Catastrophe du Raz-de-marée - Pays en crise

Aider les enfants de Malaisie traumatisés à la suite du tsunami

Image de l'UNICEF
© UNICEF Malaysia/2005/Nadchatram
Nur Alia (9 ans), de l’île malaisienne de Langkawi, raconte à sa conseillère le Dr Sarimah Bt Sudin les cauchemars fréquents qu’elle a sur la grosse vague noire.

Par Lydia Lubon

LANGKAWI, Malaisie, décembre 2005 – Il est difficile d’imaginer que la plage où joue à présent la petite fille de 9 ans Nur Alia a été complètement dévastée par le tsunami de décembre 2004. Ponctuant son jeu de rires et de gloussements, elle peut provisoirement oublier les cauchemars qui la hantent constamment sur le jour où « la vague est arrivée. »

Près d’un an après que le tsunami a ravagé les pays riverains de l’océan Indien, la vie a un air de tranquillité sur cette côte de l’île de Langkawi : les pêcheurs s’affairent sur leurs bateaux, les enfants jouent dans le sable du bord de mer et les villageois continuent à vaquer à leurs occupations quotidiennes. Aujourd’hui, la plus grande partie des ruines a été nettoyée avec l’aide de fonds publics. Mais les blessures affectives qu’a laissées cette catastrophe naturelle, surtout chez les enfants, sont loin d’être cicatrisées.  

« Ils sont revenus… mes rêves où les vagues arrivent. J’avais peur », dit Nur Alia des cauchemars qu’elle a encore régulièrement. Cette fillette a eu pendant sept mois environ des séances de conseils psychologiques, depuis le début de l’année. « Elle prenait des médicaments pour ses cauchemars, mais au cours des derniers mois elle a interrompu le traitement parce qu’elle semblait aller mieux. Depuis, elle a eu une rechute », indique le Dr Sarimah Bt Sudin en souriant gentiment à Nur Alia.

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Nur Alia rejoint ses amies pour jouer à la marelle au bord de la mer. À la différence de ses amies, Nur Alia était seule quand le tsunami a frappé sa maison, juste à 50 mètres du bord de mer.

Syndrome de stress post-traumatique

Les symptômes du syndrome de stress post-traumatique révèlent les types de détresse psychosociale les plus fréquemment observés chez les enfants après une catastrophe. Il s‘agit généralement d’insomnies, d’agitation, de dépression, de phobies, d’angoisses et de cauchemars. Sans traitement, ces troubles peuvent souvent ressurgir plusieurs mois ou même des années après l’événement.

Voilà une des raisons pour lesquelles l’UNICEF a réagi dans la semaine qui a suivi la catastrophe et a rapidement mandaté une équipe de chercheurs de HELP University College pour se livrer à une « analyse des besoins » de la région de Malaisie frappée par le tsunami. Cette équipe, constituée de trois psychologues et d’un conseiller, a trouvé que la catastrophe naturelle avait laissé des blessures psychologiques chez les enfants qui en avaient été les témoins.

« Dans la plupart des pays en développement, face à une catastrophe naturelle, il est rare que l’on mette en place des interventions psychosociales », indique le Dr Goh Chee Leong, Directeur du Centre de psychologie à HELP University College. « Ce manque de soutien affectif peut avoir un effet très négatif sur les enfants traumatisés. »

Pour répondre à ce besoin insatisfait, l’UNICEF s’occupe de l’impact affectif à long terme du tsunami sur les Malaisiens qui y ont survécu. À ce jour, l’UNICEF et ses partenaires ont organisé deux séries d’ateliers de formation psychosociale post-traumatique à l’intention d’une soixantaine de dirigeants communautaires influents de la région. L’UNICEF espère que ce groupe bien entraîné pourra, au fil des années, constituer des réseaux de soutien à la santé mentale dans les communautés touchées par le tsunami. Gaye Phillips, représentante de l’UNICEF en Malaisie, explique : « Ce qui est fascinant à propos de ce projet-ci de l’UNICEF, c’est le fait que nous mettions en place une infrastructure intégrée pour le bien-être psychosocial qui va durer bien au-delà de la période de récupération qui a suivi le tsunami. »

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Nur Alia et sa mère, Supiah Minan.

Rêver de nouveau

Cependant, sur l’île de Langkawi, nombre d’enfants affectés par le tsunami comme Nur Alia ont bénéficié de l’aide de HELP University College et de l’initiative de l’UNICEF pour faire face à la menace de traumatismes à long terme. « Bien que Nur Alia ait eu une rechute, elle a suivi de gros progrès sur le plan affectif depuis ses premiers mois de counselling. Son appétit est revenu et elle travaille bien à l’école », indique le Dr. Sarinah, une main rassurante posée sur l’épaule minuscule de Nur Alia. A la fin de la journée, Nur Aila rentre à pied à son village en espérant que ses cauchemars sur la « grosse vague » disparaîtront pour laisser la place à des rêves normaux. 

Sabine Dolan a contribué de New York à ce rapport.


 

 

Vidéo (en anglais)

Le correspondant de l’UNICEF Steve Nettleton parle des programmes d’appui psychologique soutenus par l’UNICEF pour aider les enfants traumatisés à la suite du tsunami.  

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