Catastrophe du Raz-de-marée - Pays en crise

L’enseignement et les jeux aident les enfants à oublier le tsunami

Image de l'UNICEF
© UNICEF/HQ05-0165/Noorani
Des enfants peuvent retrouver le sourire tout simplement en jouant.

BATTICALOA, Sri Lanka, 7 février 2005 - À Batticaloa, des enfants, pour décrire le raz de marée catastrophique du mois dernier, parlent du « mouvement d’un cobra qui attaque ». Les serpents constituent un danger familier pour les plus jeunes, au Sri Lanka, et les vagues dévastatrices du mois dernier ont rendu tout l’environnement menaçant aux yeux des enfants.

On s’en aperçoit tous les jours, l’enseignement et les jeux font partie des meilleures façons d’aider à la guérison des enfants, en leur apportant une impression de normalité et en leur permettant de s’exprimer. L’UNICEF travaille à présent en partenariat avec les pouvoirs publics et les ONG afin de fournir un appui psychosocial et des services de protection sociale par le biais du système éducatif et des organisations communautaires.

« Nous sommes particulièrement préoccupés par les besoins affectifs des enfants » déclare Christine Watkins, responsable Protection de l’enfance à l’UNICEF. « Heureusement qu’un bon nombre d’organisations travaillaient déjà au Sri Lanka sur des programmes de ce type, elles ont pu être rapidement à pied d’œuvre et intégrer les enfants à des activités quotidiennes habituelles. »

Lorsque le tsunami a frappé, l’UNICEF Sri Lanka a immédiatement épuisé ses stocks de trousses de récréation destinées aux enfants et les a distribuées dans les camps de secours d’urgence. Une cargaison supplémentaire de 760 trousses est en cours d’acheminement vers plus de 30 000 enfants vivant dans des centaines de camps.

Ces fournitures aident les enfants à supporter la nouvelle et terrible réalité à laquelle ils sont confrontés. « Je me rappelle que les gens criaient et hurlaient ‘la mer rentre dans le village, la mer rentre dans le village’. Nous sommes parvenus à nous échapper et à nous enfuir. Par bonheur, toute ma famille a survécu. Au bout d’un certain temps, je suis revenu avec mes parents voir ce qu’était devenu notre village, mais il restait peu de choses » dit Vijaya, un enfant mince et mélancolique, qui vit à Batticaloa.

Jayakumar, âgé de quatorze ans, n’a pas eu cette chance. Il a perdu dans les vagues sa mère et son petit frère : « Ce jour-là, je jouais chez les voisins. Soudain, j’ai entendu ma mère qui hurlait ‘La mer arrive. Va-t’en, échappe-toi.’ Heureusement, je suis parvenu à grimper sur le toit d’une maison voisine. Lorsque j’ai jugé que je serais en sécurité, je suis rentré chez moi. Mon père et moi, nous n’avons pu trouver ma mère ni mon petit frère. Plus tard, des gens du village nous ont dit qu’ils étaient morts dans le raz de marée. »

Sans sa mère et son petit frère, Jayakumar dit qu’il se sent terriblement seul. De même que Vijaya, il désire chasser définitivement de son esprit le souvenir du tsunami. Il redoute la mer et la perspective de rentrer un jour chez lui. « En jouant, nous oublions presque tout. C’est bon d’oublier ce qui est mauvais », dit Jayakumar en esquissant un sourire.

Dans une autre thérapie efficace, on apprend aux enfants à dessiner les images dont ils se souviennent. « Beaucoup parmi eux dessinent les vagues, la mer et les gens qui s’enfuient », note Christine Watkins. « Ceci est positif parce que les enfants sont ainsi encouragés à extérioriser ce qu’ils ressentent plutôt que d’être assis tout seuls, repliés sur eux-mêmes. Les jeux et les parties qu’ils disputent sont  également pour les enfants l’occasion de s’aider mutuellement. »

L’UNICEF et ses partenaires ont récemment commencé à former des enfants plus âgés, comme Vijaya, à prendre des responsabilités dans les camps, afin de générer un sens d’attribution de pouvoirs et d’assurer la permanence des activités de loisirs en l’absence des animateurs de groupe.

Dans le nord-est, des organisations locales vont élargir ces activités à toute la communauté et, dans le sud, on est déjà en train de former des internes en médecine afin qu’ils animent, en tant que bénévoles, avec les autorités sanitaires, des activités similaires à Galle, Hambantota et Matara. « L’UNICEF essaye de lutter contre l’idée d’un soutien psychologique en tant que tel à la suite du traumatisme », affirme Christine Watkins. « Au lieu de cela, nous considérons que des approches générées par la communauté sont essentielles au rétablissement durable des enfants. La meilleure forme de guérison vient des intéressés eux-mêmes. »

« Mais finalement », dit Christine Watkins, « la forme de thérapie la plus efficace pour les enfants, après une telle catastrophe, c’est de les ramener en classe et de reprendre l’enseignement aussi vite que possible. »


 

 

Vidéo (en anglais)

7 février 2005 : Thomas Nybo de l’UNICEF raconte depuis le Sri Lanka comment les sports et les jeux aident les enfants à surmonter le traumatisme subi.

bas | haut débit
(Real player)

Présentation multimédia (en anglais)

Liens sur le tsunami

Recherche