PORT-AU-PRINCE, 30 mars 2005 – La population civile continue à être victime de violences en Haïti, malgré la présence d’un important contingent de maintien de la paix et alors même que Haïti, le pays le plus pauvre des Amériques, lutte pour se remettre des catastrophes naturelles et des insurrections de l’an dernier. La crise a  été particulièrement profonde pour la population, en particulier les femmes et les enfants. Comme le rappelle Françoise Gruloos Ackerman, la Représentante de l’UNICEF en Haïti, « lorsqu’une crise politique éclate, les premiers touchés sont les enfants. C’est malheureusement universel. Cela est dû à un effondrement de toute l’infrastructure sociale, ce qui a été précisément le cas aux
Gonaïves ».

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© UNICEF Haiti/Daniel Morel/Sept 2004
Les inondations aux Gonaïves ont aggravé les difficultés d’une population qui souffrait déjà de la violence et de l’agitation politique.

L’UNICEF a envoyé une importante équipe aux Gonaïves et demeure très actif dans ce secteur. La ville de la côte nord a été le foyer de l’agitation politique depuis le milieu des années 80 et elle a la réputation d’abriter un bon nombre de gangs. Pour aggraver les choses, ce sont les Gonaïves qui ont supporté l’essentiel des inondations et des glissements de terrain de l’an dernier. Mme Ackerman a ces mots pour décrire l’engrenage qui a dégradé le tissu social de la ville : « Les centres de soins étaient fermés en raison de l’insécurité. La plupart des écoles étaient fermées également – un bon nombre d’entre elles l’étaient depuis des mois – et les rares à rester ouvertes subissaient des agressions et des attaques perpétrées par des membres de gangs, qui menaçaient les élèves. La population ne s’aventurait pas hors de chez elle; cela a pesé sur les revenus et affecté les enfants par voie de
conséquence ».

L’UNICEF, avec l’aide de l’Université de Haïti, a mené des recherches afin de mieux cerner l’impact sur les enfants de l’agitation politique actuelle.

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© UNICEF Haiti/2004
Rentrée des classes : l’UNICEF a nettoyé à fond 50 écoles gravement endommagées par les inondations et en réhabilite 30 autres dans les zones les plus reculées de l’île.

Les résultats indiquent que les enfants dans leur très grande majorité sont profondément troublés par la violence, déclare Françoise Gruloos Ackerman :  « Chaque enfant a été concerné par des violences d’une manière ou d’une autre, qu’on le lui ait raconté ou qu’il en ait été lui-même témoin, en participant à ces violences ou en en étant victime. Cette découverte a créé un choc en Haïti tout comme à l’UNICEF ».  Les effets, dans tous les domaines, de la violence sur les enfants sont devenus d’une toute première importance pour l’UNICEF, et l’organisation a mis davantage l’accent sur ses initiatives psychosociales visant à aider les enfants traumatisés. Dans cette optique, le Gouvernement haïtien a bien accueilli la rédaction du Code national de l’enfant – qui sera bientôt adopté –  dans la mesure où ce code constitue un élément important dans la mise en place d’un environnement protecteur pour les enfants.

En Haïti, on avait oublié les besoins psychosociaux des enfants, et l’UNICEF estime qu’une meilleure sensibilisation à cette question constitue un nouveau départ, déterminant pour l’avenir du pays – notamment dans le climat actuel d’instabilité politique.


 

 

Audio

31 mars 2005 :
La Représentante de l’UNICEF en Haïti, Françoise Gruloos Ackerman, débat de l’incidence de la violence politique en Haïti.
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