Éthiopie

En Ethiopie, une éducation meilleure pour un avenir meilleur

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© UNICEF/HQ04-0378/Fiorente
A l’occasion de la Journée de l’enfant africain 2004, des fillettes remplissent des formulaires pour une « enquête d’enfants à enfants » sur l’éducation à l’Ecole élémentaire Tiben Menged d’Addis Abeba. Elles sont aidées par un membre du Forum de la jeunesse éthiopienne (au premier plan, avec un tee shirt de l’UNICEF), un organisme soutenu par l’UNICEF.

Par Andrew Heavens

ADDIS ABEBA, Ethiopie, 15 juin 2006 – Alors que partout dans le monde on se prépare à célébrer la Journée de l’enfant africain –  pour l’anniversaire des manifestations historiques organisées par des enfants qui réclamaient une éducation de base et de qualité à Soweto, Afrique du Sud – cette journée revêt également une signification particulière  en Ethiopie.

Il y a deux ans, le 16 juin, un groupe dynamique de jeunes Ethiopiens s’est réuni pour étudier de près le système éducatif du pays. Connu sous le nom de Forum de la jeunesse Ethiopienne, le groupe a fait pression sur le gouvernement pour aider les enfants, les filles en particulier, à aller à l’école.

Lors de la Journée de l’enfant africain 2004, ils ont lancé une enquête pour savoir qui  étaient les enfants qui n’allaient pas à l’école et pourquoi.

Pour l’accès à l’éducation 

Les enquêteurs ont interrogé 550 élèves dans 20 écoles élémentaires pour recueillir des informations dans le cadre du mouvement réclamant l’accès gratuit à l’éducation primaire.

Les résultats de l’enquête ont mis en lumière les difficultés que rencontrent les filles comme Meskerem Geremew, mais on constate déjà des améliorations. Il y a deux ans, Meskerem n’allait pas à l’école et travaillait pour aider sa famille à se nourrir. Aujourd’hui, à 12 ans, elle va à l’école tous les jours et a pour ambition d’enseigner l’anglais et de voyager.

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© UNICEF/ HQ06-0298/Andrew Heavens
Meskerem paie ses frais de scolarité en cirant des chaussures, métier typiquement masculin, les soirs après l’école et les weekends.

“Je sais qu’il faut aller à l’école parce qu’un enfant n’est pas censé travailler, et je rêve d’être quelqu’un d’important plus tard," dit-elle.

Si ces dizaines de milliers de filles qui, comme Meskerem, vont à l’école en Ethiopie aujourd’hui, c’est essentiellement grâce à leur courage et détermination. Mais c’est aussi un témoignage rendu au travail du Forum de la jeunesse éthiopienne.

L’enquête révèle des difficultés

L’échelle de l’enquête menée par le Forum et soutenue par l’UNICEF était limitée mais  elle a permis de rappeler que plus de 7,8 millions d’enfants éthiopiens – y compris 4 millions de filles – n’étaient pas scolarisées.

Les raisons de cette absence de scolarisation étaient étonnantes. La raison la plus simple et la plus importante (69 pour cent) était que les parents ne pouvaient pas s’acquitter des frais de scolarité. La deuxième raison (29 pour cent), qui en découle, c’est le manque de matériel scolaire; les familles ne pouvaient tout simplement pas se payer les fournitures nécessaires, comme les uniformes, livres, crayons et papier.

Autres obstacles : corvées domestiques (18 pour cent), corvée de l’eau (8 pour cent), école trop éloignée (13 pour cent) ou personne pour emmener l’enfant à l’école (7 pour cent).

‘Pas de développement sans éducation’

 “Ces problèmes existent depuis longtemps. Mais on les a souvent négligés,” note Maekelech Gidey, Responsable de l’éducation en Ethiopie pour l’UNICEF. “Cette enquête en soi est une grande réussite. Nous devons faire encore plus pour poursuivre le travail à l’avenir.”

Deux ans plus tard, on note des avancées significatives en faveur d’une éducation primaire gratuite pour tous, le Gouvernement Ethiopien s’étant engagé à y parvenir d’ici à 2015 dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le développement.

L’UNICEF travaille étroitement avec la Banque mondiale et d’autres partenaires pour favoriser l’accès à une éducation de base et de qualité en s’appuyant sur l’Initiative pour l’abolition des frais de Scolarité. Les droits et besoins des enfants exclus, marginalisés ou vulnérables sont la clé de voûte de ces efforts.

“Il n’y a pas de développement sans éducation,” dit Elleni Muluneh, membre fondateur du Forum de la jeunesse Ethiopienne. “Plus nous éduquerons nos enfants, plus nous nous développerons à long terme. Peut-être qu’un jour nous pourrons mettre tous les enfants derrière un bureau d’écolier.”

Sabine Dolan a contribué à ce reportage depuis NewYork.


 

 

Vidéo (en anglais)

15 juin 2006:
Reportage de Dan Thomas, Correspondant de l’UNICEF, sur les efforts déployés par le Forum de la jeunesse éthiopienne pour scolariser les enfants.
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