Catastrophe du Raz-de-marée - Pays en crise

Malaisie : les conversations communautaires facilitent la guérison et le retour à la normale

Image de l'UNICEF
© UNICEF Malaysia/2005/Nadchatram
Les femmes de Kumpulan Ekonomi Nelayan Wanita (l'Association Économique de Femmes Fisherfolk), Langkawi parlent entre elles sur leurs histoires du tsunami.

Langkawi, Malaisie, 21 juin 2005 - Lembut Hassan, Aminah Murad, Azizah Hashim et Embon Saad sont en train de vivre un processus long et douloureux suite au tsunami de décembre. Mais elles ne luttent pas seules : elles s’entraident tout en aidant leur communauté à se relever grâce à une institution sociale qui remonte à l’antiquité : la conversation communautaire.

Ces quatre femmes, toutes épouse, mère et chef d’entreprise, se connaissent depuis toujours, comme la plupart des femmes qui vivent dans les villages bordant les paisibles lagons de Langkawi. Lorsque le tsunami a frappé, elles ont subi sa furie avec résilience et une foi indomptable, et elles s’appuient l’une sur l’autre pour faire face aux incertitudes qui ont suivi son passage.

Une tradition profondément enracinée

D’après Gaye Philips, Représentante de l’UNICEF en Malaisie, la conversation communautaire est un processus traditionnel auquel les dirigeants d’une communauté font appel pour aider ses membres à identifier leurs problèmes et à trouver une solution ensemble.

« Cette pratique puise son origine dans la conscience aiguë que les collectivités possèdent des capacités d’empathie et de changement et que les relations sociales sont au coeur de la vie en société. Lorsqu’elle prend ces problèmes en charge, la communauté trouve des solutions durables », explique-t-elle.

Lembut, Aminah, Azizah et Embon sont membres de la Kumpulan Ekonomi Nelayan Wanita (Association économique des femmes pêcheurs) une organisation qui s’est créée récemment pour aider les pêcheurs de Langkawi, un paradis touristique à 400 km de la capitale de la Malaisie, Kuala Lumpur. Leur toute récente coopérative alimentaire a subi un sérieux revers suite au tsunami, qui a détruit ou endommagé la quasi-totalité de leur matériel.

Six mois plus tard, les choses reviennent lentement à la normale. La plupart des hommes sont retournés en mer, les enfants vont à l’école et les femmes de l’association ont recommencé à frire et emballer des anchois pour les vendre aux touristes de l’île. Un travail qui se prête bien à la conversation communautaire en milieu informel !

Un bon moment pour bavarder

« Nous nous réunissons non seulement pour améliorer nos revenus, mais aussi pour papoter. Les femmes sont très occupées ici. Nous devons toutes prendre soin de nos enfants et du ménage, et la plupart ont aussi un emploi à mi-temps. Quand on travaille ensemble, c’est un bon moment pour bavarder », nous confie Embon.

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Salbiah Ahmad de Pusat Jana Daya utilise le dialogue parmi la communauté pour aider les femmes de Kumpulan Ekonomi Nelayan Wanita a exprimer leurs sentiments et préoccupations.

Au cours de ces conversations, les femmes échangent des nouvelles, parlent de la façon dont leur famille surmonte ses peurs, de leurs enfants qui craignent d’aller jouer sur la plage ou d’une voisine qui ne supporte pas de retourner dans sa maison en ruines. Elles discutent comment se préparer à l’éventualité d’une autre catastrophe en gardant certains documents et objets de valeur dans des sacs pour pouvoir les emporter rapidement si elles devaient à nouveau évacuer leur maison.

« Quand nous sommes seules chez nous, il nous arrive de ressentir de l’anxiété ou de la peur. Mais quand nous nous retrouvons ensemble et bavardons avec nos amies, nous avons moins peur », ajoute Embon.

Des conversations utiles

L’UNICEF, en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour les activités en matière de population (UNFPA) et les organisations locales Pusat Jana Daya (Autonomiser) et l’Université HELP, espère guider ce dialogue communautaire pour qu’il aborde les expériences vécues suite au tsunami afin de faciliter un processus au cours duquel les membres de la communauté parleront des problèmes auxquels ils sont confrontés et des solutions qu’ils ont trouvées.

Pendant toute une série de conversations préliminaires, les animateurs de Pusat Jana Daya indiquent la direction à suivre à un certain nombre de femmes. Elles acquièrent ainsi les aptitudes nécessaires pour analyser les problèmes auxquels la communauté est confrontée et proposer des solutions adaptées.  Ensuite, des conversations à bâtons rompus sont organisées avec des membres de la communauté tout entière dans des lieux où ils ont déjà l’habitude de se réunir. On espère qu’ainsi, ces femmes appliqueront aux réunions informelles, chez elles ou sur leur lieu de travail, ce qu’elles ont appris au cours des conversations dirigées.

Un enrichissement communautaire à long terme

« Lors des réunions de groupe, nous espérons obtenir une radioscopie des besoins de la communauté, de ses problèmes ou d’autres questions relatives au tsunami », explique Salbiah Ahmad, directeur de Pusat Jana. Avec l’appui de l’UNICEF, son équipe a dirigé des séances similaires dans d’autres régions de Malaisie affectées par le tsunami.

« Dans un village, nous avons découvert que c’était la première fois que les femmes se réunissaient pour parler de ce qu’elles avaient vécu lors du tsunami. C’est une forme de thérapie de groupe, en quelque sorte. »

Ces conversations communautaires s’inscrivent dans le cadre du programme de l’UNICEF visant à renforcer la réponse psychosociale au tsunami en Malaisie. Les autres activités prévues dans les mois à venir comprennent la création de réseaux de soutien psychosocial et la formation d’agents sanitaires, de conseillers scolaires, d’enseignants et de travailleurs sociaux. Cette formation leur permettra d’offrir des services psychosociaux efficaces aux enfants et à ceux qui s’en occupent.


 

 

Vidéo (en anglais)

5 mai 2005:
Gaye Philips, Représentante de l’UNICEF en Malaisie, nous explique comment l’UNICEF aide les femmes de Langkawi à surmonter les séquelles du tsunami.

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