Catastrophe du Raz-de-marée - Pays en crise

Tirer des leçons de l’intervention après le tsunami

Image de l'UNICEF
© UNICEF video
Claudia Hudspeth, coordinatrice principale des opérations d’urgence à l’UNICEF

Par Rachel Bonham Carter

NEW YORK, 7 avril 2005 – Trois mois et demi après le tsunami qui a ravagé l’Asie du sud-est, l’équipe chargée des interventions en situation d’urgence de l’UNICEF entame l’évaluation des leçons tirées de l’intervention. Claudia Hudspeth, qui est la coordinatrice principale pour les opérations d’urgence de l’UNICEF, est revenue récemment d’Aceh, en Indonésie, où elle a été affectée pendant trois mois à l’organisation des efforts de secours.

« Ce qui différencie Aceh des autres situations d’urgence », explique Claudia Hudspeth, « c’est qu’il y avait là beaucoup, beaucoup d’ONG nationales et internationales, ainsi que des organisations bénévoles. Nous avions environ 400 partenaires, ce qui implique un effort considérable de coordination ».

Avec une présence déjà sur place et une équipe sur le terrain en Indonésie avant que ne survienne la catastrophe, l’UNICEF était bien placé pour agir comme coordinateur des autres organisations qui sont arrivées après le raz-de-marée,  constate Claudia Hudspeth.

« Les protagonistes étaient extrêmement nombreux. À toute réunion de coordination, il y avait 250 personnes qui toutes disaient « J’ai ceci, j’ai cela ». Aussi la fonction de coordination était-elle absolument essentielle pour apporter une aide équitable ».

« Nous ne voulions pas tout [acheminer dans] les villes facilement accessibles et ne rien faire sur la côte ouest, à laquelle on ne pouvait accéder que par hélicoptère. Je pense que le rôle de l’UNICEF était déterminant – afin de pouvoir recenser les besoins et puis pour s’assurer qu’on atteignait tout le monde ».

Le rôle des partenariats clés

L’UNICEF a travaillé en étroite collaboration avec les pouvoirs publics à Aceh, où une grande partie des infrastructures étaient détruites. Les équipes militaires que plusieurs pays ont envoyées, afin de participer aux opérations de secours, ont été également des partenaires clés. Comme l’indique Claudia Hudspeth, l’effort de coopération a constitué une excellente occasion pour faire bénéficier chaque partenaire des connaissances des autres.

« Au plus fort de la crise, il y avait des militaires de 15 pays. En leur absence, nous n’aurions pas pu faire face. L’armée indonésienne assurait la coordination au plus haut niveau, de telle sorte que nous avions certains rapports avec eux, mais nous avons travaillé dans une large mesure avec l’armée américaine. Nous avons fait également un gros travail avec les Japonais, qui ont fourni un support logistique et un support de logistique technique au niveau de la santé publique. Ils ont amené leurs propres experts, qui nous ont beaucoup aidés.

« Les rapports entre les Nations Unies, les ONG et les militaires ont été très positifs. Pour le travail effectué dans un environnement humanitaire, je pense qu’ils nous ont beaucoup appris et réciproquement ».

« Je n’avais jamais rien vu de semblable »

Parlant davantage à titre personnel, Claudia Hudspeth rappelle l’effet de la catastrophe sur les travailleurs humanitaires : « Pour chacun, cela a été très difficile. D’énormes destructions, des morts en masse, 250 000 personnes ont perdu la vie, 500 000 autres ont été déplacées – de telle sorte qu’en termes de destruction je n’avais jamais rien vu de semblable. Pour les équipes elles-mêmes, c’était très difficile. Nous avions aussi des séismes chaque jour. Il est dur de se réveiller à trois heures du matin avec un tremblement de terre et d’essayer de faire face aux tensions quotidiennes ».

Claudia Hudspeth est revenue fin mars d’Aceh, où son affectation a pris fin. Elle est convaincue que l’expérience acquise en Indonésie et dans d’autres pays touchés par le raz-de-marée aura un effet positif sur la capacité de l’UNICEF de réagir à d’autres situations d’urgence.

« J’ai ramené beaucoup d’idées sur la capacité de réaction de l’UNICEF à une situation d’urgence et je peux en faire part à l’équipe chargée de cette réaction. Je travaille avec un groupe au sein du Bureau des urgences pour définir quelles sont les améliorations que nous pouvons apporter à l’avenir ».


 

 

Vidéo (en anglais)

5 avril 2005:
Claudia Hudspeth, coordinatrice principale des opérations d’urgence à l’UNICEF, évoque le rôle de l’organisation dans les opérations de secours qui ont suivi le raz-de-marée.

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