Catastrophe du Raz-de-marée - Pays en crise

Malaisie : donner des moyens d’action aux femmes affectées par le raz de marée

Image de l'UNICEF
© UNICEF Malaysia / 2005 /Nadchatram
Les femmes des villages côtiers touchés par le raz de marée participent à un atelier conçu pour les aider à repérer des possibilités s d’affaires après la perte de leurs moyens d’existence.

Par Lydia Lubon 

KUALA MUDA KEDAH, Malaisie, décembre 2005 –  « Il n’est pas facile d’être seule avec ses trois enfants, sans aucune aide. Lorsque le raz de marée a tout emporté – mes machines à coudre, mes économies et mon logement – j’ai eu le sentiment que je n’aurai pas la volonté de continuer », dit Hamidah Bte Che Rus, en regardant d’un air soucieux sa petite fille. « Mais je remercie Dieu d’avoir épargné la vie de mes trois enfants ».  

Par rapport à ses voisins, la Malaisie a été en grande partie épargnée par les effets désastreux du raz de marée. Néanmoins, 10 000 personnes ont été touchées par cette catastrophe naturelle, et, à Kuala Muda, dans le village de pêcheurs éloigné qui est celui de Hamidah, 2 742 familles ont été affectées. Le littoral de la région a été dévasté et il y a des millions de dollars de dégâts. On compte 115 familles de survivants comme celle de Hamidah qui vivent à présent dans des logements provisoires financés par les pouvoirs publics, en attendant l’exécution du plan de deux ans du gouvernement pour la reconstruction des logements.

Souligner la vulnérabilité et l’inégalité

En Malaisie, les femmes ont été sous bien des aspects les victimes silencieuses du raz de marée et l’UNICEF s’efforce d’améliorer leur situation. « L’expérience de l’UNICEF, acquise dans le monde entier, nous enseigne qu’il est essentiel d’impliquer les femmes dans l’effort de redressement. Mais trop souvent, tout compte fait, on néglige ou on refuse d’entendre les voix des femmes », déclare la Représentante de l’UNICEF en Malaisie, Gaye Phillips.

À la suite du raz de marée, un des partenaires locaux de l’UNICEF, Pusat Jana Daya (EMPOWER – Donner des moyens d’action), a effectué une évaluation qui a révélé cette absence de consultation des femmes.

 

L’UNICEF a déployé sur le terrain des équipes issues des organisations à base communautaire afin de procéder à des évaluations par le biais de discussions de groupe sur ce sujet, dans un certain nombre de villages sinistrés. Ces recherches ont montré que, jusqu’à la catastrophe du raz de marée, les femmes avaient été fortement impliquées dans les activités économiques,  notamment en s’occupant du bétail et de la culture des légumes, en confectionnant des vêtements, en faisant le pain et en préparant le poisson pour qu’il soit conservé. Par ces activités, elles aidaient leur famille à vivre.

« Il y a quelques années que je suis veuve et, depuis lors, je suis la seule source de revenus pour mes trois enfants. Mais, à cause du raz de marée, il m’est extrêmement difficile de reprendre mon activité sans logement et sans machines à coudre », explique Hamidah. Le fait d’aborder les besoins des femmes et de les inclure à tous les niveaux dans le plan de reconstruction de la Malaisie à la suite du raz de marée a constitué un défi. Mais la mobilisation des femmes est essentielle et, en faisant entendre davantage leurs voix dans tous les domaines, elles en recueilleront les fruits à long terme.

Donner des moyens d’action aux femmes

Reconnaissant qu’il est important de donner des moyens d’action aux femmes, l’UNICEF, en collaboration avec ses partenaires, l’UNFPA (Fonds des Nations Unies pour la population) et EMPOWER, a conçu l’une des premières tentatives visant à aborder les besoins des femmes affectées par le raz de marée, sous la forme d’un atelier qui leur est spécifiquement destiné, ainsi qu’à leurs enfants. Le programme d’éducation communautaire de trois jours – l’un des deux programmes concernant les femmes que finance l’UNICEF – a été créé pour mettre en relief la situation exceptionnelle des femmes et pour les aider à faire connaître leurs besoins à ceux qu’elles aiment. « Certaines femmes m’ont dit qu’au cours de cet atelier elles avaient compris pour la première fois que leur point de vue et leurs besoins avaient une certaine valeur et qu’ils étaient parfois aussi importants que ceux de leurs maris », dit Yunus Ali, le Directeur de EMPOWER. 

L’UNICEF constate qu’il faut d’abord donner aux mères les moyens de subvenir à leurs besoins et de s’aider elles-mêmes afin qu’elles soient en mesure d’aider sur le plan affectif et psychologique leurs enfants touchés par le raz de marée. « À la maison, les femmes sont les principales pourvoyeuses de soins. S’il leur est très difficile de prendre soin de la famille, chacun le ressent, les enfants en particulier », fait remarquer Gaye Phillips, la Représentante de l’UNICEF.

Rebâtir les logements, rebâtir les vies

Hamidah et ses enfants vont rester pour une période indéterminée dans un logement provisoire, financé par les pouvoirs publics, pendant la construction de leur nouvelle maison. Comme les autres mères, elle souhaite ce qu’il y a de mieux pour ses enfants. Surtout, elle sait que ses enfants comptent sur sa force et ses conseils. « Après le raz de marée, pendant longtemps, j’ai senti que je ne savais pas comment continuer à vivre. Mais je me suis forcée à aller de l’avant. Je ne voulais pas que mes enfants voient que j’avais peur, car si je désespère, qui sera là pour eux ? »  

Sabine Dolan a contribué à la rédaction de ce reportage depuis New York.


 

 

Vidéo (en anglais)

Le correspondant de l’UNICEF, Steve Nettleton, décrit les initiatives soutenues par l’UNICEF visant à aider les femmes malaisiennes affectées par le raz de marée.

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