Haïti - Pays en crise
La catastrophe peut amorcer une amélioration
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| © UNICEF Haiti/2004/Lemoyne |
| Un enfant souffrant de malnutrition aiguë avec sa mère à l'Hôpital Bernard Mevs, à Port-au-Prince, le 13 mars 2004. L'hôpital est resté ouvert en dépit des pillages et du chaos dans lequel a plongé la capitale et il soigne tous les jours une cinquantaine |
La catastrophe peut amorcer une améliorationLorsqu'une catastrophe frappe, la situation empire - mais après quelque temps, elle peut s'améliorer
PORT-AU-PRINCE, 13 mars 2004 -- La mort plane dans cette ville. Des manifestants pris sous les balles, le cadavre d'un homme castré sur le dépotoir du marché, un voleur abattu et lynché par une foule en furie en dehors d'un supermarché et, un peu partout ces barricades de pneus en flammes qui bloquent l'accès du dédale de rues patrouillées par des voyous armés.
Craignant de venir au travail, les médecins et infirmiers sont restés chez eux et de nombreux hôpitaux sont fermés.
Les mères accouchent à la maison, dans leurs baraques crasseuses des quartiers miséreux; les enfants tuberculeux, pour qui chaque toux est une souffrance, comptent les heures, allongés sur leur paillasse, et les nourrissons s'affaiblissent rapidement sous les coups de maladies qu'une simple vaccination aurait suffi à éviter.
Le petit écart qui sépare les enfants des maladies et de la mort s'est rétréci en Haïti et chaque journée de crise le rétrécit encore.
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| © UNICEF Haiti/2004/Lemoyne |
| Une mère avec son enfant de deux jours, après une césarienne, à l'Hôpital Bernard Mevs. L'UNICEF a fourni à l'hôpital du matériel et des médicaments pour ses services de pédiatrie, d'obstétrique et d'urgence, dans le cadre des efforts qu'il déploie pour f |
Un partenaire en action
Dans une banlieue pauvre, l'UNICEF a trouvé un partenaire qui reste ouvert quand les autres sont fermés. Aujourd'hui, des médicaments sont livrés à l'Hôpital Bernard Mevs pour un projet dirigé par deux chirurgiens haïtiens formés en France, des jumeaux. Le personnel infirmier qui les épaule est soutenu par un ordre de sours colombiennes.
Le camion de l'UNICEF livre son précieux cargo de médicaments et matériel médical, expédié la semaine dernière des entrepôts de Copenhague, et qui a déjà été déplacé trois dans Port-au-Prince pour l'abriter du chaos.
En faisant une tournée des lits, on trouve un enfant qui souffre de malnutrition aiguë, un autre empoisonné par du chlore, un autre victime d'une méningite, un autre tuberculeux. Plus de 50 enfants sont amenés chaque jour aux portes de l'établissement. Il s'agit souvent de problèmes complexes et pour les résoudre, il faut du temps et de l'argent.
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| © UNICEF Haiti/2004/Lemoyne |
| Un garçon de 5 ans qui souffre de tuberculose, avec son père à l'Hôpital Bernard Mevs. |
Une crise dans une crise
Une maman allaite son enfant, né la veille après une césarienne d'urgence. Elle s'est présentée à trois hôpitaux avant que les portes de Bernard Mevs ne s'ouvrent à 02h00 du matin, et les jumeaux se sont levés en pleine nuit pour accoucher le bébé.
"La pénurie de médicaments atteint un stade critique", constate le Dr Jacques Bitar. Il affirme que l'effondrement des pouvoirs publics en Haïti a provoqué une crise dans la crise et il montre une jeune femme qui attend dans le service maternité. "Douze pour cent des femmes que je vois sont séropositives, victimes du comportement de leur mari".
Les médicaments ont été livrés, et la porte de l'entrepôt de l'hôpital a été fermée. Mais l'adversité a permis d'entrouvrir une autre porte, sur l'espoir cette fois : l'UNICEF a proposé d'aider l' Hôpital Bernard Mevs dans le cadre de son programme mené en Haïti pour prévenir la transmission du VIH de la mère à l'enfant.

















