Catastrophe du Raz-de-marée - Pays en crise

Retour à l’école à Banda Aceh

Image de l'UNICEF
© UNICEF Indonesia/2005/Susanto
Les élèves des écoles élémentaires de Banda Aceh reçoivent avec enthousiasme des colis d’écoles en boîte et de loisirs, lors du premier jour de classe après le tsunami.

BANDA ACEH, Indonésie, 26 janvier 2005  – Huit heures moins le quart du matin, à l’École primaire SDN 3, dans le centre de Banda Aceh. Une petite fille, dans son uniforme d’écolière – une longue jupe rouge et un chemisier blanc impeccable – se laisse glisser de la moto de son père et pénètre dans l’école. Une mère survient, tenant par la main sa petite fille, vêtue d’un survêtement bleu. Son uniforme a été perdu avec le reste des effets de la famille, mais elle est impatiente de repartir à l’école. Les arrivants se succèdent jusqu’à ce qu’une cinquantaine d’enfants soient rassemblés. Il s’agit de leur premier jour d’école, exactement un mois après le raz-de-marée catastrophique.

Les salles de classe de leur école ont servi de camp de secours d’urgence aux réfugiés. C’est seulement la veille, après le départ des sans-abri, que des ouvriers à bord d’un gros camion jaune sont venus pour nettoyer et balayer le sol, avant le premier jour d’école.

Puis un camion de l’UNICEF a apporté des fournitures scolaires. Chaque école encore ouverte dans la ville de Banda Aceh va recevoir quatre « écoles en boîte », chacune d’elles étant destinée à 80 enfants, et deux colis de loisirs pour des activités sportives et des jeux. Les écoles qui ont eté détruites pouvaient accueillir environ 177 000 enfants.

L’UNICEF a mis en place un réseau logistique considérable pour approvisionner les écoles d’un bout à l’autre d’Aceh, acheminant par bateau, par camion et par la voie des airs – et parfois livrant manuellement – assez de ces « écoles en boîte » pour instruire quelque 560 000 enfants.

Ces fournitures marquent le début d’une campagne visant à faire reprendre à tous les enfants le chemin de l’école, dans un environnement sûr, et l’UNICEF va coopérer avec le Ministère de l’éducation et d’autres partenaires.

« L’UNICEF a été heureux d’apprendre la décision du Gouvernement indonésien de rouvrir les écoles » a déclaré Gianfranco Rotigliano, représentant de l’UNICEF en Indonésie, avant la réouverture. « C’est une étape très importante vers le rétablissement des enfants et de leur communauté. » Bien que personne ne doute que les défis à relever soient énormes, l’expérience a montré que la réintroduction des enfants dans un contexte d’enseignement sûr constituait un élément important du processus de guérison.

« Grâce à notre expérience à l’échelle du monde, nous savons qu’il s’agit du meilleur moyen de se remettre de catastrophes naturelles et de tragédies : guerres, tsunamis, tremblements de terre. C’est un moyen pour les enfants de retrouver leurs habitudes et de revenir à la normalité » a dit Sarah Lendon, coordinatrice de l’UNICEF en Indonésie pour l’éducation d’urgence.

Miranda Rizakya, âgée de douze ans, dont l’école a été détruite, a pu être inscrite dans l’école voisine SN 28.  Cet établissement se prépare au premier jour de classe, bien qu’il ait été endommagé par l’inondation et que divers débris jonchent encore le sol.

« Je suis très heureuse de retourner en classe », dit Miranda en souriant, la tête couverte du traditionnel foulard blanc. Elle ignore toujours où se trouvent ses deux meilleurs amis.

La sous-directrice de la SN 28, Peciut Maigati, est revenue il y a deux semaines dans une école gravement sinistrée. Alors qu’elle n’avait même pas commencé le nettoyage de son propre logement, elle a entrepris celui de l’école avec plusieurs bénévoles. « Il nous reste encore du travail » commente-t-elle, en jetant un coup d’œil sur le terrain de jeu aride et boueux, alors qu’il était autrefois vert et luxuriant.

Le directeur de l’école étant porté disparu, elle a dû assumer un rôle dirigeant et elle entreprend à présent de ramener les enseignants à l’école et de les aider à surmonter le traumatisme qu’ils ont subi. On estime que le nombre d’enseignants d’Aceh morts ou disparus dépasse 1 700.

Pour mieux comprendre les besoins urgents de chaque école dans la situation de celle de la SN 28, l’UNICEF vient de mettre en place, en partenariat avec le Ministère de l’éducation et d’autres intervenants, une équipe d’étudiants qui devra réaliser une Évaluation rapide des espaces d’enseignement (Rapid Assessment of Learning Spaces –RALS). Cette équipe va, école par école, noter le nombre d’élèves et d’enseignants, les conditions dans lesquelles se trouvent les écoles, du point de vue environnemental et structurel, l’approvisionnement en eau, l’existence d’assainissement et l’état des infrastructures.


 

 

Vidéo (en anglais)

26 janvier 2005: Steve Nettleton rencontre des jeunes à Banda Aceh lors de leur retour en classe, un mois après le tsunami.

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Audio (en anglais)

4 février 2005:
Sophie Boudre du service de radio des Nations Unies parle sur le programme « école en boite» à Banda Aceh, Indonésie.

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