Catastrophe du Raz-de-marée - Pays en crise

Maldives : réparer les dégâts causés par le tsunami

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Des ateliers éducatifs, des séances de création artistique et le soutien psychologique individuel aident les enfants à mettre derrière eux les terribles souvenirs du tsunami.

Par Jadranka Milanovic

ÎLE DE GAN, Maldives, 22 juin 2005 – « Cela se reproduira quand ? » demande Aishath, qui est âgée de sept ans, en serrant fort la main de sa mère. Comme beaucoup d’enfants de cette région, Aishath souffre du traumatisme d’avoir vécu le tsunami, qui l’a forcée, ainsi que sa famille, à s’enfuir de chez eux.

Alors que les efforts de secours ont été axés avant tout sur les dégâts physiques causés par le tsunami, les survivants luttent également pour surmonter le choc et les troubles entraînés par cette catastrophe.
Beaucoup de ceux qui ont vécu le tsunami sont maintenant hantés par des souvenirs et des retours en arrière qui déclenchent chez eux une sensation intense d’anxiété et de panique. Ceci s’est aggravé après qu’un second séisme ait frappé la région en mars.

Aishath et sa famille vivent à présent dans un centre de secours situé sur l’île de Gan, au sud de Malé, la capitale des Maldives. L’île accueille maintenant 408 personnes déplacées dans leur propre pays, qui viennent des îles voisines de Kalhaidhoo, Isdhoo et Mundoo.

Le deuxième séisme

Les problèmes sont nés lorsqu’Aishath et sa famille ont dû quitter leur foyer, sur l’île de Mundoo, après qu’elle ait été ravagée par le tsunami. Aishath était réveillée par des cauchemars et ne pouvait se rendormir si sa mère n’était pas près d’elle. Elle a perdu l’appétit et il lui a été impossible de fixer son attention.

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L'établissement d'une routine d'apprentissage aide les enfants dans leur guérison psychosociale.

« Lorsque nous avons pu, finalement, nous installer dans le camp de secours, son état a paru aller en s’améliorant », indique Hawwa Ali, la mère d’Aishath. « Peu de temps après, elle est retournée en classe, mais nous devions tous –  non seulement son père et moi, mais aussi ses frères et sœurs, sa grand-mère et son grand-père – lui promettre d’être là à son retour ». 

Depuis mars, après que la région ait été secouée par un second séisme, d’une amplitude bien moindre, Aishath a peur d’être séparée de ses parents, même pour étudier ou aller aux toilettes. « Elle refuse de jouer avec d’autres enfants si nous ne sommes pas dans les parages », dit sa mère.

Le Dr. Reina Michaelson, psychologue de l’enfant et consultante de l’UNICEF, indique que le second séisme a fait courir à la population – en particulier les enfants – un risque élevé de détresse psychologique. « Cette petite fille de sept ans a subi un grave traumatisme. Elle en reste au premier stade de son traumatisme, au moment de la grande vague du tsunami. Elle est incapable de passer à la phase de maturation émotionnelle ».

Un besoin constant de soutien

Afin de contribuer à dissiper ces sentiments de malheur et d’impuissance que l’absurdité apparente du tsunami a engendrés, et pour aider à la guérison émotionnelle et psychologique des personnes touchées, l’UNICEF Maldives a élaboré un certain nombre d’activités thérapeutiques dans le cadre du Programme d’évaluation des besoins psychosociaux, qui est en cours de mise en oeuvre par le Ministère de la parité homme-femme, du développement de la famille et de la sécurité sociale. 

Ces activités comprennent notamment des ateliers éducatifs, des séances de création artistique et du soutien psychologique individuel, destinés aux enfants, aux parents, aux enseignants et aux agents de santé.

On offre aux parents et enseignants qui participent à ces activités une vue d’ensemble des conséquences psychosociales habituelles, sur les survivants, d’une catastrophe naturelle. On leur donne également un aperçu des stratégies permettant de faire face et des conseils pour rechercher davantage d’aide.

Le Programme d’évaluation des besoins psychosociaux et les activités correspondantes ont été mis en œuvre sur six îles, et environ 1 100 adultes et enfants ont participé aux ateliers et aux séances de soutien organisés par l’UNICEF.

Les larmes des participants aux ateliers, dans la mesure où elles montrent bien les effets du tsunami, sont la preuve que ces participants ont besoin d’être aidés dans leurs efforts de guérison psychosociale et qu’il y a une nécessité permanente de programmer cette aide.


 

 

Vidéo (en anglais)

20 juin 2005:
La correspondante de l'UNICEF à New York  Jane O’Brien rends compte des efforts pour aider les enfants a se remettre de leur détresse psychologique après le tsunami.

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