Catastrophe du Raz-de-marée - Pays en crise

Indonésie : protection et nouvelles opportunités pour les enfant

Image de l'UNICEF
© UNICEF Indonesia/2005/McBride
Erna Widowati, une policière formée par l’UNICEF au Centre pour enfants de Lambaro, surveille les enfants en train de jouer. Elle cherche aussi les siens, ses deux enfants, perdus lors du raz-de-marée.

Par Rob McBride

BANDA ACEH, Indonésie, 21 juin 2005 – Assis les uns à côté des autres sous la tente ouverte, les jeunes garçons répètent les mouvements chorégraphiés avec soin qui accompagneront leur chant. Ils vont se produire pendant une fête qui aura lieu bientôt, et ils veulent que le spectacle soit parfait.

Une telle fête est la preuve que la vie reprend lentement son cours normal pour les enfants d’Aceh, durement touchés par le raz-de-marée.

Ces garçons vont dans l’un des 21 centres pour enfants créés par l’UNICEF et ses partenaires locaux dans les zones les plus gravement touchées d’Indonésie. Les enfants viennent généralement quelques heures par jour. Les Centres offrent à des milliers d’enfants la chance de jouer et leur fournissent un soutien psychosocial afin de les aider à guérir du traumatisme causé par la catastrophe.

À l’extérieur de la tente se trouve l’un des « panneaux de recherche » qui affiche les photos d’une partie du millier d’enfants espérant encore localiser leurs parents.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Indonesia/2005/McBride
Ce panneau de recherche affiche les photos d’une partie du millier d’enfants espérant encore retrouver leurs parents.

Protéger les enfants et aller au-delà

Le Centre, situé à Lambaro, dans la banlieue nord de Banda Aceh, est le lieu où travaille Erna Widowati, l’une des 20 policières formées à la protection de l’enfant par l’UNICEF. Erna a perdu ses deux enfants dans le raz-de-marée.

« C’est ma vocation de protéger les enfants du mieux que je peux », dit-elle. « Et bien sûr je cherche en même temps mes propres enfants. Si Dieu le veut, il va nous réunir. C’est ce que j’espère ».

Les enfants qui ont survécu au raz-de-marée sont vulnérables et leur protection  contre l’éventuelle exploitation par ceux qui se livrent à la traite est l’une des raisons à l’origine de la création des Centres pour enfants. Mais le responsable de la Protection de l’enfant de l’UNICEF, Seamus McRoibin, déclare que ces centres se sont révélés utiles à d’autres titres, dans l’aide à l’effort de guérison à long terme.

« Je pense que nous avons vraiment sous-estimé l’importance des Centres pour enfants. Nous les envisagions dans le cadre d’une intervention de trois mois ». M. McRoibin indique qu’il existe actuellement des projets visant à intégrer de manière permanente les Centres pour enfants dans les communautés d’Aceh.

Des preuves de progrès

Dans le Centre pour enfants de la banlieue de Meulaboh sur la côte ouest de Sumatra, ravagée par le raz-de-marée, beaucoup d’enfants se réunissent chaque jour pour participer à des chants et à des danses. C’est le tour d’Angga, 11 ans, d’arbitrer un jeu de tir à la corde. Il apprécie visiblement la chance qu’il a de jouer, avant de devoir revenir à la dure réalité de la vie dans l’un des camps provisoires d’Aceh.

M. McRoibin explique que les camps sont surpeuplés, avec 30 personnes par tente.  « Si bien que les gosses n’ont pas la place pour courir çà et là, jouer et même dessiner. Nous sommes allés dans des endroits qui ne possèdent pas de Centre pour enfants et on voit la différence. Là, les visages sont tristes ».

Après ses activités de ce matin, Angga retourne chez lui dans la tente commune où sa famille occupe un petit coin. Encore que des images épouvantables de la tragédie lui reviennent encore, il se déclare bien plus heureux maintenant, six mois plus tard.  

« J’aime aller au Centre car on y trouve beaucoup de bénévoles avec qui je peux discuter », dit-il. « Et lorsque je serai grand, je veux devenir bénévole comme eux ».

Taufik est l’un des bénévoles travaillant dans le Centre que fréquente Angga.  Taufik a remarqué le profond changement survenu chez les enfants du Centre. « Au tout début, les enfants étaient très calmes ; à présent, ils sont plus actifs et s’expriment davantage », dit-il.  « C’est certainement bon signe ».

Le groupe de musique formé au Centre pour enfants de Lambaro est à l’évidence une preuve vivante de rétablissement. Plusieurs jours après leur répétition, ils vont se trouver sur scène en train de jouer pour un public de plusieurs centaines de personnes – un divertissement bien venu pour les autres enfants, et l’occasion pour ceux qui jouent de montrer toute la joie qu’ils ont maintenant à partager, six mois après la tragédie.


 

 

Vídeo

20 juin 2005 :
Sabine Dolan correspondante de l’UNICEF, décrit de quelle manière les Centres pour enfants d’Indonésie contribuent au processus de rétablissement après le raz-de-marée.

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