Catastrophe du Raz-de-marée - Pays en crise

Le raz de marée met en lumière « l’urgence oubliée » en Somalie

Image de l'UNICEF
© UNICEF Somalia/2005/McKenzie
Le raz de marée survenu dans l’océan Indien a complètement détruit, à Hafun (Somalie), le logement de Johro Salad, 18 ans. Ses jeunes frères et sœurs ont encore des cauchemars. À présent, Johro se demande ce que l’avenir lui réserve.

HAFUN, Somalie, 17 janvier 2005 – Hafun est situé tout à l’extrémité est de la Corne d’Afrique, là où il n’existe pas de bonnes routes et où on utilise le désert comme piste d’atterrissage. C’est un village somalien isolé de pêcheurs, qui n’a guère attiré l’attention durant des décennies.

Autrefois capitale animée du Somaliland italien, Hafun porte encore les stigmates de la bataille où, durant la seconde guerre mondiale, il a été bombardé par les Britanniques, qui l’ont arraché aux forces de Mussolini et s’en sont emparés. Aujourd’hui, Hafun est à nouveau écrasé, cette fois par la vague du tsunami meurtrier, venu de l’autre côté – lointain – de l’océan Indien. Maintenant, les traces du tsunami – des bâtiments démolis, des filets de pêcheurs déchirés, des bateaux endommagés et des morceaux de vêtements –  jonchent le sol, au côté des vestiges historiques qu’on trouvait auparavant.

« La dernière fois que nous avons vu un fonctionnaire du gouvernement remonte à 1969 », indique le maire de Hafun, Abshir Labbi Taange. « Avant cela, c’était Mussolini ». Il n’y a plus eu d’administration centrale en Somalie depuis la chute, en 1991, de Mohamed Siad Barre, l’homme fort.

Des logements de béton rasés

Largement coupée de l’extérieur, la population, qui vit le long de la côte la plus longue d’Afrique, a cru avoir été la seule au monde touchée par un mur liquide. Lorsque les eaux de l’océan ont monté, lorsqu’elles ont brisé la dune de sable qui protégeait Hafun et rasé les logements de béton, il n’y avait pas d’administration centrale vers laquelle se tourner pour solliciter de l’aide. Depuis longtemps, des organisations humanitaires telles que l’UNICEF tentent du mieux qu’elles peuvent de combler ce fossé. Aujourd’hui, les seules habitations d’Hafun ont une structure de bois, recouverte d’une bâche de matière plastique grise et bleue, portant le logo de l’UNICEF, la mère et l’enfant.

Curieusement, la situation d’Hafun pourrait finir par s’améliorer grâce au raz de marée. Dans cette région de sécheresse extrême, le choléra et la diarrhée sont les causes principales de mortalité infantile ; en raison du tsunami, de nouveaux forages sont effectués et des puits plus profonds et plus salubres sont en train d’être creusés dans les montagnes. Le village n’avait jamais eu d’assainissement correct. Il possède actuellement 30 latrines nouvelles. L’école est également nouvelle. On a implanté de nouveaux centres de soins très améliorés.

« Maintenant, toute l’eau destinée aux ménages est chlorée et, dans la prochaine étape, la population va être formée afin de ne plus avoir à compter sur des gens venus de l’extérieur » a déclaré Alhaji Bah, responsable de projet de l’UNICEF.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Somalia/2005/Crowe
À Hafun, en Somalie, la réouverture des écoles, après le raz de marée. Ce petit garçon et ses camarades de classe ont commencé leurs cours avec des cahiers d’exercice tout neufs de l’UNICEF.

Une urgence oubliée

Toutefois, les effets de la catastrophe du raz de marée sont insignifiants par rapport aux problèmes concrets du pays. Pour un enfant somalien, les chances d’arriver à l’âge adulte sont parmi les plus faibles au monde. Environ 20 pour cent des enfants de moins de cinq ans sont sous-alimentés.

La Somalie constitue l’une des urgences oubliées du monde. Son gouvernement en exil devrait rentrer du Kenya et le pays entre dans une phase décisive. Alhaji Bah a résumé ainsi la situation : « Que vous vous trouviez ou non dans un secteur ravagé par le tsunami, les besoins d’approvisionnement en eau sont là, tout comme les besoins en matière d’éducation. Nous aurons à rappeler aux donateurs, c’est que le raz de marée a ravagé environ trois zones en Somalie, et il y a bien d’autre choses à faire dans le pays ».


 

 

Vidéo (en anglais)

17 janvier 2005:
Sarah Crowe examine besoins urgents en matière d’approvisionnement en eau que le tsunami a mis à jour Somalie.

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