Égypte

Une aide psycho-sociale pour les enfants rattrapés par la violence de la rue en Égypte

Par Hala Abu Khatwa

LE CAIRE, Égypte, 22 février 2011 - L'UNICEF a lancé un programme de soutien psychosocial pour les enfants qui ont été affectés par la violence pendant l'insurrection en Égypte les deux dernières semaines.

VIDÉO (en anglais): le reportage de Hala Abu Khatwa, de l'UNICEF, sur les enfants qui ont été affectés par les violences pendant l'insurrection récente en Égypte et sur le lancement par l'UNICEF et les partenaires égyptiens d'un programme de soutien psycho-social pour aider les enfants en danger dans le pays à surmonter leur détresse psychologique.  Regarder dans RealPlayer

 

Suivant les journées massives de protestation pacifique qui ont débuté le 25 janvier, les manifestations sont devenues violentes quand des affrontements ont éclaté entre les manifestants, les forces de police et les contre-manifestants. Des voyous, engagés pour la circonstance, auraient été mêlés à ce dernier groupe.

De plus, le retrait de la police des rues et l'évasion de milliers de prisonniers ont causé des incidents des pillage et fait grimpé la peur parmi les familles. En conséquence, des personnes de tous âges, y compris des enfants, sont sortis dans les rues et ont formé des groupes de citoyen pour protéger leurs quartiers jusqu'à ce que les forces armées puissent ramener la sécurité le vendredi 4 février. 

Pris dans les affrontements

Selon les premiers chiffres annoncés par le ministère de la Santé et par les organisations des droits de l'homme, 365 personnes ont été tuées pendant les événements dans différent gouvernorats et des milliers de personnes ont été blessées.

« Toutes les cas de décès et de blessés rapportés, particulièrement ceux d'enfants, tout comme les rapports faisant état d'enfants payés pour participer aux contre-manifestations, ainsi que les cas d'enfants détenus, devront être examinés à fond et les droits des enfants totalement respectés », a déclaré le représentant de l'UNICEF en Égypte, Philippe Duamelle. 

« Les enfants ont besoin qu'on les aide à surmonter leur sentiment d'insécurité lié aux violence auxquelles ils ont pu assister ou même subir », a-t-il ajouté.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Egypt/2011/Aql
Au Caire, un enfant dort sur la PlaceTahrir, à l'épicentre des récentes protestations en Égypte.

Aider les enfants en danger

Le programme psycho-social que l'UNICEF et ses partenaires égyptiens ont mis en place, assistera les enfants en danger du Caire et d'Alexandrie, et plus généralement les écoliers de l'ensemble du pays, afin de les aider à surmonter leur détresse à la fois psychologique et sociale.

Déjà l'on forme les travailleurs sociaux et les enseignants à identifier chez les enfants les signes de traumatisme et de stress, à leur apporter un soutien psychologique, et à référer les cas spécifiques aux services spécialisés si nécessaire. La formation sera également dispensée via des vidéo-conférences afin de pouvoir atteindre les enseignants dans tout le pays. Des psychologues fourniront un entrainement spécial sur le tas aux professeurs et aux travailleurssociaux des secteurs qui ont été les plus affectés par les manifestation.

Selon le Dr Hashem Bahary, professeur de psychologie à l'Université Al- Azhar, jusqu'à 30 pour cent des enfants égyptiens pourraient avoir souffert d'anxiété, de dépression et de compulsion obsessionnelle.

« Dans le cadre de ce programme psycho-social, nous préparons l'enseignant, le psychologue et le travailleur social à communiquer activement avec les enfants », déclare le  Dr Bahary. « Cette communication est basée sur l'écoute et les moyens de donner aux enfants la possibilité de s'exprimer précisément afin de réduire bien sûr leur anxiété ».

L'impact dans les rues

Les jeunes les plus sérieusement affectés sont les dizaines de milliers d'enfants qui vivent et travaillent dans les rues du Caire et des autres grandes cités du pays. Des témoignages d'enfnats vivant dans la rue montrent qu'ils ont été exposés à des violences graves, et vu des personnes tuées ou gravement blessées sous leurs yeux.

Maha (les noms des enfants ont été changés), 18 ans, explique comment on a tiré sur son amie de 16 ans : « nous étions au milieu de la foule. On lui a tiré dans le dos, nous l'avons aussitôt amenée à l'hôpital et nous sommes restés à ses côtés jusqu'à ce qu'elle aille mieux ».  
 
Mohamed, 15 ans, raconte qu'il s'est rendu à la protestation pour se joindre à la foule. « Des gens nous lançaient des bombes de gaz lacrymogènes et tiraient des balles en caoutchouc », se rappelle-t-il. « J'ai été frappé par une des balles en caoutchouc à la main. C'était douloureux et j'ai dû aller chez le docteur pour me la faire enlever ».  

Le programme d'appui psycho-social de l'UNICEF va aider les enfants comme Maha et Mohamed à surmonter les conséquences de ces expériences traumatisantes et à aller de l'avant avec confiance.


 

 

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